Strabon, XIV
9. Six, Num. Chron., 1890, p. 215, 1 et 2 ; 13. Ilead, Catal. Ionia, p. 7, n° 31, pl. I, 19 et pl. III, 19 (le même ex.).
CHIOS
334. — Sphinx ailé assis à droite sur une base; du sommet de la tète émerge une vrille à double volute; devant la poitrine, une grappe de raisin.
El. 20; statère milésiaque (Pétersbourcj) \
335. — Sphinx ailé assis à droite, levant une patte de devant au-dessus de la lettre X (initiale de XIoç). — T$l. Carré creux informe.
El. 9 ; hémi-hecté milés., 1 gr. 14 (Paris) Pl. VIII, fig. 7.
L'attribution à Chios du groupe qui précède (nos 331 à 335) ne saurait faire doute ; le sphinx est l'emblème héraldique de Chios comme le cheval ailé est celui de Lampsaque. L'archaïsme de la tête du sphinx indique que ces pièces remontent au moins au milieu du vie siècle. Sur le statère n° 331 (pl. VIII, 6) le nez très allongé du monstre rappelle la tête d'Athéna sur les monnaies de Pisistrate à Athènes ; le sphinx a l'œil globuleux, de face, les cheveux ceints d'un bandeau, slriés et for-
mant une touffe épaisse sur la nuque. Sur l'exemplaire de Saint-Pétersbourg (n° 334) on voit clairement la vrille de vigne avec double volute qui émerge de la tête du monstre. Cet attribut rattache le sphinx au culte de Dionysos, particulièrement en honneur à Chios, comme la numismatique nous le fera constater plus tard.
Le poids de ces pièces d'électrum les rattache à un statère étalon de 14 gr. 15 : c'est une variété du système milésiaque.
336. — Sphinx ailé assis à gauche, les ailes recroquevillées, tenant de la patte droite levée une grappe de raisin au-dessus d'une amphore debout devant lui ; au pourtour, une couronne de vigne.
ï^. Carré creux en quatre compartiments disposés en ailes de moulin (comme celui des cyzicènes).
El. 18; statère phocaïque réduit, 15 gr. 34 (Berlin) Pl. VIII, fig. 9.
Ce statère unique, du musée de Berlin, du sphinx; cependant, il n'a ni le poids ni paraît bien appartenir à Chios par son type le carré creux des monnaies de Chios. Son
1. Imhoof-Blumer et 0. Keller, Tier und Pflan- ?iicle, 1890, p. 216, n° 2bis. zenbilder, pl. XIII, 8; Six, dâns le Numism. Chro-
cinos
poids est phocaïque réduit, comme celai des statères de Lampsaque décrits plus haut, sous les nos 323 à 328; la couronne de vigne qui entoure le sphinx est pareille à celle qui est autour du cheval ailé de ces statères lampsacéniens. Ici encore, nous devons conclure à une alliance monétaire entre Lampsaque et Chios, pour rémission des statères d'électrum du poids normal de 15 gr. 3G. C'est la solution qui me parait la plus rationnelle, bien qu'il reste à expliquer pour quelles raisons Chios a emprunté
exceptionnellement le carré creux des statères de Cyzique. Nous avons décrit, en revanche (n° 264) un statôre de Cyzique qui a un carré creux chiote. Il paraît que la pièce au sphinx a été trouvée avec des cyzicènes 1 ; on ne saurait toutefois la considérer comme originaire de Cyzique; son poids et l'absence du thon en symbole s'opposeraient à cette attribution. Nous allons retrouver l'étalon milésiaque appliqué à la taille de toutes les pièces qui suivent.
337. — Coq à droite; au dessus, une grande palmette stylisée, avec une double volute à la base. — 1^. Carré creux en quatre compartiments.
El. 19 ; statère miles., 13 gr. 96 (Paris) Pl. VIII, fig. 10.
338. — Autres exemplaires, 14 gr. 11 (Greenwell); 13 gr. 98 (Londres) 2.