‹ Traité des matières colorantesChapitre 8 sur 124 · NOM. SYMBOLE. POIDS ATOMIQUE · texte numérisé non relu

NOM. SYMBOLE. POIDS ATOMIQUE

Titane Ti 50

Tantale Ta 68,08

Niobium Nb 49

Antimoine ou Stibium Sb 122

Uranium U 120

Mercure ou Hydrargyrum . Hg 200

Argent Ag 108

Orou Aupum Au 197

Platine Pt 197,5

Palladium Pd 106,6

Rhodium Rh 104,4

Iridium. . Ir 198

Ruthénium • Ru 104,4

Osmium Os 499,2

La combinaison entre deux ou plusieurs éléments ne peut évidemment se faire que par nombres entiers d'atomes. Les corps ne s'unissent donc pas en toute espèce de proportions, mais suivant des lois numériques définies. Si par exemple nous envisageons un composé qui renferme du chlore, du potassium et de l'oxygène, la composition qualitative et quantitative de ce corps, peut être représentée d'une manière abrégée par l'expression ou la formule

ClmKnQp.

m, w, p sont des facteurs entiers qui indiquent les nombres d'atomes de chlore, de potassium et d'oxygène entrant en jeu pour former la molécule complexe.

Généralement ces facteurs sont fort simples et égaux à 1,2,3, 4,5,6,7, excepté pourtant dans les combinaisons du carbone (dites organiques), où ils peuvent^prendre une assez grande valeur. Lorsque deux éléments ou deux composés s'unissent enplusieurs proportions, un atome de l'un se combine à 1, 2, 3, 4, S atomes de l'autre; ou bien deux atomes du premier s'unissent à 3, 5, etc., atomes du second. De là résulte la loi si remarquable des proportions multiples,

dont voici Ténoncé. Lorsque deux corps simples ou composés s'unissent en diverses proportions , le poids de Tun d'eux étant supposé constant, les poids de l'autre sont entre eux dans des rapports très-simples.

L'analogie frappante qui existe, au point de vue physique, entre les gaz, conduit à l'hypothèse que sous le même volume ils renferment le même nombre d'atomes; d'où la grande simplicité des rapports volumétriques présidant à la combinaison des gaz simples, ces rapports étant aussi ceux des nombres d'atomes. Gay-Lussac, qui mit cette loi en évidence, démontra de plus que le volume du gaz ou de la vapeur résultant de l'union de deux ou plusieurs gaz simples est toujours dans un rapport simple avec la somme des volumes des composants.

La loi des équivalents est aussi une conséquence directe de la constitution atomique des corps ; car il est évident que les nombres qui indiquent dans quels rapports les divers éléments s'unissent à un atome d'hydrogène ou d'oxygène étant les poids atomiques de ces corps ou des multiples de ces poids atomiques, doivent aussi nous fournir les rapports de combinaison de ces éléments entre eux.

Représentons-nous un atome composé comme un édifice dans lequel les briques ou atomes simples constituants sont assemblés dans un ordre déterminé d'où dépendent les propriétés du corps. Dans cette agrégation atomique, maintenue en équilibre par des forces spéciales, on peut sans troubler ctBt équilibre , sans même changer les propriétés les plus générales de la substance, remplacer un ou plusieurs atomes de l'un des éléments par un ou plusieurs atomes d'un autre, étranger à la constitution primitive du composé.

C'est ainsi que dans le chlorate de potassium

Cl^K^O'

il est possible de substituer un]atome de brome ou un atome

d'iode à la place du chlore, pour fonner le bromate (Br*K*0^) ou l'iodate (PK*0^) de potassium. 'Dans chacun de ces trois sels, on réussit à remplacer un atome de potassium par un atome de sodium, ou de lithium, ou de rubidium, ou d'argent. Quelques propriétés disparaîtront par là et seront remplacées par de nouvelles, mais tous ces dérivés n'en conservent pas moins un certain ensemble de caractères communs , qui rappellent qu'ils appartiennent au même type. La loi générale des substitutions et l'idée des types qui en est une conséquence , sont dues à M. Dumas et ont été développées et étendues par MM. Laurent, Gerhardt, Williamson, Wurtz, etc.

La chimie leur doit ses plus rapides progrès.

Au point de vue des substitutions, les atomes des éléments ne sont pas tous quantitativement équivalents; en d'autres termes, il n'est pas toujours possible de remplacer dans un composé un atome élémentaire par un seul atome élémentaire nouveau.

En prenant l'hydrogène comme terme de comparaison, plusieurs cas peuvent se présenter.

Il y a équivalence entre un atome d'un élément et

1® Un atome d'hydrogène.

2» Deux --

3® Trois —

4® Quatre —

5« Cinq ' —

60 Six —

Pour exprimer ces relations, on dit qu'un corps simple est monoatomique s'il remplit la première condition; il est, au contraire, di, tri, quadri, quinti, hexatomique, suivant qu'il réalise le 2% le 3% le 4% le 5* ou le 6* cas.

Un atome d'oxygène remplace toujours deux atomes d'hydrogène, ou réciproquement deux eitomes d'hydrogène prennent la place d'un atome d'oxygène. L'oxygène est diato-

mique. Le degré d'atomicité se révèle encore par d'autres caractères. Ainsi tout élément monoatomique a ses affinités satisfaites lorsqu'il y a combinaison d'un atome de cet élément avec un atome d'hydrogène ou de tout autre élément monoatomique; de là résultent des combinaisons de la forme

Un atome d'un élément diatomique s'unit au maximum à deux atomes d'un élément monoatomique, et donne généralement des composés de la forme

Un atome itriatomique se combine au maximum à trois atomes monoatomiques, et fournit des corps représentés par la formule

En général un élément d'atomicité quelconque se combine au plus à un nombre d'atomes monoatomiques égal à son degré.

A chacune des formes de combinaisons ainsi engendrées correspondent des caractères sut generis permettant de prendre l'un quelconque des corps d'une forme donnée comme type des autres.

C'est ce que fit Gerhardt, en comparant un grand nombre de substances aux types hydrogène (H*H*) ou acide chlorhydrique C1*H*, aux types eau 0\,H^, ammoniaque Az\^^H^ ; ainsi dire que tel composé appartient au type eau, c'est rappeler en peu de mots qu'il est produit par l'union d'un élément diatomique avec deux atomes d'un élément monoatomi-

(I) Les accents ou chiffres romains placés au bas du symbole rappellent le degré d'atomicité. Les nombres ordinaires en exposants donnent le nombre d'atomes de chaque élément qui entrent dans la combinaison .

que, et qu'il possède les propriétés générales des corps de ce groupe.

Le degré d'atomicité donne un cachet tellement spécial aux allures chimiques d'un élément qu'une classification d'après ce point de vue a l'avantage de rapprocher les corps qui offrent le phis d'analogies chimiques. Le tableau suivant emprunté aux leçons de M. Wurtz professées à la Société chimique, est formé d'après ces principes.

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