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COULEURS BLANCHES MÉTALLIQUES. ARGENT. ARGENTINE

Les métaux blancs et inaltérables à l'air, susceptibles d'être réduits en feuilles minces ou en poudre fine, sont quelquefois appliqués sur tissus ou sur papier pour produire le blanc à éclat métallique.

L'argent et l'étain rentrent seuls dans cette catégorie.

On fee l'argent en feuilles au moyen d'un mordant (vernis gras siccatif) qui permet d'enlever à la brosse l'excédant de métal qui tombe sur les parties non mordancées.

Un procédé plus récent consiste à étendre la feuille sur un fond saupoudré de résine ; en appuyant ensuite un moule métallique en relief, chauffé au gaz, on détermine la fusion locale de la résine et l'adhérence de l'argent (Papiers

(1) Rapport, de 11 A. W. UoUn^nu, Id.^EhWeit^ Dingler's Polyt Joum* GLXII, 373.

s 16 TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.

peints). Ces méthodes servent du reste aussi pour la fixation de l'or battu vrai ou faux.

Nous avons déjà vu comment on imprime, sur tissus, Tétain précipité chimiquement, au moyen de Talbumine ou de la caséine, et comment on restitue à la poudre terne son brillant naturel ; il nous reste à dire par quels procédés Tétain est obtenu dans un état de division convenable (1).

Préparation de r argentine. D faut avant tout s'appliquer à trouver dans quelles circonstances Tétain se précipite de ses solutions dans le plus grand état de division, avec le minimum de densité et en afTectant le moins possible Tétat cristallin ; ces trois conditions sont essentielles.

Le métal précipitant, le plus convenable sous le rapport économique et chimique, est le zinc qui sépare complètement tout Tétain de ses solutions. L'expérience a prouvé que les sels d'étain au maximum ne peuvent servir, le dépôt d'étain se compliquant toujours d'une précipitation d'acide stannique qui nuit au glaçage et au développement de l'éclat.

On a donc exclusivement recours aux sels au minimum. La meilleure argentine est celle qui se dépose le plus lentement et se forme dans la réaction la moins tumultueuse. A cet effet, on opère à froid dans des liquides étendus et aussi peu acides que possible; il ne convient pas de faire la réaction sur de trop grandes masses à la fois ; l'étain précipité doit pouvoir se déposer librement et n'être soumis nulle part à des pressions ou des frottements qui lui donneraient plus de cohésion. Une bonne disposition est la suivante :

On a une série de 13 à 20 pots cylindriques, de 12 litres de capacité. On y met 8 à 10 litres d'une solution de chlorure de zinc de 10 à 15'B. provenant d'opérations précédentes, et 40 à 70 grammes de sel d'étain, et on y immerge des feuilles de zinc verticales. Lorsque la réaction est termi-

(1) Communication inédite de M. Ë. Schiumberger.

née, on verse le liquide sur un tamis. La partie filtrée additionnée d'une nouvelle quantité de sel d'étain est remise en œuvre. On règle la dose de ce corps d'après la vivacité de la réaction. Le métal précipité est lavé par décantation ; Targentine se délite et devient pulvérulente ; on filtre, on sèche et on tamise à travers un tamis de soie. Le produit est grisjaunâtre, léger, et offre peu de paillettes. Une argentine grisbleu est ordinairement plus dense et moins fine, quoique plus pure, que celle qui est un peu jaunâtre et qui contient de Foxyde stanneux.

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