LUTS ET VERNIS
410. Choix d'un lut ou d'un vernis. — Les luis servent à maînfenîr solidement en place les cellules et les verres à couvrir, et à empêcher le contact entre le liquide d'inclusion et Tair; on leur demande surtout une grande puissance d'adhésion au verre. Les vernis servent à fermer encore plus hermétiquement les bordures, et à proléger le lut lui-même contre Tinfluence désintégrante de Tair et contre les liquides employés avec les objectifs à immersion.
Avec Garpenter nous ferons observer que les luis ne doivent jamais contenir aucun mélange de particules solides ; car les luis qui en contiennent peuvent avoir beaucoup d*adhésion au début, mais deviennent toujours poreux tôt ou lard, et laissent sortir le liquide d'inclusion et entrer Tair.
Behrens (Zeit. f. wiss. Mik., II, 1888, p. 84) a fait des expériences suivies sur la solidité des luts usuels, et il est arrivé à la conclusion que les luts qui montrent le plus de ténacité sont ceux qui sèchent le plus lentement ; les luis qui sèchent vile ont le défaut de devenir cassants. 11 est donc bon d'éviter les luts et les vernis dont le menstrue est un corps très volatil, comme le chloroforme, Téther, Talcool ou la benzine. Nous devons dire cependant que nous pensons qu'on fera bien de ne pas prendre celte généralisation trop à la lettre ; car l'un des meilleurs luis qui nous soient connus est certainement le mastic de Bell, dont le menstrue parait être, en partie du moins, l'éther.
Dans le tableau suivant nous donnons les résultats des expériences d'Au- BERT (Amer, Mon, Mie. Joum., 1885, p. 22T ;Joum, Boy. Mie. 5oc., 1886, p. 173) sur la puissance d'adhésion de divers mastics :
Mastic au caoutchouc, de Miller 1000
Mastic de Bell 735
Baume de Canada 664
Mastic de Lovell (Joum, Roy. Mie. Soc.^ 1883, p. 780 ... 626
Styrax d'Amérique 575
Mastic de Kin^ 532
« Gold size » 395
Glu marine (en solution) 304
« Zinc white cernent » 241
Le c gold size > employé aurait donné des résultats plus satisfaisants s*il avait été convenablement durci.
A consulter aussi. — Aubert, The MicroscopSy XI, 1891, p. 150 ; Journ. Roy. Mie. Soc.^ 1891, p. 692 ; Beck, The Microscope, XI, 1891, p. 338, 368, et Journ. Roy. Mie. Soe., 1892, p. 293; et la dernière éd. des Tabellen de Behrens (Bruhn, Braunschweig, 1892).
411. Manière de luter les préparations faites dans les milieux liquides. — La manière la plus sûre de fermer une préparation montée, par exemple, dans la glycérine, est la suivante. Avec une paire d'emporte-pièce d*acier nous découpons des anneaux de papier d'environ un millimètre de largeur. On choisit un de ces anneaux, d'une dimension correspondant à celle du verre à couvrir einplo3'é ; il est bon que Tanneau ait un diamètre d'un millimètre de moins que celui du verre à couvrir. On pose l'anneau, humecté avec un peu du liquide d'inclusion, sur le porte-objet ; on remplit de liquide d'inclusion la cellule ainsi formée ; on y introduit l'objet ; on pose le verre à couvrir, qui doit dépasser d'un demi-millimètre l'anneau de papier ; on remplit de gelée à la glycérine la rigole circulaire formée par le débordement du verre à couvrir ; et aussitôt que la gelée s'est solidifiée on applique avec une tournelte une bordure de lut ou de vernis.
Il va sans dire qu'on ne peut pas toujours employer des cellules de papier; mais, suivant nous, il est essentiel d'employer toujours la bordure préliminaire de gelée à la glycérine.
412. Lut à la gélatine (Marsh, Seetion Cutting, p. 104). — On fait ramollir dans l'eau 18 grammes de gélatine, on fait fondre, ou ajoute 3 gouttes de créosote, et l'on conserve dans un flacon bouché. Pour s'en servir, on la fait fondre.
Après avoir appliqué une bordure de cette gélaline, on peut, ou bien appliquer une bordure d'un autre lut ou vernis, ou bien procéder ainsi : on attend que la gélatine se soit solidifiée ; puis on la badigeonne avec une solution à 2 p. 100 de bichromate de potasse