‹ Traité des membranes en général et de diverses membranes en particulierChapitre 6 sur 40 · XVJ NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XVJ NOTICE HISTORIQUE

mérite de celui qu'on admire déjà comme élève.

En 1788, il entra au séminaire de Saint- Yrénée, à Lyon, pour y terminer ses études par son cours de philosophie.

Bichat se distingua constamment dans les deux maisons où il fut élevé, par sa douceur, sa modestie et ses succès. Il remporta chaque année des prix au collège de Nantua, et soutint à Lyon des exercices publics sur la physique ot les mathématiques avec la plus grande distinction.

La révolution paralysant ensuite tous les genres d'instruction , Bichat quitta Lyon . revint dans sa famille, et reçut de son père les premiers éléments de l'anatomic; mais son goût prédominant pour les mathématiques le reporta à Lyon, où il continua à les étudier, en même temps qu'il suivoit le cours d'anatomie et les visites du grand hôpital. Enfin , la tourmente révolutionnaire transformant cette brillante cité en un vaste champ de désolation et de mort , il vint chercher dans l'école de l'immortel Desault un abri contre la persécution qu'éprouvoient alors les jeunes gens de son âge.

Bichat arrive à Paris en 179Ô. Dépourvu de

SUR XAV. BICHAT. xvij

loute espèce de recommandation , livré à luimême, et uniquement occupé de se soustraire à la réquisition, dans laquelle il étoit compris, il fréquente les leçons de Desault, et, après un mois de séjour à Paris, il est enfin remarqué par cet homme célèbre. Bientôt il est admis à faire quelques pansements dans l'Hôtel- Dieu; ensuite il lit dans l'amphithéâtre, où se faisoient les leçons cliniques les observations des malades dont il suivoit la cure, et partout se fait distinguer par son zèle et sa modestie. Ses observations étoient rédigées avec tant de méthode, tant de précision, tant de clarté, que Desault voulut rapprocher de lui un talent dont il prévoyoit l'étendue , et qui pouvoit servir si puissamment un art que lui-même cultivoit avec tant d'éclat. 11 admit Bichat chez lui, l'adopta, et depuis cette époque Bichat lut associé à ses travaux et à sa gloire.

Telle est l'origine de la réputation de notre confrère, origine doublement honorable, puisqu'elle s'appuie également sur le mérite de l'élève et sur la justice du maître.

Bichat ne put jouir long-temps de la bienveillante amitié de Desault : la mort enleva ce grand homme eu 1 795, et laissa à son élève les regrets de la perte d'un père adoptif, en même

Xviij NOTICE HISTORIQUE

temps que la tâche honorable de remplir ses intentions par la publication des matériaux accumulés dans son Journal de chirurgie.

Depuis long-temps Desault formoit le projet de rassembler dans un cadre régulier et méthodique toutes les découvertes dont il avoit enrichi la chirurgie; il vouloit refondre son journal, en retrancher tous les faits isolés, conserver ceux dont l'ensemble pût fournir des inductions générales ; en un mot , il vouloit créer un code de doctrine chirurgicale. Associé par lui à cette entreprise, Bichat remplit dans cette circonstance la fonction difficile de rendre les idées de son maître, et on doit s'étonner de tout ce qu'il osa entreprendre à cette époque. Il se livroit avec une ardeur indicible aux travaux de l'enseignement, préparoit luimême ses leçons, dirigeoit les études anatomiques de cent élèves, et publioit en même temps les œuvres chirurgicales de son maître.

Toutes ces occupations ne l'éloignèrent jamais de ses amis : il sentoit au contraire davantage le besoin d'oublier auprès d'eux les fatigues d'une vie aussi active, et c'est à ce besoin que remonte l'époque de la formation de la Société médicale.

Alors on vit éclore parmi quelques élèves de

Page 1