‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 119 sur 138 · TISSU OSSEUX · texte numérisé non relu

TISSU OSSEUX

. 739. Os et dents non décalcifiés. -^ Outre l'important procédé de Ranvier pour la préparation de coupes d'os par la voie sèche qu'on trouvera à la page 297 du Traité technique de cet auteur, nous rappelons les procédés de von Koch et d'EnRENDAUM que nous avons donnés aux numéros 304 à 307. Ces procédés ont l'avantage de permettre de monter les coupes obtenues par usure, si elles sont très fragiles, sans éloigner la masse, qui est transparente et propre à conserver les coupes. Il n'y a qu'à chauffer doucement le porte-objet sur lequel la coupe est collée, ou bien à ajouter quelques gouttes de chloroforme, avant de poser le verre à couvrir.

Nealey [Amer. Mon, Mie. Jouim., 1894, p, 142 ; Joum. Roy. Mie. Soc. y 1885, p. 348) recommande d'employer des portions d'os ou de dents parfaitement fraicheSj et de les user sur un tour avec .des meules d'émeri. De cette façon on peut préparer une dent en trente minutes, sans que la coupe soit devenue fragile ou ait acquis la

* Pour une .revue critique très détaillée (40 pages, avec citation de 80 mémoires) de toute la technique du tissu osseux, voir Scuaffer, « Die Methodik der histologischen Untersuchung des Knochengewebes », dans Zeit. f, wiss. Mik.^ X, 2, 1893, p. i67.

ryw

moindre tendance à s'enrouler. Les parties molles n'étant pas éloignées par ce procédé, on peut avec avantage soumettre les coupes à l'action des teintures, et obtenir des colorations nucléaires»

White {Joum, Boy. Mie. Soc.j 1891, p. 307) prend des coupes d'une épaisseur moyenne, laites par Tune ou Tautre des méthodes ci-dessus, et les met pour plusieurs jours dans une solution peu épaisse de collodion contenant de la fuchsine en solution, et après cela dans l'alcool pour durcir le collodion. On les réduit ensuite par usure à laûnesse désirée, et on monte, en ayant soin d'en tenir la surface supérieure au sec, dans du baume dur. Les lacunes, les canallculi et les tubuli de la dentine se montrent infiltrés , par le collodion coloré.

740. — Vivante {Intem. Monatssehr.j IX, 1892, p. 394 ; Zeit. f. wiss. Mik.y IX, 3, 1893| p, 351) a trouvé que des portions minces d'os frais peuvent être imprégnées par le procédé au bichromate d*argent de Golgi. Il prend des os frontaux de Veaux de quatre à six mois. Ces os n'ont pas plus de 3 à 4 mm. d'épaisseur. Il en met des morceaux pour huit jours dans la solution de Millier, puis dans le mélange osmique et le bain d'arge&L Après imprégnation il faut décalcifler les pièces, ce qui se fait en les mettant pour vingt jours dans le mélange de von Ebner (solution de chlorure de sodium à 10 ou 15 p. 100 additionnée de 1 à 3 p. 100 d'acide chlorhydrique). Bien laver dans l'eau, traiter par une solution de carbonate de soude, et faire l'inclusion à la paraffine*

Autre méthode de Vivante. — Fixer les pièces pendant cinq à six jours dans le mélange de Flemming; laver, décalcifier dans le mélange de TON Ebner ; laver, traiter par le* carbonate de soude; enrober à la paraffine. Colorer les coupes pour une heure dans une solution de bleu de quinoléine à 0,2 p. 100. Laver à l'alcool à 50 p. 100 ; eau pure, sécher dans une étuve à 40* C. (il faut éviter l'alcool, et la glycérine aussi) ; essence de bergamote, damar. Sgiiaffer (loc, cit.) dit qu'on obtient aussi de beUes images en montant des coupes ainsi colorées dans l'acétate de potasse.

741. Os décalcifiés (Flemming, Zeit. f. wiss. Mik., 1886, p. 47). •-* Le procédé de la préparation par usure de coupes d'os non décalcifiés étant toujours délicat et souvent nécessairement très long, Flemming a imaginé une méthode très expéditive permettant de préparer des coupes d'os décalcifié démontrant les lacunes et les canalîcules remplis d'air comme dans les coupes faites par usure sur l'os desséché. On fait au rasoir des coupes d'os décalcifié ; on les imbibe d'eau on les porte dans Teau sur une plaque de verre, et on les. y étale ; on enlève Texcès d'eau avec du papier buvard, on les recouvre d'une deuxième plaque de verre pour les empêcher de s'enrouler ; on porte le tout dans une assiette et on verse de l'alcool dessus. Après une demi-heure, les coupes se trouvent fixées dans la position aplatie, et l'on peut les transporter dans un flacon d'alcool absolu où on peut

les conserver indéfiniment sans qu'elles s'enroulent. Pour les monter, on les lave à Talcool frais, suivi, si Ton veut, d'éther ; on les étale de nouveau sur une plaque de verre, on les recouvre d'une double couche de papier buvard et d'une plaque de verre un peu pesante, et on les laisse sécher pendant un jour à l'air ou à la chaleur douce d'une étuve. Quand elles sont sèches, on les monte au baume chaud, de la manière suivante. On dépose une goutte de baume fondu sur un porte-objet, et on la laisse s'étaler, puis refroidir. On dépose et on laisse refroidir de même une goutte de baume sur le verre à couvrir. On pose la coupe à monter sur la couche de baume préparée sur le porte-objet, on la couvre du verre à couvrir préparé, on assujettit le verre à couvrir avec une petite pince, et Ton chauffe jusqu'à ce que le baume soit fondu. On obtient ainsi facilement des préparations dans lesquelles le système lacunaire, sans être entièrement injecté d'air dans toutes ses parties, offre cependant dans les endroits les plus réussis des images tout aussi instructives que celles des meilleures préparations faites par usure sur l'os desséché.

742. Coloration de Tos décalcifié et du cartilage. — Outre lOi purpurine et les autres colorants ordinaires qu'on trouvera indiqués dans le Traité de Ran\ier, nous indiquons les suivants :

hei sa franine (Bouma, Centralb. f. d, med. Wiss., 4883, p. 866). — Bouma emploie la safranine en solution aqueuse de 1/2000 ; il lave les coupes après coloration à l'eau pure ou acidulée. Le tissu osseux et conjonctif se colore en rouge, le cartilage en jaune par suite d'une combinaison chimique de la safranine avec la chondromucine.

Le violet daniline (Baumgarten, Med. Centralb,, 4876, p. 657; Zeit. f, wiss. Mik., 4884, p. 377). — Colorer des coupes pendant dix minutes.

Puis d'autres méthodes qu'on trouvera exposées avec le détail nécessaire par Scuaffer, dans Zeit, f, wiss, Mik., V, 1, 4888, p. 4, etX, 2,4893, p. 467.211.

743. Ligne d'ossification. Origine des corpuscules sanguins rouges (Bayerl, Arch. f. mik. Ànat,, 4885, p. 35). — On prend des portions de cartilage en voie d'ossification et on les décalcifie dans un mélange à parties égales d'acide chlorhydrique à 4 p. 400 et d'acide chromique à 3 p. 400. On les lave à l'eau pendant plusieurs jours, on les déshydrate, on enrobe à la paraffine, et on débite en coupes. Puis on colore dans le mélange de carmin au borax

432 CHAPITRE XXXU

et de carmin d*indîgo de Merkel (n<> 234), et l'on monte au baume. La matrice du cartilage et celle du tissu osseux sont colorées en bleu, les cellules en rouge, et, ce qui est très important, les corpuscules sanguins rouges sont colorés en un vert pomme tout à fait caractéristique*

Max Flesch {Zeit, f. wiss. Mik.^ 1885, p. 351) recommande particulièrement ce procédé pour Tétude du développement des dents.

MoERNER (Skandinavisches Arch. f, Phys,, I, 1889, p. 216 ; Zeit. f, wiss, Mik., VI, 4, 1889, p. 508) donne plusieurs méthodes pour la coloration du cartilage trachéal, surtout à titre de réactions microchimiques :

i^ Colorations pour les trabécules (c Balkennetz »). (a) Coupes mises pour une demi-heure dans une solution aqueuse concentrée de Tropœoline 000 numéro 2 (de Schuchardt), et décolorées dans Teau jusqu'à ce qu'il ne reste plus de coloré que les trabécules. (b) Colorer pendant quelques minutes dans une solution aqueuse concentrée de suliladigotate de potasse (pas de soude) et décolorer comme ci-dessus ;

2^ Colorations pour c Chondrinballen > (nids de cellules-cartilage) :

(a) Colorer peodant une demi-minute à une minute dans une solution aqueuse de violet de méthyle à 0,15 p. 100, rincer à Teau, et décolorer dans Tacidc acétique à 10 p. 100 jusqu'à ce que les trabécules soient décolorées. Les c Chondrinballen » se montrent en bleu sur un fond incolore.

(b) Colorer comme ci-dessus, mais avec du rouge d'aniline à 0,15 p. 100, et décolorer de même.

3^ Méthodes combinées : (a) Colorer comme dans la, puis comme 2a, déshydrater rapidement, et éclaicir à l'essence de girofle, (b) Colorer comme 16, puis comme 3a, mais en prenant le rouge d'aniline au lieu du violet de méthyle.

A consulter, une critique de ces méthodes par Wolters dans Arch. f. mik, AnaL, XXXVII, 1891, p. 492 {Zeit. f. wiss. Mik., VIII, 3, 1891, p. 383), aussi la Gewebelehre de Scuiefferdecker, p. 331.

Zschokke [Zeit. f. wiss. Mik,, X, 3, 1893, p. 391) loue beaucoup (pour l'étude de la ligne d'ossilication) la coloration par une solution aqueuse de benzoazurine. Le cartilage est incolore, le tissu conjonctif et les noyaux sont bleus, et les ostéoblastes rouges.

Page 1