‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 125 sur 138 · ARTHROPODES · texte numérisé non relu

ARTHROPODES

765. Méthodes normales pour les Arthropodes. — D'après notre expérience, nous sommes conduit à admettre que les méthodes recomaiandées par Paul Mayer méritent la préférence sur toutes les autres comme méthodes normales pour l'étude des Arthropodes et de tous les organismes chitineux. Il est absolument nécessaire pour

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ces sortes d'objets de faire usage, dans toutes les opérations de fixation, de coloration et de lavage, de réactifs ayant la plus grande puissance de pénétration qu'il soit possible d'obtenir. Nous récommandons donc de fixer en général avec Tacide picro-sulfurique {concentré) à moins qu'il n'y ait des raisons spéciales pour préférer l'acide picronitrique ou l'acide picro-chlorhydrique ; de laver par l'alcool à 70° ou plus fort, jamais plus faible ; et de colorer par une teinture alcoolique : Paracarmin, teinture de cochenille (l'ancienne formule étant souvent à préférer), carmin alcoolique à Tacide chlorhydrique, hsemacalcium.

Certaines formes peuvent bien se fixer par le sublimé. Ce réactif peut, par exemple, être souvent employé avec avantage pour des Gopépodes, pour des larves de Décapodes, etc. Quelques Copépodes cependant {Copilia, Sapphirina) se laissent beaucoup mieux conserver par l'acide osmique (faible) ; et il en est de même pour les Ostracodes. Dans bien des cas, le traitement par l'acide osmique fournit une différenciation suffisante des éléments des tissus, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une coloration ultérieure {Copilia, Phyllosoma).

Rappelons qu'il est souvent avantageux et même nécessaire d'employer les réactifs à chaud, surtout les liquides de fixation et de lavage.

766. Méthodes pour rendre la chitine transparente et perméable (Looss). — Nous avons donné cette méthode au numéro 328.

List (Zeit. /*. wiss. Mik.^ 1886, p. 212) a obtenu de bons résultats avec des Coccides en traitant les animaux (après durcissement) pendant dix-huit à vingt-quatre heures par l'eau de Javelle allongée de 4 volumes d'eau. Après lavage, on peut passer par l'alcool à la paraffine. La chitine est suffisamment ramollie pour permettre de faire de bonnes coupes. On peut colorer en masse avant l'inclusion, si on le «désire.

Méthode de Sazepin, pour les antennes des Chilognathes {Mém. Acad.Imp.Sc. St-Pétershourg, LXXXIl, n« 9, 1884, p. 11-12). — La forte pigmentation de la chitine de ces organes est un grand obstacle à la préparation. Ni la potasse ni l'acide nitrique concentré ne peuvent servir pour l'éloigner. Sazepin prend des antennes déshydratées par l'alcool, et les met dans du chloroforme. La réaction est très lente, la chitine devient moins opaque, mais le pigment ne disparaît pas entièrement. Pour en éloigner les dernières traces, il suf-

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lit d'ajouter alors au chloroforme uae goutte d'acide nitrique fumant, qui les fait entièrement disparaître. Employé de cette manière, Tacide nitrique n'exerce pas d'action nuisible sur les tissus. Il faut agiter de temps à autre le mélange, pour empêcher Tacide de nager à la surface du chloroforme. Il faut vingt-quatre heures pour compléter la réaction.

767. Yeux de Limnle (Lankester et Bourne, Quart. Joum, Mie. Sc.f 1883, p. 180». — Alcool; térébenthine; parafQne; coupes. Dépigmenter les coupes soigneusement, sous le microscope, par Tacide nitrique de 5 à 10 p. 100. Les monter au baume, les unes après coloration par le carmin boracique, les autres sans coloration. Monter aussi de la même manière des coupes non dépigmentées.

768. Taux de Mouche et d'autres Arthropodes ■ Hickson, Quart. Joum. Mie. Se, 1885, p. :243 . — Exposer le crâne, après en avoir enlevé la paroi postérieure, aux vapeurs d'osmium pendant quarante minutes. Laver pendant quelques minutes dans Talcool à 60". Durcir dans Talcool absolu. Faire des coupes. En dépigmenter un certain nombre de la manière suivante : Les coupes sont fixées sur le porte-objet par l'albumine de Mayer ; la paraffine est éloignée par de l'essence de térébenthine, celle-ci est éloignée par de l'alcool absolu, et le porte-objet est renversé au-dessus d'une capsule contenant de Talcool à 90"* auquel on a ajouté quelques gouttes d'acide nitrique fort. Il se produit des vapeurs nilreuses abondantes, et le pigment se dissout. On peut arrêter la réaction au moment voulu en lavant dans l'alcool pur.

Pour les dissociations, mettre l'œil ou le nerf optique pendant vingt-quatre heures dans une solution d'hydrate de chloral à o p. 100, dissocier avec des aiguilles, et monter à la glycérine. Si l'on fixe les tissus dissociés sur le porte-objet par l'albumine de Mayer, on peut les laver à l'alcool et les colorer en place ; on peut aussi les dépigmenter avant de les décolorer. Voyez aussi les numéros 542 à 550.

769. Yeux de Scorpion. — Parker {BulL Mus. Comp. Zool., Cambridge, 1889, p. 173) dit que pour des yeux de Scorpion les solutions usuelles d'acide nitrique à 5 ou 10 p. 100 ne sont pcis assez fortes. Il traite des coupes, collées sur un porte-objet au collodion de Schâllibaum, pendant une minute par une solution d'acide nitrique de 50 p. 100 dans l'alcool ; ou mieux, par une solution à 35 p. 100 d'un mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique à

parties égales dans Talcool. (Pour faire ces solutions, il faut ajouter Tacide lentement à Talcool (et non le contraire) et refroidir le mélange avant de s'en servir.)

Pour les méthodes du même auteur pour les yeux de Homarus, voir op. c//.,XX, 1890, p. 1.

Cf. aussi les méthodes de Vl\llanes, Ann, d, Sci. Nat.^ XIII, 189i, p. 354.

770. Collines de Doyère des Tardigrades (Doykke, Arch. f, mik. Anat,, 1863. p. 105). — On prend une vingtaine d'individus de Milnesium tardigradum (il est bon d'en prendre un certain nombre, car l'expérience ne réussit pas avec tous les individus) ; on les met dans une éprouvette contenant de Teau qui a été privée de son air par TébuUition. On coule à la surface de l'eau une goutte d'huile, de manière à empêcher le contact de l'air extérieur. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures on trouvera les animaux immobilisés dans un état cataleptique ; la circulation aura cessé, le pigment de la cuticule aura disparu ou sera ramassé en des plaques qui ne gênent pas l'observation; tout l'animal sera devenu plus transparent, les nerfs et les muscles se dessineront avec une netteté remarquable. On étudie les animaux dans l'eau qui a été bouillie ; à moins qu'on ne désire étudier les phénomènes de la reviviscence, auquel cas on prend de Teau de source.

771. Phalang^ides (Rcessler, Zeit. /*. loiss. ZooL, 1882, p. 67:2). — Tuer les animanx dans l'eau bouillante; il faut laisser donner plusieurs bouillons à l'eau pour bien coaguler l'albumine des tissus; les passer par l'alcool à 70^, puis à 90^, puis absolu. Inclure par infiltration dans du savon (la préparation de la masse n'est pas indiquée ; voyez n''* ^277 à 280). Colorer les coupes sur porte-objet avec une teinture alcoolique.

Rœssler avait essayé l'inclusion à la paraffine, qui lui avait donné de mauvais résultats à cause de la fragilité des tissus produite par la pénétration par l'essence de térébenthine ou de girofle. Nous pensons que l'essence de bois de cèdre donnerait peut-être de meilleurs résultats.

772. Macrotoma plumbea (Sommer, Inaug, Diss.^ 1884, p. 4 ; Zeit. f. tviss. Mik., 1885, p. 234). — Fixer par l'eau bouillante d'après la méthode de Rœssler pour les Phalangides (n^* 771), et durcir pendant plusieurs heures dans l'acide picro-sulfurique allongé de

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s volumes d*eau. Passer par l*alcool ; colorer par le carmin aluné, ou le <îarmin-borax. Coupes à la paraffine, après pénétration par le chloroforme.

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