Cellules à granulations, « Plasmazellen, Mast
zellen ». — En 1874, Waldeyer décrivit [Arch. f. niik. Anat,, XI) entre' les faisceaux du tissu conjonctif, outre les cellules plates, les cellules lymphatiques et les cellules adipeuses, d'autres cellules spéciales. Ce sont des cellules grandes, rondes, à grosses granulations ; il les nomma c Plasmazellen ^^ . Plus tard Ehrlich {Arch. f. mik. Anat., XIII, 1877) étudiant plus à fond ces cellules, est arrivé à distinguer dans le même tissu et dans d'autres organes des cellules à grosses granulations qui paraissaient de prime abord pareilles aux premières, mais qui sont cependant, comme le montrent leurs réactions, de nature différente (Ehrlich, Verh. d. Berliner Physiol. Gesell.^ 17 Jan. 1879; Reichert u. Du Bois Reymond's Arch., 1879, p. 166). Ces dernières sont les Mastzellen ou cellules à granules, d'Ehrlich ; le nom de « Mastzellen » exprimant la croyance que ces cellules dérivent des cellules conjonctives fixes par suite d'une transformation provoquée par une exagération de leur nutrition.
Nous pouvons dire de ces cellules, d'une manière générale, qu'elles se laissent colorer par la plupart des anilines, et retiennent leur couleur au lavage par les acides ou par l'alcool absolu avec plus de ténacité que les cellules normales des tissus. Ce qui est caractéristique de ces éléments — du moins des véritables JKfas^^e^/^n d'Ehrlicb, c'est qu'ils présentent dans les préparations réussies, le noyau incolore, le protoplasma peu ou point coloré, et dans ce protoplasma les granulations caractéristiques colorées d'une manière intense.
Les granulations cellulaires ressemblent souvent fort à des bactéries, et se colorent de même. Pour les en distinguer, il suffit de traiter, après coloration par exemple par le dahlia, par une faible solution de carbonate de potasse ; les granules se décolorent, mais pas les bactéries (Squire, Meihods and Formulœ, p. 46).
732. Cellules à granulations, « Plasmazellen » (Ehruch, Arch. f. mik, Anat., 1876, XIII, p. 263).
Première méthode. C'est une propriété de la solution aqueuse neutre de dahlia de colorer en général le protoplasma et la substance fondamentale des tissus, en laissant les noyaux incolores. Si, après coloration, on traite les tissus par l'eau acidifiée par l'acide acétique, la coloration est extraite de la substance fondamentale et du protoplasma, et est absorbée par les noyaux, et l'on a comme résultat une coloration qui ressemble à celle que donne la teinture normale par l'hématoxyline. S'il y a des cellules c plasmatiques > dans la préparation, elles se distinguent de suite par l'énergie supérieure avec laquelle elles prennent la coloration. Pour conserver les prépara-
tloQs, on les déshydrate par Talcool absolu et on les monte dans une solution de colophane dans l'essence de térébenthine.
733 (EuRLiCH, ibid,). — Deuxième méthode, pour obtenir la coloration spécifique des cellules plasmatiques seules.
Les tissus doivent être bien durcis dans Talcool fort (Facide chromique et les sels chromiques doivent être évités). On colore pendant au moins douze heures dans la teinture suivante :
Alcool absolu 50 ce.
Eau 100 gr.
Acide acétique cristallisable 12 gr. 5.
Dahlia, assez pour donner une solution presque saturée.
Après coloration, on porte les tissus dans Talcool, où tous les éléments se décolorent à Texception des cellules plasmatiques, et Ton monte dans la solution de colophane dans Tessence de térébenthine.
Le degré de coloration qu'on obtient dans Talcool dépend du degré d'acidité de la teinture. Ehrlich a trouvé que la teinture qui ne contenait que 7,5 ce. d'acide acétique cristallisable donnait une coloration d'intensité moyenne. On peut donc employer des proportions [jUis faibles d'acide pour les préparations riches en tissu conjonctif, tandis que pour d'autres la formule que nous avons donnée est à préférer.
Les cellules mucipares et adipeuses se colorent quelquefois dans cette teinture.
On peut employer de la même manière (en solution aqueuse avec ii p. iOO d'acide acétique), la primula, le violet d'iode, le violet de méthyle, la purpurine artificielle, la ^afranine, la fuchsine; c'est le violet de méthyle qui donne les meilleurs résultats.
734. Cellules plasmatiques (Korybutt-Daskiewicz ; Arch, f. mik. Anal., 1878, XV, p. 7). — Si l'on conserve des Grenouilles pendant deux iTiois (d*été) sans nourriture, qu'on les place ensuite dans un réservoir ifeau courante et qu'on les nourrisse bien pendant quatre semaines, on trouvera des cellules « plasmatiques » en abondance. La meilleure manière ilo faire des préparations permanentes est de fixer des nerfs dans Tacide osmiqueà 0,5 pour 100, de colorer au dahlia d'Ehrlich (formule précédente}, Hii nolet de méthyle, à la fuchsine, ou avec une autre couleur d'aniUne, lie déshydrater à l'alcool, et de monter dans de la térébenthine.
735. NORDMANN {Beitr. s. Kenntniss d. Mastsellen, Inauguraldiss,, lîelmsledt, 1884). — Nordmann trouve qu'il y a utiUté à employer une stdution de vésuvine contenant 4 à 5 p. 100 d'acide chlorhydrique. Les < Ljupes doivent séjourner quelques minutes dans celte solution, et, après
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coloration, la préparation peut être déshydratée par Taicool absolu. Par ce procédé les cellules plasmatiques se colorent avant les noyaux des tissus et gardent leur couleur plus longtemps dans Talcool absolu.
Dans le travail que nous citons on trouvera une discussion détaillée des réactions microchimiques des cellules plasmatiques.
736. Cellules plasmatiques et Mastzellen. — Les trois formules suivantes sont données par Unna, Zeit. f, wiss. Mik.^ VIII, 4, 189â,p.475.
a. Pour cellules plasmatiques.
Bleu de méthylène . 1 ,0
Potasse caustique 0,05
Eau distillée . 100,0
A allonger de 10, 50 ou iOO volumes d'eau anilinée. Colorer des coupes (de matériel alcoolique ou au sublimé, pas à Tacide chromique) pendant une demi-heure à plusieurs heures. Déshydrater rapidement à l'alcool absolu, différencier dans du créosol (pas de détails), rincer au xylol, baume.
b. Coloration générale, démontrant les cellules plasmatiques.
Bleu de méthylène 1,0
Carbonate de potasse 1,0
Eau distillée •. 100.0
Alcool 20,0
Réduire à 100 en chauffant au bain-marie. Pour colorer, employer tel quel, ou allongé d'un volume d*eau anilinée. Différencier (point de détails) dans du glycol, du styrone ou du créosol. Cette méthode ne différencie pas les c Mastzellen >.
c. Pour avoir les Mastzellen rouges avec les cellules plasmatiqttes bleues.
Bleu de méthylène 1,0
Carbonate de potasse (ou de soude ou d'ammoniaque) 1,0
Eau dislillce (ou phéniquée, ou chloroformée) . . 100,0
Allonger d'eau en raison de 100 : 1, colorer lentement, traiter par l'alcool à 70 ou 80 p. 100, différencier dans du styrone ; essence de bergamote ou xylol, baume. Dans un autre travail, Monatschr. f, pi^akt. DermatoL, XII, 1891, p. 296 {Zeit. f. wiss. Mik., IX, 1, 1892, p. 92), Umna donne quelques détails au sujet de la différenciation
4^3 CHAPITRE XXXll
BU créosol. Le créosol ne fait que dilTérencier la coloration, il ne déshydrate pas les coupes. II faut d*abord sécher les coupes au papier buvard, et les traiter par Talcool absolu ou parThuile d'aniline pour quelques secondes avant d'appliquer le créosol. La difierenciation demande de quelques minutes à quelques heures. Lorsqu'on a atteint le degré voulu de différenciation, on le fixe avec le xylol, et l'on monte.
A consulter aussi, van der Spek und Unna, Zeit. f, wiss, Mik.^ XI, K Î89-2, p. 89; \}mk, Monatschr, f, prakL Dermatol,, XIX, 1894, p. :225 [Zeit, f. iviss. Mik., XII, 1, 1895, p. 58 ; Marschalkô, ihid., p. 64; Jaoassohn, Arch. f. D&i^malol. u. Syphilis, Ergànzungsh. 1, 1892, p. 58; ZeiV. /". loiss. Mik., IX, 2, 1892, p. 226.
737. Cellules plasmatiques et Mastzellen. Méthode de BergonvAm [Anat. Anz., VI, 1891., p. 595 ; Zeit, f. wiss. Mik., IX, 1, 1892, p. 95). — Fuchsine acide à 0,2 p. 100, 1 volume; vert deméthyle à (1,2 p. 100, 2 volumes ; Goldorange à 0,2 p. 100, 2 volumes. Mêler et lillrer à travers du coton. Colorer deux ou trois minutes ; eau, alcool, essence. Les granules basophiles doivent être verts, les acidoji Iules rouges ou oranges, les noyaux verts. On peut au besoin prendre lie l'orange G au lieu de Gold-orange.
738. Tissu élastique. — Les fibres élastiques ne sont pas changées par la soude ou la potasse caustique ; elles ont une affinité mar- '{uée pour l'acide osmique et pour certaines couleurs d'aniline, surtout pour le bleu Victoria. Sur ce caractère se fonde la méthode de Ldst- (xARTEN, numéro 170. La couleur employée par Lustgarten s'appelait Victoriablau 4B.
Pour une revue de méthodes anciennes de Balzer, Unna, et Herxheimer, voir le travail de Martinotti dans ZeiL f. wiss. Aft/:., IV, 1, 1887, p. 31.
Méthode de Martinotti, loc, ait, — Fixer dans un liquide chromique, i^olorer pendant quarante-huit heures dans une forte solution de safranine et monter au baume. Fibres élastiques, noires.
Pour des modifications de détail de cette méthode, voir Griesbach, ibid., IV, 1887, p. 442; et Ferria, ibid., V, 3, 1888, p. 342, et Mibelli, ibid., Vli, 2, 1890, p. 225.
Méthode à Vorcéine. — Due à Taenzer, cette méthode a été modifiée iunsi qu'il suit par Unna {Monatsch, f. Prakt. Dermatol., XII, 1891, [.. 394; Zeit. f. wiss. Mik., IX, 1, 189-2, p. 94). On fait dissoudre
0.1 gramme d^orcéiae de GrUbler dans 20 grammes d'alcool à 95 p. 100 addilionné de 5 grammes d*eau, et Ton prépare aussi un mélange de 1 gramme d'acide chlorhydrique concentré dans une quantité pareille d'alcool et d'eau. On prend de 6 à 10 verres à montre et Ton met dans chacun 10 gouttes de la teinture. Puis on acidifie ces doses par le mélange acide, en ajoutant 5 ou 10 gouttes pour le premier verre, et en augmentant à raison d'une goutte de plus pour chaque verre successif. On met une ou deux coupes dans chaque verre, et on les laisse douze heures. On les examine dans une goutte de glycérine et on choisit les préparations réussies. Elles doivent montrer les fibres élastiques en brun saturé sur fond plus clair. On peut colorer les noyaux par une autre teinture si on le désire. A consulter aussi au sujet de cette méthode Zenthoefer, Zeit, f. wiss. Mik,^ IX, 4, 1893, p.'509.
Aulres méthodes. — Koppen, ZeiL f, wiss, Mik., VI, 4, 1889, p. 473 et VII, 1, 1890, p. 2t, BuRCi, voir Joum. Boy. Mie, Soe,, 1891, p. 831, et 1892, p. 292. WoLTERS (hématoxyiiae au chlorure de vanadium), Zeit, f. wiss. MiL, IX, 3, 1893, p. 360. Martinotti, tôtrf., V, 4, 1888, p. 521, et Beurens, KossEL et ScuiEFFERDECKER, Das Mikroskop, 1, p. 204.