‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 88 sur 138 · AUTRES MASSES · texte numérisé non relu

AUTRES MASSES

491. Asphalte à la benzine (Rudge, Arch. /*. mik. Anal,, 1877, p. 70). — On verse de la benzine sur de Tasphaltc, dont il faut prendre une quantité considérable, et on laisse reposer plusieurs jours. Avant dinjecler, on ajoute 1/3 à 1/2 volume de benzine et Ton filtre. On peut aussi employer le chloroforme ou Tessence de térébenthine comme dissolvant.

Pour l'injection des canalicules du cartilage par piqûre, ou autrement.

492. Gomme-laque (Hoyer, Arch. /". mik. AnaL, 1876, p. 645). — On met une certaine quantité de gomme-laque dans un flacon à large goulot et Ton ajoute assez d'alcool à 80 p. 100 environ pour la couvrir. On laisse pendant vingt-quatre heures et Ton chauffe au bain-marie jusqu'à dissolulion complète. Après refroidissement, on allonge avec de Falcool, si cela (tarait nécessaire, et Ton passe à travers de la mousseline. On colore la masse avec des couleurs à Taniline en solution alcoolique concentrée, ou avec des matières colorantes granuleuses suspendues dans Falcool.

Celte masse n'est pas attaquée par Tacide chlorhydrique, par suite elle est applicable aux préparations par voie de corrosion.

493. Autres masses. Couleurs à Thuile. Térébenthine. Cire à cacheter. — Voyez Robin, Trailéy p. 23. — Empois d'amidon (Pansch). — Pour cette masse, d'un emploi plutôt macroscopique, voyez Arch. f. Anal. u. Entw., 1877, p. 480-2; 1881, p. 76; 1880, p. 232, 371 ; 1882, p. 60; 1883, p. 265. — Masses à l'huile de lin (Teiciimann). — Voyez S. B, Math. Kl. Krakau Akad., VII, p. 108, io8; et Journ. Roy. Mie. Soc.y 1882, p. 125 et 716. — Axonge. Blanc de baleine. — Voyez Robin, Trailé, p. 23. — Cire et huile. — Voyez Griesbacu, Arch. f. mik. Anal., 1882, p. 824-7.

494. Injections naturelles (Robin, Traité, p. 6). — Pour conserver les organes injectés naturellement par stase sanguine. Robin conseille de les jeter dans un liquide composé de :

Perchlorure de fer liquide 10 parties.

Eau 100 —

Retterer {Jowm. de VAnat., XXX, 1894, p. 336) emploie la solution de Miiller, et y laisse les objets pendant vingt-quatre heures, fait des coupes à la paraffine et colore dans le mélange Ehriich-Bioudi.

DÉCALCIFICATION, DÉSILICIFIG ATION ET DËPIGMENT ATION

495. Procédés de macération. — Pour faciliter la dissociation des éléaients histologiques, il y a souvent utilité à traiter les tissus par des agents c macérateurs >. Ce sont des réactifs qui ont la propriété de ramollir et môme de détruire entièrement certains éléments — généralement les substances intercellulaires — tout en maintenant Tintégrité des formes des éléments qu*on désire isoler pour l'étude. Les tissus ayant été exposés à Taction d'un agent macérateur approprié, on achève la dissociation par des moyens mécaniques. On dilacère avec des aiguilles ; ou Ton agite les pièces dans une éprouvette avec un peu de liquide ; ou bien on met en œuvre le procédé de désagrégation par chocs répétés. A cette fln, on met sur un porte-objet la portion de tissu à dissocier, dans une goutte de liquide, et on le couvre d'une lamelle soutenue par quatre petits pieds formés de boulettes de cire molle ou d'un mélange de cire et de térébenthine. En frappant à petits coups secs sur la lamelle, on amène à la longue, quelquefois même assez rapidement, la désagrégation des tissus. Cette méthode, si simple en apparence, est souvent plus efficace qu'aucune autre.

496. Sérum iodé. — ,Nous avons donné la préparation de ce réactif au numéro 353. Voici les instructions de Ranvier sur la manière de l'employer pour les macérations.

On prend un fragment de tissu d'un volume inférieur à celui d'un pois, et on le place dans un flacon bien bouché avec 4 ou S ce. de sérum faiblement iodé ; généralement dès le lendemain on peut pra-

tiquer la dissociation par l'un des moyens indiqués plus haut. Si le tissu n*est pas encore suflQsaininent macéré, il faut prolonger son séjour dans le sérum ; mais on remarquera que, dès le second jour, le sérum est tout à fait décoloré, c'est-à-dire que le tissu a absorbé tout riode qu*il contenait, et, si on laissait les choses en cet état, la putréfaction ne tarderait pas à survenir. Pour l'empêcher, on ajoute quelques gouttes de sérum fortement iodé (voy. numéro 383) jusqu'à ce que le liquide ait repris une légère coloration brune. Le séjour du tissu dans le sérum peut ainsi être prolongé pendant plusieurs semaines, si Ton ajoute du sérum iodé chaque fois que le liquide se décolore. C'est l'addition successive de nouvelles quantités d'iode qui constitue la clef de cette méthode de macération.

497. Sérum iodé artificiel (Frey). Voyez numéro 354. — Ranvier trouve que cette formule ne fournit pas un sérum utile pour les macérations.

498. Alcool dilué. — On peut se servir de diverses concentrations d'alcool, depuis un mélange de 1 partie d'alcool avec 3 d'eau (Thin, pour l'isolation des fibrilles nerveuses de la rétine), jusqu'à l'alcool à 80 p. 100. Mais le plus utile de ces alcools est sans contredit Valcool au tiers de Ranvier {Traité, p. 77). C'est un mélange de 1 partie d'alcool à 36° (90 p. 100) et de 2 parties d'eau. Ce mélange macère plus rapidement que le sérum iodé. La plupart des épithéliuras s'y macèrent bien en vingt-quatre heures.

De l'avis de tous les observateurs, Talcool au tiers est un macérateur doux de premier ordre. List (Zeit. f. toiss. Mik,,, 1888, p. 811) trouve qu'il ne doit être employé qu'avec précaution pour l'isolation de cellules glandulaires, à cause des gonflements qu'il y produit ; et il pense que le liquide de Millier ou l'acide osmique est préférable pour ce genre d'objets.

499. Chlorure de sodium. — La solution à 10 p. 100 de chlorure de sodium est un agent de macération très employé et très efficace.

500. Chlorure de sodium et alcool (Molescuott et Piso Bormb, Moleschott's Untersuchungen z. NaturL^ XI, p. 99-107 ; Ranvier, Traité, p. 242).

Chlorure de sodium à 10 p. 100 5 volumes.

Aicool absolu 1 —

Ce mélange fut particulièrement recommandé par les auteui*s cités

en premier lieu pour Télude des cellules à cils vibratiles. Ranvier le trouve inférieur à Talcool au tiers.

501. Hydrate de chloral. — En solution pas trop forte, de 2 à 8 p. 100 environ, Thydrate de chloral est un macérateur doux très recommandable parce qu'il conserve on ne peut mieux les éléiiients délicats. Lavdowsky {Arch. /*. mik. Anat., 1876, p. 389) le recommande beaucoup pour les glandes salivaires. Hickson le recommande pour la rétine des Arthropodes (Quart, Journ, Mie, Se, 1888, p. 244).

502. Potasse caustique ou soude caustique (Ranvier, Traité^ p. 7^. — Ces alcalis servent à procurer très rapidement des préparations ^ fugitives qui ne se laissent conserver que très peu de temps. On les emploie en solutions fortes, de 35 à bO p. 100 (Molesciiott) ; à ces degrés de concentration ils ne modifîent que légèrement les cellules, tandis qu'à des doses faibles ils détruisent tous les éléments. On emploie cependant des solutions faibles pour dissocier les éléments des ongles, des poils et de Tépiderme. Les solutions fortes s'emploient en les faisant agir sur le tissu étalé sur le porte-objet.

503. Salive artificielle (Galdebla, Arch, f, mik, Anat., 1875, p. 449). — Après avoir essayé plusieurs réactifs dans le but d'obtenir la dissociation du tissu musculaire et nerveux embryonnaire d'Âmphibiens et d'Ophidiens, Galberla trouva que les meilleurs résultats furent donnés par le mélange de salive et de liquide de Miiller employé par Czeiny. Cela le conduisit à imaginer la salive artificielle dont nous allons donner la formule. (Nous supprimons la première îles deux formules données par Galberla, la deuxième étant beaucoup moins compliquée et donnant des résultats tout aussi bons.)

Chlorure de potassium 0 gr. 4

Chlorure de sodium 0 — 3

Phosphate de soude 0—2

Chlorure de calcium 0 — 2

On fait dissoudre ces ingrédients dans 100 parties d*eau. Puis on fait passer de l'acide carbonique à travers la solution jusqu'à saturation. On ajoute à cette solution un demi-volume de solution de MùUer (ou de solution de chromate d'amnioniaque à 2,5 p. 100) et un volume d'eau.

On fait macérer les embryons dans ce mélange pendant un ou deux jours. On achève la dissociation par la dilacération et l'agitation dans un flacon, et l'on monte les pièces dans l'acétate de potasse.

Galberla a toujours eu les meilleurs résultats alors qu'il saturait le mélange d'acide carbonique au moment même de s'en servir.

504. Mélange de Landois (Landois, Arch. /*. mik, Anat., 1888, p. 448).

Solution saturée de chromate neutre d'ammoniaque. 5 parties.

Solution saturée de phosphate de potasse 5 —

Solution saturée de sulfate de soude 5 —

Eau distillée 100 —

GiBRKE, d'après qui nous citons cette formule, recommande particulièrement ce liquide pour toutes sortes de macérations, mais surtout pour le système nerveux central, pour lequel il lui donne la préférence sur tous les autres. liquides macérateurs. Il s'emploie de la même manière que l'acide chromique ; de petits fragments du tissu à dissocier sont mis à macérer pendant un à trois, ou même quatre et cinq jours dans le liquide, puis mis pendant vingt-quatre heures dans du carmin ammoniacal allongé d'un volume du liquide macérateur, Nansen {Zeit. f. wiss. Mik,, V, 2, 1888, p. 242) le recommande également pour le même objet.

505. Permanganate de potasse. — C'est un agent macérateur très énergique. Son action ressemble à celle de l'acide osmique, si ce n'est que nous doutons qu'il puisse fournir des préparations permanentes conservant les caractères des cellules. Rollett {Stricker's Handb.j p. 1108) le recommande, soit seul, soit combiné à l'alun, comme le meilleur réactif pour la dissociation des fibres de la cornée.

506. Bichromate de potasse. — Solution à 0,2 p. 100 environ. La solution de Mûller s'emploie à la même concentration.

507. Acide chromique. — S'emploie généralement à des doses beaucoup plus faibles^ 0,02 p. 100 environ, c 11 est bon pour la plupart des tissus de l'organisme, et en particulier pour les cellules ner-^ veuses. Il en faut prendre 10 ce. pour un fragment d'environ 8 millimètres de côté. Au bout de vingt-quatre heures de séjour dans ce liquide, le tissu nerveux se dissocie avec facilité. » (Ranvier, Traité, p. 78.)

508. Mélange de Brock [Intern. Monatschr.^ 1, 1884, p. 349). — Parties égales de bichromate de potasse à 10 p. 100 et du liquide viscéral de l'animal (système nerveux de Mollusques).

509. Mélanges de Mœbius {Zeit. f. wiss, Mik., III, 8, 1886, p. 402). — A. Une partie d'eau de mer avec 4 à 6 parties de solution de bichromate de potasse à 0,S p. 100.

B. Acide chromique, 0,25 p. 100; acide osmique, 0,1 p. 100; acide acétique, 0,1 p. 100 dans l'eau de mer. Pour les Lamellibranches. Macérer pendant plusieurs jours.

510. Mélange de Gage [Zeit. f. wiss. Mik., IX, 1, 1892, p. 87 et

88). — Alcool à 9S p. 100, 250 parties ; eau, 750 ; acide picrique I. Surtout pour les épithéliums et le tissu musculaire.

511. Acide osmique. — S'emploie en solutions d'une concentration de 0,1 p. 100 ou moins, qu'on laisse agir selon les cas depuis quelques minutes jusqu'à quinze jours (écorce du cerveau du Bœuf) (Rindfleisch).

512. Liquide des Hertwigr (Hertwig, Nervens. u, Sinnesorg. d. Medusen^ p. 4).

Acide osmique à 0,05 p. 100 1 partie.

Acide acétique à 0,2 p. 100 1 —

Pour les Méduses, On les traite avec ce mélange pendant deux ou trois minutes, selon leur grosseur ; puis on les lave à l'acide acétique à 0,1 p. 100 souvent renouvelé jusqu'à ce qu'on ait éloigné les dernières traces d'osmium. On les laisse ensuite pendant un jour dans l'acide acétique de la même concentration, on les lave à l'eau, et on colore au carmin de Beale, qui a pour effet de prévenir le noircissement des pièces par l'osmium. On conserve les pièces dans la glycérine.

Pour les Actinies, la formule doit être modifiée [Jen, Zeitschr,, 1879, p. 457) :

Acide osmique 0,04 p. 100 dans l'eau de mer . 1 parlie. Acide acétique 0,2 p. 100 1 —

et l'acide acétique doit être pris plus concentré pour le lavage, à savoir, 0,2 p. 100. Si la macération se montre complète, on colore avec le picro-carmin ; sinon, avec le carmin de Beale. Ces méthodes sont très importantes pour l'étude des Cœlentérés.

513. Acide acétique et glycérine (Bêla IIaller, MorphoL Jahrh,^ XI, p. 321).

Acide acétique cristallisable i partie.

Glycérine 1 —

Eau 2 —

Ce mélange est particulièrement recommandé par IIaller pour la macération des centres nerveux des Mollusques (Rhipidoglosses). On obtient une macération suffisante en trente à quarante minutes, et cela sans que les éléments aient souffert le ratatinement produit par les autres agents macérateurs.

514. Acide nitrique. — S'emploie à une concentration de 20 p. 100 pour la macération du tissu musculaire. Après une mace'ration de vingt-quatre heures dans ce liquide, on parvient en général à dissocier les fibres musculaires en agitant une portion du tissu avec de Teau dans une éprouvette. Les préparations peuvent être conservées longtempsdans une forte solution d*alun (Hopkins, Zeit. f, wiss. Mtk., IX, I, 1892, p. 86), à laquelle on peut peut ajouter 2 p. 100 d*hydrate de choral {Ref, Hand. Med. Sci.y Supp., p. 436). La macération est grandement activée par la chaleur.

515. Acide nitrique et chlorate de potasse (Kuiine : dans Ranvier, Traité^ p. 79). — On fait dans un verre de montre un mélange de chlorate de potasse avec 4 fois son volume d'acide nitrique ; on y enfouit un fragment de tissu musculaire frais ; après une demi-heure on le retire et on Tagite dans un tube avec de Teau.

516. Acide sulfurique (Ranvier, Traité, p. 78). — « Concentré et à chaud, ce réactif peut être employé pour isoler les cellules des parties cornées, des poils, des ongles, etc. Pour isoler les fibres du cristallin, Max Scuultze place cet organe dans 30 grammes d'eau additionnée de 4 ou 8 gouttes d'acide sulfurique concentré. Au bout de vingt-quatre heures de macération, il suffit d'agiter un fragment du cristallin dans le liquide pour le voir se décomposer en ses éléments constituants. »

Odenius a trouvé ce réactif (moins de 1 p. 100, pendant une ou deux semaines) excellent pour l'étude des terminaisons nerveuses dans les Poils tactiles.

517. Acide oxalique. — On a employé avec fruit la macération, prolongée pendant plusieurs jours, dans une solution concentrée de cet acide, pour rélude des terminaisons nerveuses.

518. Mélange méthylique (Scuiefferdecker, Arch. f. mik. Anat., XXVIII, 1886, p. 305). — Glycérine, 10 parties ; alcool méthylique, 1 partie; eau distillée, 20 parties. Pour la rétine surtout. Les tissus doivent être parfaitement frais, et doivent macérer pendant plusieurs jours.

519. Lysol (Reinke, Anat, Anz,, VIII, 1892, n« 16, p. 882; ZeiL /. tviss. Mik., X, 2, 1893, p. 224). — Solution de lysol à 10 p. 100 dans l'eau distillée ou dans l'eau additionnée d'alcool et de glycérine. ( Le lysol est un produit industriel consistant en une solu-

tion de crésol dans du savon neutre, employé comme antiseptique.) Celte substance aurait surtout, d'après Reinke, la propriété d'exercer une action macératrice extrêmement rapide. Des queues de zoospermes de Rat se résolvent en fibrilles en quelques minutes. Les cellules corticales des cheveux se flbrillent en quelques minutes. Les cellules épithéliales de la Salamandre se dissocient momentanément. La chromatine des noyaux est détruite, mettant en évidence le cary oplasme réticulé. Reinke a fondé sur celte réaction des conclusions concernant la structure des noyaux qui vont loin [Arch. f, mik. Anat.^ 43, 3, 1894, p. 398 et seq.).

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