‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 25 sur 138 · Carmin à l'alun ; Carmin aluné ; Carmin alunique · texte numérisé non relu

Carmin à l'alun ; Carmin aluné ; Carmin alunique

(Grenacher, Arch, f, mik. Anat., XVI, 1879, p. 465). — A une solution aqueuse d'alun de potasse ou d'ammoniaque, d'une concentration de 1 à 5 p. 100, ou de toute autre concentration qu'on préfère, on ajoute 0,5 à 1 p. 100 de carmin en poudre, et l'on fait bouillir pendant dix à vingt minutes. 11 vaut peut-être mieux se servir d'une solution d'alun très concentrée, et, après l'avoir fait bouillir avec le carmin, l'allonger au degré voulu. Après refroidissement, filtrer. (Nous avons l'babitude d'ajouter à notre solution un peu d'acide phé-

* J'ai pu facilement faire mes solutions & froid.

AÏIAT. IIICROSC. a

nique ou un cristal de thymol pour prévenir le développement de moisissures.).

Nous avons déjà dit que le carmin à Talun est, de tous les carmins^ le réactif le plus délicat dans ses résultats. C'est un colorant nucléaire presque absolument pur. En dehors de la chromatine des noyaux, il n'y a guère que les nucléoles et la substance contractile des muscles striés qui s'y colorent. Ce carmin présente le grand avantage qu'on peut laisser les préparations indéfiniment dans les solutions sans crainte de voir se produire des surcolorations. Les colorations sont stables dans le baume et dans la glycérine neutre ; elles le sont moins dans la glycérine acidulée.

Il ne faut pas employer ce colorant pour des objets contenant des éléments calcaires qu'on désire conserver.

Cette teinture a deux défauts : elle colore lentement, et pénètre assez mal. Ce dernier inconvénient peut être écarté par l'emploi du procédé de Henneguy, que nous allons donner.

Des modifications de celte formule, qui nous paraissent peu utiles, ont été proposées par Tizzoni. (Bull. Se. Med. Bologna, 1884, p. 259 ; Jouni. Roy. Mie, Soc, 1885, p. 730) ; Pjsenti (Gazetta degli Ospetali, n'* 24, 1885 ; Zeit. f. wiss. Mik., II, 188o, p. 376); et Grieb (Mem. Soe. liai. Set., t. VI, d® 9, 1887 ; ZeiUf. wiss. Mik., VII, I, 1890, p. 47.)

107. Carmin aluné à l'acide acétique (Henneguy). , — On fait bouillir du carmin en excès dans une solution saturée d'alun de potasse. Après refroidissement, on ajoute 10 p. 100 d'acide acétique cristallisable, et on laisse reposer le mélange pendant plusieurs jours. Il se fait un dépôt de carmin et d'alun ; on Oltre.

Pour colorer les pièces, on les met dans l'eau dislillée, à laquelle on ajoute quelques gouttes de la solution de carmin, de manière à obtenir une teinte rose foncée. Elles restent dans la teinture vingtquatre à quarante-huit heures, selon leur nature ; puis on les lave pendant une heure ou deux dans de l'eau distillée. Il importe d'employer de l'eau distillée, pour éviter la formation de cristaux dans les pièces. On traite ensuite par l'alcool à la manière ordinaire.

L'avantage de ce carmin est d'avoir un pouvoir pénélrant très grand et de colorer également toutes les parties aussi bien profondes que superficielles. Il a l'inconvénient de donner une coloration lilas qui n'est pas agréable à Tœil ; mais on peut rendre la coloration plus rouge en plaçant les pièces lavées dans de l'alcool additionné d'acide chlorhydrique, comme lorsqu'on emploie le carmin au borax.

Les préparations se conservent très bien dans le baume, moins bien dans la glycérine.

Une autre manière d'employer le carmin aluné pour la coloration de pièces volumineuses est celle qui m'a été communiquée par Zoltan von RoBOZ (solution très allongée de carmin aluné additionnée de quelques gouttes de solution faible d'acide osmique).

Ce procédé donne des colorations superbes, mais j'en supprime les détails, parce qu'il est assez difficile à régler avec exactitude, et parce qu'on arrive à peu près aux mêmes résultats, et avec une complète certitude, par le Carmalun, ou par le procédé de Flenneguy.

108. Cochenille à Talun (Partsch, Arch. f, mik. Anat,, XIV, 1877, p. 100). — Faire bouillir de la cochenille avec une solution d*alun à S p. 100, filtrer, et ajouter un peu d'acide salicylique pour prévenir le développement de moisissures.

Une autre formule a été donnée par Czokor {Arch. f, mik. Anal,, XVIII,

Les deux formules de Partsch et de Czokor ont été soigneusement étudiées par Paul Mayer {Mùlh. SlaL Zool. Neapel., X, 3, 1892, p. 496), qui trouve que celle de P.aBtscii est la plus rationnelle. Elle contient la bonne proportion d'alun, tandis que la formule de Czokor n'en contient pas assez. Aussi la solution de Partsch se conserve mieux ; celle de Czokor précipite volontiers.

Le mode de préparation conseillé par Rabl, leit. f. wiss. Mik., Xï, 2, 1894, p. 168, n'est qu'une modification insignifiante de celui de Czokor.

Ces deux formules fonrnissent une teinture de la plus haute précision. La chromatine des noyaux se colore en bleu, d'autres éléments prennent des teintes rouges diverses, ce qui produit reffet d'une coloration double. Ces solutions colorent en un temps plus ou moins long des tissus qui ont subi n'importe quel genre de préparation préalable. Des tissus préparés par l'alcool se colorent en trois à quatre minutes; ceux qui ont été préparés par l'acide chromique demandent trois à cinq heures.

Ces solutions sont peut-être supérieures comme richesse de coloration au carmin à l'alun. Nous ne saurions dire si les colorations sont également stables. Il faut en tout cas éviter les milieux acides, et monter dans la glycérine neutre ou, ce qui est mieux, dans le baume.

109. Carmins picro-alunés. — Les préparations faites au carmin aluné peuvent être traite'es après coup par Tacide picrique, et fournir ainsi des colorations doubles qui sont quelquefois très utiles. Légal combine les deux teintures, en raison de dix volumes de carmin à l'alun et un volume de solution saturée d'acide picrique [Morphol. Jahrh,^ VIII Bd., p. 353.) On peut en agir ainsi avec n'importe lequel des carmins alunés que nous venons de passer en revue. Les résultats sont quelquefois fort beaux.

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110. Carmin acétique (Schneider, ZooL Anzeig., 1880, p. 254). — On fait bouillir une solution d'acide acétique d'une concentration de 45 p. 100, et Ton ajoute du carmin jusqu'à ce qu'il ne s'en dissolve plus ; puis on filtre. (C'est, à ce que dit Schneider, à la concentration de 45 p. 100 que l'acide acétique dissout la plus grande proportion de carmin.)

Pour s'en servir, on peut ajouter une goutte de la solution concentrée à des objets frais placés sur le porte-objets : c'est la méthode dont Flemming s'est servi dans ses importantes recherches sur la fécondation de l'œuf des Ëchinides. Ou bien on peut se servir d'une solution diluée à 1 p. 100, pour la coloration lente.

Ce réactif a ceci de particulier, qu'il fixe en même temps qu'il colore. La solution est extrêmement pénétrante, fixe bien pour un certain temps (mais seulement pour un certain temps) et peut ainsi servir pour l'élude d'objets frais. Coloration nucléaire. Malheureusement les préparations ne se conservent pas.

Ce carmin a rendu des services autrefois comme fixateur colorant. Je pense qu'aujourd'hui il vaut infiniment mieux s'adresser pour cela au vert de méthyle acide.

110 bis. Carmin acéto-ferrique de Zacharias (Zool. Anz.y n<> 440, 1894, p. 62).

Acide acétique dil. à 3 p. 100 150 à 200 gr.

Carmin 1 —

Faire bouillir en remuant continuellement pendant 20 minutes, laisser refroidir et filtrer plusieurs fois. Colorer pendant plusieurs heures, 6 à 24 ou plus. Rincer à Tacide acétique dilué, et mettre (il faut éviter de toucher les objets avec des instruments métalliques) dans une solution à 1 p. 100 de citrate de fer ammoniacal (c'est bien le Ferriet AmmonimCitras des pharmacies). On peut y laisser les objets jusqu'à 2 ou 3 heures. Ils y prennent une teinte noire (pour les coupes, c'est une teinte grise, qui arrive déjà au bout de quelques minutes). Il ne faut pas prolonger le séjour dans la solution de sel de fer au delà du temps nécessaire, car les surcoloralions sont à craindre. On lave pendant plusieurs heures à l'eau distillée, on déshydrate, on éclaircit (Zacharias se sert pour cela de créosote), et on monte au baume.

Après essai, je pense que celte méthode pourra bien rendre des services dans certains cas. L'eflet générai est plutôt celui du Kernschwarz que de l'hématoxyline, à laquelle Zacharias a comparé son colorant. Lachromatine est bleuâtre (franchement bleue à l'état kinétique), les éléments plasmatiques brunâtres. J'engage l'observateur à ne pas se laisser rebuter par l'aspect peu esthétique des préparations. On observera que ce procédé a l'avantage de pouvoir s'appliquer à la coloration d'o6;'e/s entiers. (M. le D'Paul Mayer me fait observer qu'il faut que les objets soient j^e^eïs, sans cela le sel de fer envahit tout.)

Au point de vue surtout de la coloration plasmatigtce^ j'estime que c'est une méthode sérieuse. Je n'en connais guère qui démontrent aussi bien les fuseaux karyokinétiques.

Comme me Ta fait observer M. le D*" Paul Mayer, on obtient le même effet en traitant par Je sel de fer après coloration par le Garmalun. Après un essai comparatif des deux carmins, je pense que celui de Zacharias est superflu, mais que son procédé constitue une manière de faire virer les préparations au Garmalun qui peut souvent avoir son utilité pour l'étude des éléments plasmatiques.

b. Solutions alcalines ou neutralisées.

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