‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 112 sur 138 · STRUCTURE INTIME DES NERFS · texte numérisé non relu

STRUCTURE INTIME DES NERFS

673. Tubes nerveux à myéline. — On peut acquérir des notions générales sur la structure de ces éléments par les méthodes ordinaires. On étudiera des coupes microtomiques longitudinales et transversales de nerfs colorés par diflérentes teintures ; on dissociera des nerfs frais dans l'humeur aqueuse, le sérum iodé, etc. Pour mettre en évidence le cylindre-axe et la gaine de Schwann, on enlèvera la myéline par des méthodes appropriées : — on peut faire bouillir dans la soude caustique et neutraliser ensuite; — faire bouillir dans un mélange d'alcool absolu et d'éther, et ajouter de la soude caustique ; — faire bouillir dansTacide acétique cristallisable ; — faire bouillir dans Taçide nitrique fumant et ajouter de la potasse caustique ; — ou enfin traiter par Teau de Javelle.

Méthode de Kuunt {Àrch, f, mtk. Ànat., 1876. p. 441). —On met un nerf pendant vingt-quatre heures dans de Tacide osmique à 0,2S p. dOO, on lave à Teau et on met pendant vingt-quatre heures dans un mélange de 10 ce. d'eau et 10 à 30 grammes d'ammoniaque caustique. On dissocie dans Teau.

Méthode de Tizzoni {Arch, per le Scienze mediche^ 1878, p. 4). — On durcit un nerf pendant plusieurs jours dans Talcool, en commençant par l'alcool à 36^ B. et en finissant par Talcool absolu. Ensuite on fait bouillir pendant une ou deux heures dans une quantité considérable de chloroforme (l'éther ou la benzine peuvent servir, mais moins bien) ; il faut renouveler le chloroforme deux ou trois fois. On examine au microscope de temps à autre pour voir si la dissolution de la myéline est complète. On conserve ensuite les pièces dans l'alcool jusqu'au moment de s'en servir. Colorer à l'hématoxyline ou au picrocarmin. L'hématoxyline colore le cylindre-axe et les noyaux des tubes ; le picrocarmin colore d'une manière intense les noyaux, le cylindre-axe à peine, et teinte légèrement en jaune le c réticutum corné >.

674. Tubes nerveux à myéline (Ranvier, Traité, p. 718 et suiv.). — Nous avons donné numéro 14 la méthode de Ranvier pour maintenir les nerfs à leur degré naturel d'extension physiologique

peadant la fixation. Golgi est d*avis que cette méthode ne doit pas être employée pour l'étude de la eliarpente en entonnoirs découverte par Rezzonigo dans la gaine de myéline (Arch, per le scienze mediche, 1879, p. 237).

Pour la manière dont Ranviër emploie le nitrate d'argent, voyez son Traité, p. 72o.

675. Cylindre de Taxe (Kupffer, Silzb. math, phys. Kl. k. bayr, Acad. d. Wiss., 1884, p. 446 ; Zeit, f, wiss, Mik,, 1885, p. 100). — On étale un nerf sur un liège et on le traite pendant deux heures îivec de l'acide osmique à 0,5 p. 100; on lave à l'eau pendant deux heures; on colore pendant vingt-quatre à vingt-huit heures dans une solution saturée de fuchsine acide ( c Sàurefuchsine > ) dans l'eau; on décolore pendant six à douze heures (pas plus, en tout cas) dans l'alcool absolu ; on éclaircit dans l'essence de girofle ; et Ton fait l'inclusion dans la paraffine. Dans les coupes on constate que le cylindre de Taxe est un paquet de fibrilles flottant dans un liquide albumineux ; les fibrilles paraissent dans les coupes transversales comme des points rouges. On peutdémonlrer ces fibrilles par l'osmium seul, mais moins bien (acide osmique, 1 p. 100, vingt à vingt-quatre heures).

676. Autres Méthodes. — Outre les méthodes déjà citées et outre celles exposées en détail par Ranvier dans son Traité, voir HuBER, Zeit, f. wiss. Mik,, X, 3, 1893, p. 394 (procédé à la Safranine et Lichtgrun de Benda) ; Galli, ibid., III, 1, 1886, p. 467 (coloration au bleu de Chine); Platner, ibid.y Vi, i, 1889, p. 186 (coloration à l'Echtgrun, Vert solide) ; Rabl, ibid,, XI, 1, 1894, p. 42 (les lignes de Fromann sont des productions artificielles dues au nitrate d'argent) ; FiscHEL, ibid,, p. 48 (conclusion semblable) ; Tirelli, ibid., XI, 3, 1894, p. 391 ; Mon. ZooL ItaL, V, 1894, p. 77 ; Gkdoelst, La Cellule, III, 1887, p. 117 et V, 1889, p. 126 (bonne description de méthodes de digestion) ; Segall, Journ. de rAnat. et de la Phys., XXIX, 1893^ p. 586 ; Jakimovitch, ibid., XXIII, 1888, p. 142 (argentage de cylindresaxes) ; BovERi, Zeil. f. wiss. Mik., IV, 1, 1887, p. 91 ; Scuieffer- DECKER, dansBEURENS, KossEL, UYtd ScuiEKFERDECKER, Das Mikroskop.y II, p. 227.

677. Introduction. — La technique de ranatomie microscopique des Centres nerveux est une technique des plus spéciales. Les méthodes ordinaires de TAnatomie microscopique suffisent bien — du moins tant qu'il ne s'agit que de petits objets — à donner des notions superficielles des formes et des rapports des principaux groupes d'éléments nerveux. Mais elles ne suffisent absolument pas à nous renseigner sur la structure si délicate et si compliquée de ces éléments eux-mêmes, ni sur les rapports qu'ils affectent entre eux. Ces problèmes ne se laissent attaquer qu'à l'aide de procédés fort spéciaux, surtout sous le rapport des colorations si spécialement électives qu'il est nécessaire de réaliser.

L'encéphale si volumineux des animaux supérieurs, et surtout de l'Homme, demande en outre des précautions spéciales pour le durcissement, pour la manipulation des coupes, et pour la coloration.

Par suite de la lenteur de pénétration des réactifs, il faut évidemment renoncer le plus souvent à la fixation des éléments de Vorgane entier dans le sens histologique ; on ne saurait espérer conserver que l'état pos/ mortem ; c'est pourquoi nous commençons par les procédés de durcissement.

A consuUer, outre les travaux cités dans les paragraphes qui vont suivre — Bevan Lewis, The Jluman Brain; Histological and Course Methods of Research, London, Churchill ; — Dejerine, Anatomie des centres nerveux^ Paris, Rueff ; — Mercier, Les Coupes du système nerveux central, Paris, Rueflf.

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