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FERROCYANURE DE FERRIGUM OU BLEU DE PRUSSE ORDINAIRE

Cy*»Fe'«=(Cy«Fe)iy'feTi* (fen — Fe*)

Ferricum. Ferrosum.

Il prend naissance par le mélange d'une solution de sel ferrique (sulfate, nitrate, chlorure, etc.), et d'un ferrocyanure soluble. Le nitrate donne, dit-on, le plus beau produit.

Le précipité bleu ne représente cependant pas, après la- \age et dessiccation, le bleu de Prusse pur, car une partie du métal alcalin est toujours entraînée sous forme d'un sel double.

Cet effet est maximum lorsqu'on verse le sel ferrique dans un excès de cyanure jaune. Le dépôt, insoluble dans une eau chargée^de sels étrangers, comme l'est l'eau mère au sein de laquelle il s'est formé, est alors soluble après lavages dans l'eau pure, et a une composition représentée par la formule, (Cy*Fe)iv fe,vi^K2 ; c'est le bleu soluble.

Pour préparer le bleu pur, il convient, soit de précipiter les sels ferriques par l'acide ferrocyanhydrique ou de délayer le produit du commerce dans l'acide sulfurique concentré et de verser le mélange dans l'eau ; le potassium reste alors en solution.

En grand on utilise souvent la réaction formulée plus haut.

On précipite un sel ferreux par du cyanure jaune (100 p. cyanure, 80 p. yitriol vert), et on oxyde le dépôt blanc avec 30p. d'acide nitrique à 28** B. et 18 à 30 p. d'acide sulfurique destiné à dissoudre le peroxyde de fer. On lave et on sèche (1).

L'acide ferrocyanhydrique et le ferrocyanuye d'ammonium, ou un mélange de ferrocyanure de potassium et de

(1) Gentele, Polyiechnisches Journal, LXI, p. 453.

chlorure d*ammonîum, donnent du bleu de Prusse comme il a été dit plus haut, en se décomposant par la chaleur et les agents oxydants.

Voici encore quelques réactions qui conduisent au môme résultat :

1° Précipitation d'un mélange d'un sel ferreux et d'un sel ferrique par le cyanure de potassium ; 2* action de l'acide prussique sur l'hydrate magnétique de fer ; 3* action d'un sel ferrique sur le ferrocyanure double de ferrosum et de potassium ; 4" mélange d'acide cyanhydrique avec un sel ferreux, puis addition de potasse en excès, et enfin d'acide chlorhydrique.

Le précipité obtenu par ces différentes méthodes, surtout par l'action du cyanure jaune sur un sel ferrique ou sur un sel ferreux avec oxydation subséquente, étant lavé et desséché, constitue le produit commercial. Celui-ci se présente sous forme de pains cubiques ou parallélipipédiques, d'un bleu foncé, poreux, happant à la langue et susceptible de prendre, comme l'indigo, un reflet cuivré par le frottement à l'ongle. La cassure est conchoïde, cuivrée.

Le bleu de Prusse n'a ni odeur, ni saveur. ChauSe à l'abri de l'air, il dégage de l'eau, passe au vert clair, donne du cyanure et du carbonate d'ammonium, de l'oxyde de carbone, et laisse un résidu de carbure de fer après un vif phénomène d'incandescence. Au contact de l'air il s'enflamme facilement, brûle comme de l'amadou et se change en peroxyde de fer.

Le chlore aqueux le change en une matière verte avec départ de perchlorure de fer; ce dérivé redevient bleu par la dessiccation.

Le bleu de Pnisse est insoluble dans l'eau et les acides étendus ; il forme avec l'acide sulfurique concentré une masse poisseuse blanche, soluble dans un grand excès d'acide ; l'eau le reprécipite intact. Broyé en pâte avec de l'acide oxalique cristallisé, il donne un liquide bleu foncé so-

lubie en bleu. On emploie cette réaction pour préparer une encre bleue ou pour bleuir le linge.

L'acide chlorhydrique concentré le convertit en sesquichlorure de fer et acide ferrocyanhydrique.

Les agents réducteurs, tels que Thydrogène sulfuré, le fer, le zinc, Tétain, enlèvent une partie du cyanogène à Tétat de cyanures (cyanures d'hydrogène, de fer, de zinc, etc.), et laissent du ferrocyanure de ferrosum.

Avec les alcalis caustiques ou carbonates, en solutions aqueuses, la décomposition. est -rapide ; il se sépare du sesquioxyde hydraté, tandis que le cyanure jaune est régénéré.

Le bleu de Prusse sur tissus se décolore à la lumière, sans doute sous l'influence d'une réduction. Il reprend sa couleur dans Tobscurité.

Il est rare que les produits commerciaux soient purs. Tantôt ils renferment du peroxyde de fer hydraté, s'ils ont été préparés par oxydation du précipité blanc. D'autres fois ils sont mélangés à plus ou moins d'alumine précipitée, en même temps que le bleu, par l'action du cyanure jaune sur un mélange de sels ferreux et aluminique (1 partie de vitriol vert et 2 — 4 parties d'alun). On y incorpore aussi souvent des substances blanches, telles qu'albâtre gypseux, ou dé l'amidon coloré en bleu par l'iode. Toutes ces fraudes sont de nature à altérer la pureté de la nuance.

On s'assure facilement, d'après M. Jacquemîn (1), de la présence de ces matières étrangères, en broyant la substance avec de l'acide sulfurique concentré et en versant la pâte dans l'eau. Le liquide, séparé par filtration du bleu reprécipité, contient la fécule devenue soluble, et les oxydes métalliques de fer et d'aluminium.

L'iode peut servir alors à déceler la fécule soluble, et les réactifs ordinaires permettent de retrouver les oxydes.

Pour le dosage de la quantité réelle de bleu, on trans-

(1) Jacqaemin, loco citato.

forme en cyanure jaune par Taction de la potasse, et on détermine ce dernier par la méthode indiquée plus haut.

Le bleu de Prusse en nature reçoit une foule d'applications comme couleur, dans la peinture, pour azurer et colorer une foule d'objets. Il est rare qu'on le fixe sur tissu à l'aide de l'albumine ; on préfère de beaucoup le former directement sur la fibre, par voie chimique.

Le bleu de Prusse soluble ou ferrocyanure ferricopotassique, dont nous ayons déjà donné plus haut la composition et le mode de génération, jouit de la propriété d'échanger, par double décomposition en présence de l'eau, son potassium contre d'autres métaux. Les sels de baryum, de magnésium, d'aluminium, de chrome, de ferrosum, de ferricum, de cobalt, de nickel, de zinc, de cuivre, de plomb, de mercure, d'étain au minimumet au maximum, donnent, avec lui, des précipités bleus contenant ces métaux. Les composés stannifères sont plus clairs que le bleu de Prusse et d'une très-belle nuance. On sait depuis longtemps que l'intervention des préparations d'étain dans la formation du bleu, modifie avantageusement la nuance en lui donnant le reflet pourpré des bleus de France. Le bleu soluble n'a pas encore reçu d'applications en teinture ; il sert à azurer le linge et la pâte à papier.

M. Jacquemin prépare en grand le bleu soluble en versant le sulfate ferrique dans un excès de cyanure jaune. Le bleu se précipite à la faveur du sulfate de potassium formé. On le lave sur un filtre jusqu'à commencement de dissolution. Puis on le dissout dans l'eau pour le reprécipiter par du sel marin ; on lave à l'eau salée faible, pour enlever les dernières traces de cyanure jaune, puis à l'alcool pour déplacer le sel marin, et on sèche à 30** sur des toiles. Les premières eaux de lavage sont d'un beau vert; soumises à l'ébuUition, elles donnent un précipité vert Schéele qui devient bleu au contact de l'air.

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