LA CALCINATION DU KAOLIN
Comme l'indique l'analyse précédente, le kaolin renferme jusqu'à 13 p. 100 d'eau chimiquement combinée, et il faut l'en débarrasser complètement, parce que cette eau est tout à fait nuisible à la réaction des composants. A cet effet, on l'introduit et on le tasse modérément dans des creusets en terre réfractaire deO",30 de hauteur, sur 0",20 de diamètre, qu'on laisse couverts, et que Ton place à cheval les uns sur les autres dans le four mên^ç où se fait la cuisson du vert, et dont, par conséquent, je remets la description à cet article. Par raison d'économie, on emploie de préférence, pour cette calcination, les creusets que de trop fortes fêlures rendent impropres à tout autre usage, d'autant du reste, que ces fêlures, en permettant à l'air de pénétrer à travers la matière, n'en facilitent que mieux l'incinération des substances organiques dont la présence est également contraire à laproduction du bleu. Ainsi disposés, les creusets sont chauffés lentement jusque vers le rouge un peu vif, pendant six heures. On soutient le feu à cette température durant le môme laps de temps: puis on laisse refroidir; 30 à 36 heures après, les creusets sont maniables. Le kaolin est parfaitement anhydre, il a pris une teinte légèrement rosée, due à la peroxydation de la trèspetite quantité de fer qu'il renferme, mais il est resté friable, et on l'écrase encore facilement entre les doigts. Il devra toujours en être ainsi; autrement, s'il était devenu dur à ne pouvoir être pulvérisé de la sorte, c'est que l'ouvrier aurait poussé la chaleur trop loin, ce qui est nuisible.
Mais je suppose la matière cuite au degré voulu; on la dépote alors, et on la met en réserve pour la broyer au fur et à mesure des besoins. Afin qu'elle ne puisse pas reprendre d'humidité à l'atmosphère, on l'enferme dans des barriques soigneusement foncées qu'on tient en lieu sec. En opérant ainsi avec 360 creusets de la dimension que j'ai indiquée, chargeant chacun 4*^,500, on obtient environ i'',400 de kaolin anhydre. On a brûlé pour cela de 20 à 22 hectolitres de coke de gaz.
Gen'estqu'au commencement de la campagne, et seulement
pour se mettre en avance, que Ton fait quatre à cinq cuites de cette force. Après cela, Ton a soin, à chaque cuite de vert, d'y réserver un certain nombre de creusets pour y calciner la quantité de kaolin présumée nécessaire pour l'opération subséquente. Il y a toujours économie à procéder ainsi : !• parce que Ton n'a pas à craindre d'outrepasser le degré de chaleur nécessaire pour amener le kaolin au point de cuisson convenable, ce point étant justement celui qui donne le vert parfait ; 2* parce qu'on place avec avantage ces creusets fêlés de kaolin aux endroits du four oîi les coups de feu compromettraient la réussite de ceux du vert.