‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 124 sur 138 · MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES

757. Fixation des Mollusques. — Il y a deux groupes de Mollusques dont les espèces peuvent offrir quelques difScultés à regard de la fixation ; ce sont les Lamellibranches et les Gastéropodes.

Les Lamellibranches, lorsqu'on les sort de Teau pour les plonger dans un liquide fixateur, retirent leurs siphons et leur pied, ferment leurs valves et meurent en état de contraction. Si ensuite on emploie la force pour ouvrir la coquille, on risque de déchirer le manteau et Ton trouve qu'il est à peu près impossible de faire étaler le pied et les siphons. De Castellarnau [La Estacion Zoologica de Napoles, elc, Madrid, 1883) recommande de les faire mourir par la méthode d'ËisiG en ajoutant goutte à goutte, à la surface de Teau où ils se trouvent, soit de Talcool, soit le mélange d'alcool, glycérine et eau de mer de Salvatore Lo Bungo dont nous avons donné la composition au numéro 19. Il faut avoir soin d'ajouter Talcool ou le mélange irès graduellement, en versant très peu à la. fois, et de ne pas agiter l'eau où les animaux se trouvent ; car il est nécessaire que la diffusion de l'alcool s'opère avec une grande lenteur. L'opération peut durer plusieurs heures, mais on obtient de bons résultats. Les animaux, avant de mourir, entrent dans un état de stupeur qui leur ôte la faculté de se contracter ; ils étendent, au contraire, largement leur pied, leurs siphons^ leurs branchies et leurs tentacules, et meurent avec la coquille ouverte. Du reste, une fois l'insensibilité établie, on peut les tuer dans la position étalée en les jetant dans l'acide picrosulfurique ou un autre fixateur rapide.

Les n)émes procédés donnent quelquefois de bons résultats pour

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es Gastéropodes. Nous avons indiqué, au numéro 27, la manière de faire mourir les Pulmonés dans l'eau privée d'air.

La quantité énorme de mucus qui existe dans les couches tégumentaires des Gastéropodes est souvent un obstacle à la préparation. Pour se débarrasser de cette substance on pourra, dans certains cas, suivre les indications de v. MARaii(i4rcA. f. mik, Anat.y 1867," p. 204), qui a trouvé que si Ton jette une Limax vivante dans de la solution de sel, d'une concentration moyenne, l'animal se débarrassera de quantités énormes de mucus, et mourra en quelques heures.

758. Injection des Acéphales (Flemming, Arch, f, mik. Anat.^ 1878, p. 25i). — Pour tuer les animaux, il faut les faire geler dans un mélange de glace et de sel de cuisine et les mettre pendant une demi-heure dans de l'eau tiède. Au bout de ce temps, on les trouvera morts, et dans un état propre à l'injection. Le traitement par le chloroforme ou l'éther ne donne pas de bons résultats. On peut attacher la canule dans le cœur ; mais il reste toujours la difficulté de fermer les vaisseaux qu'on peut avoir coupés et qu'il est impossible délier. A cette fin, après avoir posé et lié la canule dans le cœur, on remplit et on couvre tout l'animal de plâtre. Aussitôt que le plâtre est pris, on peut pousser l'injection.

759. Yeux de Gastéropodes (Flemming, Arch. f. mik. Anat.. 1870, p. 441). — Le problème est ici d'obtenir l'exsertion de l'œil, car il est impossible d'enlever le pédoncule sur un animal vivant sans qu'il se rétracte au moins en partie. Il faut enlever le pédoncule par un coup de ciseaux rapide, donné près de la base ; ne pas s'inquiéter de l'invagination de l'œil qui aura certainement lieu, mais jeter le tout dans de l'acide chromique dilué, ou dans du bichromate de potasse à 4 p. 100 ; après quelque temps le pédoncule s'étendra et l'œil restera évaginé dans la position normale. On peut alors durcir dans le bichromate, l'acide osmique à 1 p. 100, ou l'alcool. Carrière {ZooL Anzeig.^ 1886, p. 231) procède comme suit : Enlever l'œil avec le bout du tentacule, et fixer en l'exposant pendant quelques minutes aux vapeurs d'osmium. Faire des coupes selon les procédés connus. Les coller sur le porte-objet avec le collodion de Schaellibaum. Les colorer par le picro-carmiu ; ou bien les dépigmenter en les traitant très soigneusement par l'eau de Javelle très diluée^ puis colorer au picro-carmin. Carrière n'a pu réussir la dépigmentation que chez V Hélix pomatia ; il a échoué chez les Prosobranches. Lorsque l'opération est bien réussie, les tissus se montrent parfaitement conservés. Monter au damar.

760. Yeux des Ghitonides (Moseley, Quart, Joum, Mie. Sc.^ 1885, p. 40). — Moseley employait principalement des coupes à travers des coquilles décalcifiées. Après avoir essayé bon nombre des méthodes préconisées de décalcification lente, il est arrivé à ce résultat que, sous tous les rapports, la décalcification rapide par l'acide nitrique est à préférer. Il place les fragments de coquille, dont les tissus ont été d'abord durcis dans Tacool fort, dans 100 à 200 ce. d'eau distillée, et il ajoute goutte à goutte de Tacide nitrique concentré jusqu'à ce qu'il se produise un dégagement énergique de gaz, ce qui arrive en général lorsqu'on a ajouté à Teau 3 à 4 p. 100 d'acide. Si la décalcification n'est pas complète au bout de douze heures, on transporte les objets dans une nouvelle quantité d'eau distillée, et l'on recommence la décalcification.

761. Yeux de Pecten, etc., voir Patten, Mitth. Zool, Stat, NeapeL, VI, 4, 1886, p. 733.

762. Yeux des Céphalopodes (Grenacder, AbhandL d. naiurf. Ges. Halle a. S., XVI; Zeit. f. wiss. Mik., 1885, p. 244). — Fixer dans l'acide picro-sulfurique ; ou dans une solution saturée de sublimé dans l'acide picro-sulfurique ; ce dernier réactif se montre surtout utile pour Oetopus, Eledone, et Sepia^ mais ne réussit pas avec les formes pélagiques [Loligo^ Ommatostrephes, Rossia). Dépigmentation par l'acide chlorhydrique, au lieu de l'acide nitrique dont Grenacher s'était servi dans ses recherches antérieures. Il recommande aussi le mélange numéro 547. On peut aussi combiner la dépigmentation avec la coloration au carmin; on colore par le carmin boracique et on décolore dans le mélange cité; le pigment est enlevé à la décoloration plus rapidement que le carmin. Mais ce procédé demande plus d'habitude. On peut entreprendre la dépigmentation sur des coupes, mais il vaut mieux la faire sur des fragments de rétine de 2 à 5 millimètres d'épaisseur. Monter les préparations dans l'huile de ricin (voyez n*' 407).

Pour les yeux d'Hétéropodes, Grenacher emploie des méthodes semblables.

763. Epithélium cilié (Engelmann, Pflilger's Areh., 1880, p. 505 et suiv.). — Intestin de Cyclas eornea. Macération dans l'acide osmique à 0,2 p. 100 (après avoir chauffé l'animal pendant quelque temps à 45 ou 50^ C), ou bien macération dans l'acide borique concentré. Pour démontrer la couche bacillaire, faire macérer dans l'al-

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cool au tiers, dans le liquide de Mûller, l'acide borique ou Tacide salicylique. Les prolongements intra-cellulaires des cils peuvent être isolés, par la dissociation avec des aiguilles, de répithélium frais de l'inlesUn d*un Lamellibranche (Anodonte, par exemple) dans du bichromate de potasse à 4 p. 100 ou dans la solution de sel de cuisine à 10 p. 100. Pour obtenir de bonnes images de cet appareil insUu dans k corps des cellules, faire macérer pendant pas plu§ d'une heure dans une solution concentrée d'acide borique ou salicylique. On peut aussi employer l'acide osmique très dilué, par exemple à 0/1 p, 100. Les cellules latérales des branchies se laissent traiter facilement par une solution saturée d'acide borique allongée d'un cinquième d'eau.

Engelmann recommande beaucoup pour ces recherches, qui sont extrêmement délicates, l'éclairage par la lumière verte, qui est plus favorable à la définition microscopique que la lumière ordinaire (voyez Lamansky; Arch. f, Ophthalm., 1871, p. 123).

Nous ne saurions trop recommander l'étude de ce mémoire d'Engeknann, qui est un modèle de technique intelligente et ingénieuse.

Mélange macérateur de Brock, numéro 508.

Mélange de Môbius, numéro 509.

Mélange de Bêla Haller, numéro 513.

Pattbn {Mitlh, zool. Stat. Neapel) loue beaucoup pour les macérations une solution de 40 gouttes d'acide sulfurique dans 50 gouttes deau.

764. Coquille. — On peut étudier des tranches minces de coquille non décalcifiée, obtenues par les méthodes d'usure connues, ou, ce qui vaudra souvent mieux, par la méthode à la colophane de ëdren- BAUM, que nous avons décrite au numéro 306. Pour les coupes de coquille décalcifiée, Moseley, qui a eu beaucoup d'expérience de ce genre de travaux, recommande avant tout le procédé de décalcificalion que nous avons décrit plus haut (n® 760).

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