‹ Traité des matières colorantesChapitre 79 sur 124 · SPÉGIFIÔATION ET NATURE DES MATIÈRES DE LA FABRICATION · texte numérisé non relu

SPÉGIFIÔATION ET NATURE DES MATIÈRES DE LA FABRICATION

Les matières premières que l'on fait réagir entre elles pour obtenir le bleu d'outremer sont deux métalloïdes, le soufre et le charbon ; deux sels, le sulfate de soude anhydre^et le sel de soude du commerce, à 90* alcalimétriques couverts, bien sec; enfin, une matière minérale, c'estle kaolin de Comouailles (Angleterre) ou l'argile blanche d'Allemagne.

Soufre. — Le soufre doit être aussi pur que possible. A cet effet, il ne faut employer que celui qui a la forme de canons. La fleur de soufre ne convient pas parce qu'elle est aoide.

Clarion.— Le charbonde bois, provenant d'essences dures, est choisi en petits morceaux , bien nets, le plus calciné est le meilleur. On donne la préférence à celui des fabriques d'acide pyroligneux. Le gros fraisil ou menu de ces fabriques a toutes les qualités requises.

Sulfate de soude, — Le sulfate de soude doit être anhydre, aussi blanc et aussi exempt de fer qu'il est possible de l'obtenir des fabriques où l'on décompose le sel marin.

Au reste la variété qu'on appelle riche dans le commerce est celle qui convient généralement; mais celle qui, n'étant pas bien calcinée, retient encore de l'acide sulfurique en excès, ne produit qu'un très-mauvais résultat.

Sel de soude, — J'ai dit que le sel de soude doit marquer 90" à l'alcalimètre ; de plus il convient de rechercher celui qui est le plus riche en soude caustique. J'ai toujours constaté une grande supériorité de celui des fabriques de Marseille sur les autres provenances commerciales.

' Kaolin. — Cette substance nous vient en grande partie du pays du Cornouailles, en Angleterre. On la paye communément de 7 à 8 francs les 100 kilogrammes, poids brut, pour poids net à prendre au port du Havre. On en tire également d'Allemagne ; mais je n'ai eu à travailler que sur les sortes de Cornouailles. Ce n'est cependant pas à dire que nos fabricants français soient forcément tributaires de l'Angleterre pour ce produit, car j'en ai rencontré, dans plusieurs de nos départements, des gîtes abondants d'une aussi belle qualité, notamment en quelques localités de la Nièvre, à Arquian, Saint- Pierre le Moustier.

Quoi qu'il en soit, la matière première employée est le kaolin anglais ; ce n'est pas, à proprement parler, un kaolin comme celui qui sert à la fabricatiori de la porcelaine. On sait que cette espèce est en général formée de grains de quartz ou de sable, de petits fragments de silicates à diverses bases et d'une argile kaolinique qui en forme la partie essentielle.

Telle est celle que l'on exploite à Saint-Yriex; elle ne réussit pas pour l'outremer. Le kaolin qui nous occupe n'est simplement que cette argile kaolinique, abstraction faite des

petites quantités de potasse, de soude, d'oxyde de fer et de magnésie, qu'elle présente.

Voici le résultat moyen de plusieurs analyses que j'ai faites, des bonnes sortes de ce kaolin. Elles renferment sur 100 parties :

Eau 13,00

Silice '. 47,50

Alumine 35.00

Oxyde de fer 1,30

Potasse 2,50

Magnésie et perte 0,70

Mais dans la pratique du métier, on n'a pas besoin de recourir à l'analyse pour s'assurer des qualités de la matière. On l'apprécie aisément aux caractères extérieurs suivants : c'est une poudre blanche agrégée en fragments friables, douce^ presque onctueuse au toucher, se laissant polir avec le doigt; malaxée avec l'eau, elle donne une pâte tenace et très-liante. En somme, celle qui est la plus blanche est aussi la meilleure.

Ayant ainsi défini la nature des éléments du bleu, je passe aux manipulations qu'il faut leur faire subir. Nous entrons dans la manufacture. Le travail comprend 14 opérations :

1* La calcination du kaolin ;

2" La pulvérisation des composants;

3* La pesée, le mélange ou les masses;

4* L'empotage des masses en creusets;

5° L'enfournement des creusets ;

6° La cuite;

7"* Le défoumement et le dépotage du vert ;

8® Le lavage du vert;

9® La dessiccation du vert;

40" La torréfaction et sulfuration du vert ou le bleu;

11® Le broyage du bleu;

12° Le lavage à fond du bleu;

13* La mise aux cuves de dépôts;

14' La dessiccation finale.

MATIÈRES COLORANTES BLEUES ET VIOLETTES. Stl

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