‹ Traité des matières colorantesChapitre 80 sur 124 · LA CALCINATION DU KAOLIN · texte numérisé non relu

LA CALCINATION DU KAOLIN

Comme l'indique l'analyse précédente, le kaolin renferme jusqu'à 13 p. 100 d'eau chimiquement combinée, et il faut l'en débarrasser complètement, parce que cette eau est tout à fait nuisible à la réaction des composants. A cet effet, on l'introduit et on le tasse modérément dans des creusets en terre réfractaire deO",30 de hauteur, sur 0",20 de diamètre, qu'on laisse couverts, et que Ton place à cheval les uns sur les autres dans le four mên^ç où se fait la cuisson du vert, et dont, par conséquent, je remets la description à cet article. Par raison d'économie, on emploie de préférence, pour cette calcination, les creusets que de trop fortes fêlures rendent impropres à tout autre usage, d'autant du reste, que ces fêlures, en permettant à l'air de pénétrer à travers la matière, n'en facilitent que mieux l'incinération des substances organiques dont la présence est également contraire à laproduction du bleu. Ainsi disposés, les creusets sont chauffés lentement jusque vers le rouge un peu vif, pendant six heures. On soutient le feu à cette température durant le môme laps de temps: puis on laisse refroidir; 30 à 36 heures après, les creusets sont maniables. Le kaolin est parfaitement anhydre, il a pris une teinte légèrement rosée, due à la peroxydation de la trèspetite quantité de fer qu'il renferme, mais il est resté friable, et on l'écrase encore facilement entre les doigts. Il devra toujours en être ainsi; autrement, s'il était devenu dur à ne pouvoir être pulvérisé de la sorte, c'est que l'ouvrier aurait poussé la chaleur trop loin, ce qui est nuisible.

Mais je suppose la matière cuite au degré voulu; on la dépote alors, et on la met en réserve pour la broyer au fur et à mesure des besoins. Afin qu'elle ne puisse pas reprendre d'humidité à l'atmosphère, on l'enferme dans des barriques soigneusement foncées qu'on tient en lieu sec. En opérant ainsi avec 360 creusets de la dimension que j'ai indiquée, chargeant chacun 4*^,500, on obtient environ i'',400 de kaolin anhydre. On a brûlé pour cela de 20 à 22 hectolitres de coke de gaz.

Gen'estqu'au commencement de la campagne, et seulement

pour se mettre en avance, que Ton fait quatre à cinq cuites de cette force. Après cela, Ton a soin, à chaque cuite de vert, d'y réserver un certain nombre de creusets pour y calciner la quantité de kaolin présumée nécessaire pour l'opération subséquente. Il y a toujours économie à procéder ainsi : !• parce que Ton n'a pas à craindre d'outrepasser le degré de chaleur nécessaire pour amener le kaolin au point de cuisson convenable, ce point étant justement celui qui donne le vert parfait ; 2* parce qu'on place avec avantage ces creusets fêlés de kaolin aux endroits du four oîi les coups de feu compromettraient la réussite de ceux du vert.

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