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Acide chromo-nitrique avec bichromate de potasse

(Kollmann). — Voyez aux Méthodes embryologiqtces.

53. Mélange chromo-platinique {Solution de Merkel; Merkel, Ueber die Macula lutea, etc., 1870, p. 19 ; — Mitth. ZooL Stat, Neapel, 2, 1881, p. 11). — Ce mélange se compose de volumes égaux d'acide chromique à 1/400 et de chlorure de platine (Pt Cl*) à 1/400,

.soit :

Acide chromique à 1 p. 100 volume.

Chlorure de platine à 1 p. 100 1 —

Eau 6 —

Ce mélange ne pénètre pas avec une très grande rapidité, mais, comme il a une action très douce, on peut y laisser les objets très longtemps. Merkel y laissait des portions de rétine pendant trois ou quatre jours; Eisig y laisse des Annélides pendant trois à cinq heures ; 'Whitman trouve que pour de petites Sangsues il suffît d'une heure.

On lave à l'alcool. Eisig prend l'alcool à 70 degrés ; Whitman celui à 80 degrés. Outre son action très douce, qui fait que cette solution est particulièrement propre à la fixation d'objets délicats, elle a le grand avantage de ne pas gêner les colorations avec les teintures ordinaires, nonobstant la présence de l'acide chromique. Elle rend des services en prévenant le noircissement d'objets qui ont été fixés dans l'osmium (à cette fin, il convient de les laisser plusieurs heures dans la solution).

Durcissement. — Des tissus peuvent rester assez longtemps dans ce liquide pour que nous ayons à le citer parmi les réactifs durcissants. Whitman prend, pour le durcissement des œufs pélagiques de Poissons, un mélange plus fort en acide chromique, dû à Eisig, à ce que nous croyons, à savoir : chlorure de platine, 0,25 p. 100, 1 volume ; et acide chromique, 1 p. 100, 1 volume. Les œufs y restent un ou deux jours.

La solution de Merkel est très recommandable à cause de son action excellente, et parce qu'elle permet d'obtenir de très belles colorations par les procédés ordinaires de teinture progressive.

SELS CUROMIQUES

54. Bichromate de potasse. — Le bichromate de potasse e^t peu employé seul^ comme fixateur. Il a le défaut de pénétrer très lentement et de ne pas conserver les noyaux d'une manière fidèle, mais il est peut-être le plus important de tous les agents durcissants

AGENTS FIXATEURS ET DURCISSANTS ,êM

proprement dits. Ce sel se trouve dans le commerce sous forme de beaux cristaux de couleur orange, parfaitement stables. Il est très soluble dans Teau, mais les solutions ne sont pas parfaiten)ent stables, et (comme celles de Tacide chromique) se détruisent plus ou moins à la lumière et se laissent envahir par des moisissures. 11 est donc bon de les tenir dans Tobscurité et d*y ajouter quelques morceaux de camphre.

On prend pour les durcissements des solutions de 2 à 5 p. dOO. Gomme pour Tacide chromique, il est urgent d'employer d'abord les concentrations faibles, et de passer graduellement aux plus fortes. Il est également important que la quantité de la solution soit très abondante. Le durcissement est extrêmement lent; il faut des semaines pour arriver au degré de consistance qu'on obtient en quelques jours avec l'acide chromique. Mais la consistance qu on obtient est irréprochable, et le procédé a sur celui de l'acide chromique le grand avantage qu'il n'est pas nécessaire de guetter aussi minutieusement le moment où il faut faire cesser la réaction. Les pièces peuvent rester presque indéfiniment dans les solutions sans devenir friables. Nous avons trouvé qu'il faut environ trois semaines pour durcir un œil de Mouton dans des solutions graduellement augmentées de concentration de 2 à 4 p. 100. Pour durcir une moelle d'Homme, il faut trois à six semaines ; pour un cerveau, au moins autant de mois.

A la sortie de la solution, il est urgent de laver les pièces à fond dans l'eau avant de les mettre dans l'alcool. Si l'on néglige cette précaution il se forme un précipité finement granuleux, qui s'attache aux tissus, et dont il est très difficile de se débarrasser en renouvelant l'alcool. (Mais voyez plus haut, § 42.) Si Von veut avoir île belles colorations au carmin^ surtout au carmin à V ammoniaque^ qui est si excellent pour le système neigeux central^ il ne faut pas mettre les tissus dans V alcool; il faut même éviter avec un soinminuUeux tout contact des tissus avec CalcooL A part cela, on peut les conserver dans l'alcool (de 70 à 90 degrés) jusqu'à ce qu'on désire les utiliser.

On peut colorer au carmin ou à l'hématoxyline.

Le traitement par le bichromate communique aux tissus une couleur de rouille qui est très désagréable à l'œil et dont il est impossible de les débarrasser par le lavage à l'eau. On a dit que les pièces peuvent être décolorées par le lavage, pendant quelques minutes, dans une solution à 1 p. 100 d'hydrate de chloral. Nous ne savons à qui cette recommandation est due. Gierke dit que le traitement par

le chiaral empêche la conservation des préparations. On peut les décolorer très rapidement par Taddition de quelques gouttes de solution alcoolique d'anhydride sulfureux SO* (Gilson, in litt.). Voyez au demeurant ce que nous avons dit à ce sujet plus haut, numéro 42.

65. BIchromsitG et sulfate de cuivre. — Liquide de Kultschitzky (ZùiL f. wùu. Mili., IV, 3, 1887, p. 348). Solution saturée de bichromate de potasse et salfate de cuivre dans de Talcool à 50 p. 100 à laquelle on ajoute au momenl de s'en servir un peu d'acide acétique, soit 5 ou 6 gouttes pour 100 ce.

Pour préparer la solution, ajoutez les deux sels en excès à Falcool, et laissez le tout pendant vingt-quatre heures dans V obscurité absolue.

Fixer pendant douze à vingt-quatre heures, également dans V obscurité (sans cela les sels se précipiteraient). Lavez à Talcool fort pendant douze à vingl-quatre heures.

Kullschltzky explique que ce mélange fixe fidèlement l'élément plasmatique des tissus sans provoquer les précipités réticulés des albuminoïdes qu'y produit si souvent Facide chromique (plus haut, n^ 41). Ce serait là le rôle des deux sels. La chromatine des noyaux serait également fixée fidèlement par Tacide organique.

J'ai des doutes sur l'exactitude de cette manière de voir. Le sulfate de cuivre n'est pas ce qu'il y a de meilleur pour les noyaux. S'il ne dissout pas la chromatine, comme le croyait Schwartz, du moins il la prive plus ou moins de son allmité pour les matières colorantes (Halliburton).

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