‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 107 sur 138 · OREILLE INTERNE · texte numérisé non relu

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645. Limaçon de Cobaye. — Schwalbe {Deitr. z. Phys., 1887 ; Joum. Roy. Mie. Soe., 1887, p. 840). Fixer pendant huit à dix heures dans le mélange de Flemming, décalcifier pendant vingt-quatre heures dans de Tacide chlorhydrique à 1 p. 100, laver, déshydrater et couper à la paraffine.

La méthode de Prenant [Intern. Monatschr.^ IX, I, p. 6) est la suivante : pour les coupes, ouvrir le limaçon dans du liquide de FlemmingoudeHermann,ety Gxer pendantquatre à cinq heures. Ëvitcrla décalcification autant que possible ; mais, si elle est nécessaire, la faire dans du chlorure de palladium à 1 p. 100. Faire des coupes à la paraffine, et colorer dans la safranine ou dans le violet de méthyle B, ou par le vert d'aniline et Torange ou par Téosine hématoxylique de Renaut.

Des préparations isolées de la Stria vascularis peuvent être obtenues en mettant un limaçon pour un jour dans de Tacide osmique à 1 p. 100, puis pour quatre à cinq jours dans une solution également d'acide osmique à 0,1 p. 100; la stria se laisse alors enlever intégralement.

Von Lenuossèk [Anat,, lit III, 1893. 2, p. â3i ; Zeit, f. wiss, Mik., X, 4, 1893, p. 503;. — Pour l'étude des Maculas et Crislœ acustica* (mais pas pour l'organe entier de Corti), von Lenuossèk prend des Souris jeunes, nouveau-nés, ou de quelques jours, jusqu'à dix jours. Il enlève le toit du crâne, le cerveau et les mâchoires inférieures, et soumet la base crânienne entière à l'imprégnation chromo-argenlique de GoLGi. Le procédé particulier qu'il emploie est celui de l'imprégnation double de Ram5n y Cajal (voir plus loin). Il ne décalcifie pas : ce n'est pas nécessaire ; mais il colle les pièces imprégnées sur un liège avec de la celloïdine et les coupe au microlome dans de l'alcool à 80 p. 100, éclaircit à l'essence et monte audamar sans verre à couvrir.

Ferr&ri {Bull. R, Accad, Med. Roma, 189i, p. 67; Zeit, f. wiss. Mik., IX, :2, 189:2, p. 236j emploie pour la décalcification du labyrinthe la solution suivante: 1 gramme de phloroglucine dissous à chaud dans 100 grammes d'eau avec 10 grammes d'acide chlorhydrique, et la solution additionnée, après refroidissement, de !200 grammes d'alcool à 70 p. 100. Il n'y met que des pièces préalablement fixées.

A consulter aussi : Politzer, Die anatomische und hislologische Zergliederung des mcnschlichen Gehôrorganes, Stuttgart, Enke, 1889 (compte rendu dans Zeit. f. iviss, Mik., VII, 3, 1890, p. 364). — Eichler, ibid,, IX, 3, 1893, p. 380 (instructions détaillées pour Tinjection des vaisseaux sanguins du labyrinthe). — Siebenmann, Die Blutge fasse im Labtp'inUie des mcnschlichen Ohres, Wiesbaden, Bergmann, 1894 (Zeil, f. wiss, Mik,, XI, 3, 1894, p. 386). — Waldever, Stricker's Handbuchy 1872, p. 958. — Urban Pritchard, Proc. Roy, Soc, n^ 168 ; ^ourn. Roy. Mie. Soc, 1876, p. 211. — Lav- DOWSKY, Arch, f, mik. Anat., 1876, p. 497. — Max Flescb, Arch.f.mik. Anal., 1878, p. 300. — Tafani, Arch. liai, de BioL, VI, p. 207.

646. Topographie des nerfs périphériques. Leurs terminaisons. — On peut se servir pour ces éludes de Tune ou l'autre des méthodes pour l'emploi du chlorure d'or que nous avons données au chapitre des Imprégnations el dans les chapitres xxvi et xxvii ; on peut également employer avec fruit, surtout pour les études topographiques, la méthode de Freud, que nous donnerons au chapitre des Centres nei^veux. (Cette méthode a été modifiée pour les nerf^ périphériques par Begkwitu, Journ. Roy. Mie. Soe., 188S, p. 894, par rintercalation entre le traitement par la soude et le traitement par l'iodure de potassium d'un traitement pendant trente minutes par une solution à 10 p. 100 de carbonate de potasse.)

Mais aujourd'hui c'est surtout à la méthode au bleu de méthylène et à l'imprégnation chromo-argentique de Golgi [méthode rapide) que l'on s'adresse dans ce genre de recherches. Nous avons déjà traité de la méthode du bleu de méthylène dans le chapitre xi. Nous allons maintenant exposer en détail la méthode de Golgi.

Mais avant de le faire nous placerons déjà ici un mot sur le caractère particulier de cette imprégnation. Les préparations obtenues par le procédé de Golgi ne ressemblent pas du tout aux teintures et diiïerent même beaucoup des imprégnations ordinaires à l'argent ou à

< La classification employée pour la distribution de la matière en ce chapitre et le suivant est défectueuse. En effet, plus d'une des méthodes décrites en ce chapitre se laissent mettre à profit pour l'étude du Système nerveux central. Ainsi, pour n'en citer qu'une, Timprégnation chromo-argentique de Golgi. Et d'un autre côté plusieurs des procédés du chapitre suivant peuvent servir pour l'étude d'organes périphériques. C'est à tort qu'on a dit que l'hémaloxyline de ^>Ve!Gert ne peut pas y être appliquée. Mais quelque imparfaite qu'elle soit nous pensons que notre classification servira à orienter le lecteur.

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Tor. Les préparations réussies ne présentent que des imprégnations partielles, c'est-à-dire que de tous les éléments, nerveux ou autres, qui sont présents dans la préparation, seuls un petit nombre se montrent colorés. C'est là l'avantage particulier de cette méthode. Si tous les éléments étaient colorés à titre égal avec l'intensité avec laquelle ils se colorent par ce procédé, on ne distinguerait plus rien dans la préparation. Mais l'imprégnation de Golgi fait élection. Elle choisit dans les tissus un petit nombre d'éléments nerveux, et les colore avec une grande intensité, et très complètement, c'est-à-dire sur une très grande longueur.

Ils se détachent donc très nettement au sein des éléments non colorés, se laissent facilement distinguer des cellules de soutènement, etc., et se laissent souvent suivre à travers des distances surprenantes. Aucune autre méthode ne permet de suivre aussi loin les prolongements de cellules nerveuses. Mais elle ne permet pas d'embrasser d'un même coup d'œil le détail histologique des autres tissus de la préparation; et tout détail cytologique est perdu C'est une méthode on ne peut plus spéciale» De plus, c'est une méthode qui demande tout autant que les imprégnations ordinaires à l'or ou à l'argent une grande circonspection dans l'interprétation des images obtenues. Un de mes correspondants m'écrit : « J'ai golgiflé une pomme de terre, et obtenu At^ fibres nerveuses de toute beauté ! »

Il y a deux méthodes de Golgi ; la méthode lente ^ très peu employée aujourd'hui ; et la méthode rapide^ qui est devenue classique. Cette méthode a subi aux mains d'autres travailleurs de nombreuses modifications de détail, dont la plus importante est le procédé d'imprégnation c double > ou c intensive » de Ramùn y Cajal.

On a dit que la méthode de Golgi ne donne pas de bons résultats pour les Invertébrés. Cependant Ramôn y Cajal l'a appliquée avec succès aux muscles des Insectes, etc. ; von Lenuossèk aux nerfs de Lumbricus ; et d'autres anatomistes ont également réussi avec certains objets.

Ô47 . Méthode lente ^ de Golgi. — Pour Tétude des nerfs périphériques^ Golgi {Arch, per lescienze med., t879, p. 238) procède ainsi qu'il suit. Des morceaux de nerf sont mis dans une solution de bichromate de potasse à 2 p. 100 pendant quatre, six ou huit heures, ou au plus deux jours. On en transporte par intervalles dans une solution de nitrate d'argent à 0,75 p. 100 où il séjournent de douze à vingt-quatre heures. On les lave avec de l'alcool plusieurs fois renouvelé. On dissocie dans l'alcool, on éclaircit dans l'essence de térébenthine, et on monte dans la résine damar. On réduit à la

* Voyez la note du n° 701.

lumière directe du soleil ; il faut pour cela en été quelques jours, en hiver quelques semaines. Ces préparations se consei'vent indéfiniment.

Gomme nous Tavons dit, cette méthode n'a jamais joui de la faveur que s'est acquise la méthode rapide.

048. Méthode rapide^ de Golgi [ibid,, p. 237). — On met des morceaux de tissu dans un liquide composé de :

Sol. de bichromate à 2 p. 100 10 parties.

Sol. d'acide osmique à 1 p. 100 2 —

Après une heure, on découpe les pièces en morceaux plus petits qu'on remet dans le liquide. Trois heures plus tard, on commence à transporter les morceaux dans de la solution de nitrate d'argent à 0,5 p. 100, en en transportant un certain nombre toutes les trois heures, de manière à être sûr que dans la masse il y en aura qui auront eu un bain de bichromate delà dure'e voulue. Cette durée se trouvera en général être comprise entre les limites de six et vingt-quatre heures. On laisse les pièces dans le nitrate d'argent pendant au moins huit heures ; on peut les y laisser indéfiniment. On déshydrate, on éclaircit à l'essence de térébenthine, et on monte au damar. Cette méthode est plus rapide et plus facile que la première de ces méthodes, et les résultats en sont même un peu plus précis, mais les préparations ne se laissent pas conserver d'une manière permanente, à moins de certaines précautions très spéciales que nous allons détailler, et qui ne réussissent pas toujours.

649. Critique de la méthode de Golgi. — Le procédé de Golgi repose apparemment sur une décomposition double au sein des tissus. Le bichromate se combinerait avec le nitrate et en formerait un précipité brun de bichromate d'argent — K*CrW + 2 AgNO' = Ag*CrW H- 2 KNO' (ce précipité est brun à la lumière réfléchie, mais parait noir à la lumière transmise). Or, ce précipité ne se laisse pas facilement conserver dans les tissus sans altération chimique ni moléculaire. Les préparations sont donc très difficiles à conserver. A moins de précautions spéciales elles ne résistent pas aux manipulations d'inclusion pour les coupes, ni même aux opérations du montage au baume ; et souvent elles se détériorent après avoir été peu de temps dans ce milieu. La méthode a un autre défaut, c'est que rimprégnation est très incertaine ; il est souvent difficile, quelquefois impossible d'obtenir la réaction.

* Vovez la note du numéro 701.

Nous groupons les modifications suivantes du procédé selon qu'elles visent surtout à obtenir de bonnes imprégnations, ou à rendre plus sûre lar conservation des préparations.

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