‹ Traité des membranes en général et de diverses membranes en particulierChapitre 22 sur 40 · FIBREUSES · texte numérisé non relu

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classe, où, par l'irritation d'une partie, la tonicité d'une autre éprouve des changements remarquables, soit en plus, soit en moins. i\ La dUre-mère étant enflammée, l'inflammation, qu'accompagne toujours un excès des forces toniques, se manifeste au péricrâne, souvent sur la sclérotique, etc. 2°. L'irritation d'une étendue un peu considérable du périoste augmente manifestement les forces de l'organe médullaire, lorsqu'il devient le noyau d'un os nouveau, etc., elc. Au reste, plusieurs des phénomènes que je considère ici comme sympathiques, tiennent peut-être à un enchaînement de fonctions encore peu connu, enchaînement qui fait dépendre les affections d'un organe de celles d'un autre parfois très-éloigné. Avouons-le, le mot de sympathie est souvent un voile à l'ignorance où nous sommes des ressorts secrets que fait jouer la nature pour lier entre eux et coordonner les innombrables résultats qu'elle obtient d'un très-petit nombre de causes (1).

(1) Cette réflexion de Bichat est d'une extrême justesse ; mais notre esprit a tant besoin d'expliquer, de se rendre compte, ou, disons mieux, de s'abuser

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§ VII. Fonctions des membranes fibreuses.

CXCll. Il est beaucoup plus difficile d'assigner les usages généraux des membranes fibreuses , que ceux des précédentes , parce quelles n'ont point entre elles des rapports aussi directs, et que des différences plus marquées en isolent les diverses espèces. Il faut donc considérer leurs fonctions dans les deux classes qui nous ont servi à les diviser.

CXCIII. Nous trouvons d'abord dans la première les aponévroses. Celles d'enveloppe, i° ajoutent au membre une solidité qu'il ne pourroit emprunter de sa gaîne cutanée; 2° retiennent les muscles dans leurs places respectives, empêchent leur déplacement, leur fournissent fréquemment des gaines partielles , comme on le voit au couturier; aussi, l'épaisseur eli densité des aponévroses est-elle partout en raison directe du nombre des muscles. Celle du bras est mince; on trouve à celle de la cuisse une remarquable épaisseur; au contraire, assez peu prononcée à la jambe,

lui mémo , que bien peu de personnes peuvent s'avouer qu'elles ignorent quelque chose, et surtout quelque chose qu'il serait très-utile de savoir.

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surtout en arrière, elle l'est beaucoup à l'avantbras: 5° elles réfléchissent sur le membre le mouvement, favorisent en dedans le glissement des muscles, au-dehors celui de la peau, qui, dans les frottements qu'elle éprouve, se déplace souvent; 4° elles déterminent la forme extérieure du membre, qui varieroit sans cesse, à cause de la laxité de l'organe cutané; 5° elles favorisent la circulation veineuse par la compression exercée sur les diverses parties qui constituent le membre. Aussi, les varices rares dans les veines profondes qui accompagnent les artères , sont-elles extrêmement communes dans les superficielles, qui se trouvent hors de l'influence de cette compression, que l'art imite dans l'application des bandages serrés , etc.

CXCIV. Les usages des aponévroses d'insertion sont sensibles : par elles et par les tendons, la nature réunit dans un très-petit espace des attaches charnues, qui sur l'os occuperoient une place trop considérable, et néceasiteroient une largeur qui gêueroit les mouvements.

CXCV. Je passe sur les fonctions des capsules articulaires et des gaines tendineuses ; elles sont d'une évidence trop marquée. J'obser-

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ve seulement, à l'égard des capsules, que leur entrelacement avec le périoste assure la solidité de leur insertion , parce que . dans les efforts de traction qu'elles éprouvent, le mouvement se portant sur toute cette dernière membrane, s'y perd en partie, et la déchirure de l'attache fibreuse devient alors moins à craindre.

CXCVI. Les membranes fibreuses de la seconde classe, telles que le périoste, la sclérotique, l'enveloppe caverneuse, etc., ^garantissent leurs organes respectifs de l'impression des parties voisines dans leur mouvement, de celle de* muscles spécialement, dont le frottement pourroit leur devenir funeste; 2° elles ont sur la nutrition de l'organe qu'elles recouvrent une influence essentielle, quoique nous ne connoissions point exactement le mode de cette influence, qui est surtout remarquable dans le périoste, par rapport à l'os; 5° leur vie , essentiellement liée à celle de l'organe , semble partout confondre ses phénomènes avec ceux de la leur; ce qui fait qu'il est en général très-difficile de déterminer ces phénomènes avec précision. Voyez, au reste, ce que j'ai dit , dans divers endroits de cet article , sur les usages de ces membranes.

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§ VIII. Remarques sur tes affections des membranes fibreuses.

CXCVII. Wj a-t-il pas une ligne de démarcation réelle entre les phlegmasies des membranes séreuses et celles des membranes fibreuses? Peut-on rapporter à la même classe les affections inflammatoires du périoste, des capsules articulaires d'une part, de la plèvre, du péritoine, etc., d'autre part? L'essentielle différence qu'il y a, comme nous l'avons vu , entre les deux classes de membranes précédentes, sous le rapport de l'organisation extérieure, de la texture, des propriétés vitales , des fonctions , etc. , ne doit-elle pas en établir une entre leurs affections? S'il est vrai que la différence des inflammations des membranes muqueuses et des membranes séreuses repose sur leur diversité de structure . pourquoi , ici où cette diversité est aussi prononcée , n'auroit - elle pas la même influence?

CXCVIII. On ne voit à la suite des inflammations du périoste, de la sclérotique, de l'enveloppe caverneuse, et autres membranes fibreuses, ni l'opacité, ni l'augmentation sensi-

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ble d'épaisseur, ni les membranes fausses ou artificielles, ni les adhérences, ni l'épanchement d'une sérosité trouble et lactescente, qui accompagnent les diverses affections inflammatoires des membranes séreuses : ces deux inflammations peuvent-elles donc se ressembler par leur nature?

CXC1X. M'a-t-on point attribué à certaines membranes fibreuses des caractères morbifîques qui appartiennent à des feuillets séreux qui leur sont essentiellement adhérents? Ainsi l'arachnoïde adhère intimement à la dure mère, la tunique vaginale à l'albuginée, etc. IN'a-t-on point, sous ce rapport, pris le change sur le siège de l'inflammation , dans la frénésie surtout? Voyez ce que je dis là-dessus à l'article de l'Arachnoïde. Il faudroit, je crois, résoudre ces nombreuses questions, avant.de réunir dans la même classe les inflammations des membranes séreuses et fibreuses.

ARTICLE V

Des Membranes composées.

CG. Nous venons d'examiner les membranes simples , que l'on peut rapporter, dans l'éco-

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