BÎIODURE DE MERCURE OU SCARLET
Hg«P
Ce corps, d'un très-beau rouge écarlate, se foime avec la plus grande facilité, soit par l'union directe de l'iode et du mercure, soit par double décomposition entre un iodure soluble et une solution de sublimé corrosif.
On triture 200 grammes de mercure avec 254 grammes
d'iode en favorisant la réaction par l'addition d'un peu d'alcool ; ou bien on précipite une solution de sublimé corrosif par l'iodure de potassium, plus économiquement par l'iodure ferreux, produit de l'action du fer sur l'iode en présence de Teau (1).
L'iodure de mercure est insoluble dans l'eau ; soluble dans l'alcool, le bichlorure de mercure, l'iodure de potassium ; il se dépose par le refroidissement de ses solutions saturées à chaud sous forme d'octaèdres-rouge-écarlate, à base carrée. Au moment de sa précipitation il est jaune clair et ne devient rouge qu'au bout de quelques instants.
L'iodure rouge, chauffé progressivement, devient jaunecitron clair, puis fond en donnant un liquide jaune, et, enfin, il se sublime; si la sublimation se fait sous l'influence d'une élévation lente de température, on obtient immédiatement des cristaux rouges (octaèdres à base carrée, 2* système) ; dans le cas contraire, on obtient des lames rhomboïdales superposées de couleur jaune. Ceux-ci se conservent assez longtemps tels, si la distillation a lieu envase clos et à l'abri de tout corps étranger. Mais le moindre contact avec une substance dure, le moindre frottement, produisent une rupture d'équilibre, les cristaux jaunes deviennent rouges ; le phénomène commence au point ébranlé et se propage en rayonnant ; les lames rhomboédriques se transforment en une agglomération d'octaèdres rouges. Le biiodure est donc dimorphe, et c'est de ce dimorphisme que dépendent ses deux teintes (2). Le scarlet est employé dans la peinture en miniature, c'est une couleur écarlate très-vive ; il se mêle et s'unit très-bien à l'huile et peut servir dans la peinture fine; il résiste bien à l'influence du soleil.
(1) Rembrandt Peale de Philadelphie et A. Hayes, Silliman*s Americ* Joum,, ia GtV/V Technological and Micros, Repository. Mars 1830, 151, et Dingler's Polytech. Joum.^ XXXVI, 306.
(2) R. Warington, Sur le changement de couleur du biiodure de mercure, in Annales de chimie et de physique [3], VII^ 416.
Sa fixation sur tissus de coton par voie chimique, est une opération simple, mais on y a renoncé parce qu'il se volatilise lentement au contact de Tair. Cette application a été tentée en Angleterre (Glascow) avant 1827 (1). On se servait d'une solution contenant 63 parties d'iodure de potassium et 33 parties d'iodure de mercure; après l'impression on passait le tissu dans un bain d'acétate de plomb ou de sublimé corrosif.
M. Bor, pharmacien à Amiens (2), propose de mordancer le coton en sublimé et de passer dans une solution d'iodure de potassium saturée d'iodure de mercure ; on peut aussi, après le mordançage, fixer le mercure par une inunersion dans une lessive de carbonate de soude à 2 ou 3** B. et aciduler le bain d'iodure ; ou enfin le remplacer par un autre monté à l'acide iodhydrique. La couleur obtenue ainsi est rouge-orange ; elle résiste à l'eau, aux alcalis carbonates, à l'eau acidulée et au soleil. L'impression sur soie ou laine n'a pas donné de résultats satisfaisants.
Il est presque inutile d'ajouter que la fixation du scarlet sur tissus peut se faire à l'albumine.