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Le c pioro-oarminate d'ammoniaque », ou picro-oarminest

un réactif qui possède certaines qualités importantes. Il ne nuit guère aux tissus les plus délicats ; et, quand il est bien préparé, il donne des colorations assez précises. Malheureusement la préparation en est toujours incertaine, à cause de la difficulté que présentent le dosage des ingrédients et la détermination du point exact de neutralisation. Les solutions sont passablement stables* ; et les colorations sont parfaitement permanentes, soit dans le baume, soit dans la glycérine, à condition cependant que la glycérine soit acidulée avec 1 p. 100 environ d'acide acétique, ou d'acide formique (ce qui est mieux).

Dans une bonne préparation au picro-carmin, les noyaux doivent être d'un beau rouge, le cytoplasme orange. On peut facilement corriger les surcolorations ou les colorations diffuses en lavant à l'acide chlorhydrique. On peut prendre à cette fm le mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool dont on se sert pour décolorer les pièces qui ont été colorées par le carmin au borax ; ou bien on peut avec avantage employer un mélange de glycérine et de HCl (jusqu'à 0,5 p. 100).

Ce n'est point selon nous dans la coloration double que fournit le picrocarmin qu'il faut voir la valeur essentielle de ce réactif. C'est plutôt en ce qu'il est assez inoffensif pour les cellules, et en conserve bien les formes, tout en donnant lieu à une légère macération. 11 est souvent fort utile pour produire en même temps la macération et la coloration. Grâce à l'action conservatrice de l'acide picrique, on peut souvent laisser les pièces fort longtemps dans la teinture sans inconvénient.

J'ai essayé bon nombre des formules de préparation citées ci-dessous. ■ Aucune ne m'a paru avoir des avantages réels sur les autres.

112. Picro-carmin (Ranvier, Traité technique d'Histologie^ p. 100). — Dans une solution saturée d'acide picrique, on verse du carmin dissous dans l'ammoniaque, jusqu'à saturation; puis on évapore dans une étuve. Après réduction des quatre cinquièmes, la liqueur refroidie abandonne un dépôt, peu riche en carmin, qui est séparé par flltration. Les eaux mères

* Il est cependant bon d'y ajouter un antiseptique pour prévenir le développement de moisissures. On peut employer à cet effet l'hydrate de chloral (l p. 100/, ou l'acide phénlque.

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évaporées donnent le picro-carminate solide sous la iorme d*une poudre cristalline de la couleur de Focre rouge. Cette poudre doit se dissoudre entièrement dans Teau distillée ; une solution au centième est la plus convenable.

Ce mode de préparation ne donnant nullement toujours un produit constant, Vignal recommande le suivant :

113. Picro-cannin. Mode de préparation employé dans le laboratoire d*Histologie du Collège de France. — Nous devons la formule suivante à l'obligeance de M. Vignal ;

Eau 1,000

Acide picrique 20

Carmin 10

Ammoniaque 50

Mettre dans un flacon bouché et laisser pendant deux ou trois mois dans un endroit chaud. Puis laisser pourrir dans un grand cristallisoir; lorsque le liquide est évaporé jusqu'à ne plus occuper que les 4/5 du volume primitif, enlever les cristaux d'acide picrique qui sont au fond du vase. Laisser sécher, puis dissoudre dans un peu d'eau chaude. Filtrer et examiner au microscope si le carmjn est bien dissous. Dans le cas où il ne l'est pas, ajouter de l'eau et de l'ammoniaque et laisser pourrir de nouveau ; puis refaire la même opération que précédemment.

Lorsque le carmin est combiné, faire sécher la liqueur à Tétuve et la réduire en poudre.

Un gramme de poudre dissous à chaud dans 100 grammes d'eau donne le picro-carmin. On y ajoute un petit cristal de thymol au moment où l'on fait dissoudre la poudre, pour éviter le développement des moisissures.

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