‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 252 sur 1006 · TÉNÉDOS · texte numérisé non relu

TÉNÉDOS

est deux types qui sont particuliers à Ténédos : c'est la tête janiforme avec une face barbue et une face imberbe, et la hache à double tranchant. Qu'est-ce que cette tête janiforme? Quel est le sens de cette bipenne?

En ce qui concerne la bipenne, on cite un passage d'Aristole, conservé par Étienne de Byzance (s. v° TsveSoç), qui rapporte expressément ce type monétaire au décret d'un certain roi semi-légendaire de Ténédos, décidant que toutes les personnes convaincues d'adultère seraient décapitées *. II est fait aussi allusion à cette loi primitive dans la légende rapportée par Suidas, d'après laquelle Tennès ordonna qu'à Ténédos « un homme armé de la double hache (icéXawv) resterait placé derrière le juge et frapperait quiconque serait pris en flagrant délit de mensonge 2 ». Mais le rapprochement proposé par Aristote entre la loi de Ténédos et le type monétaire de la double hache ne cadre guère avec la donnée ordinaire des types monétaires primitifs empruntés, généralement, à la mythologie, à l'histoire locale, aux pro-

1. Et. de Byzance : ... xa( cp^uiv 'Api5TeÉ8r(ç xal àXXoi xov iv TevéSoi 'Airo^Àwva icéXexuv xpaxeiv ôià xà a'jjj.Savxa xotç irspi Tévrçv ■ fi |aS)v>*ov, a>ç cpriaiv 'ApicrxoxsXY^ èv xq TeveStwv iro'X'.xsta, oxi paai'Xeûç xt,ç ev TâvéSw vôaov e8r,vt£, xôv xaxaXa|ji6:xvovxa {j.oiyoùç àvatpeïv 7te^Éxsi 5[xcpoxépouç ■ èiteiS*) 8è auveS^ xôv ulàv aùxou xaxa^cpôf^vai [xoiyôv, èxûpwas xai irepî xoO tStou iraiSoç Tr,pT,6f,vai xôv vouov, xal àvaipsOévxoç elç Ttapotp-tav, irocpTj'XOs xô npâyp.a lui xwv itpax- TO[xévwv. Atà xouxô cpTjTi xal èiri xou vojj.iajjiaxo; x&v Tevsôîtov xsyocpay6ai ev aèv tu éxépio [xspet iréXexuv, lui 8è xoù étépou 8'jo xespaXàç s!ç 6ird[xvT,<jiv xoû irep! xôv TiaïSa i:a6r,jjLaxoç. Cf. B. Head, Hist. numor., p. 476; W. Wroth, Calai. Troas, Introd., p. xlvi.

2. Suidas : Tsvsôtoç avOpwiroç ' eiù xu>v cpoêepàç ô'4»etç èyôvxtov ' ô yip TévvT}Ç IvopLOÔéx^crev èv Tevsôto à'vOpojnov tcéXsxuv è'yovxa ïaxaaOa*. xaxà vwxov xou xptxoù, xai xôv p.ax'rjv Xsyovxa âX'.axôjJievov TtX^xxstv.

ductions naturelles du pays. Aussi, malgré l'autorité d'Aristote, est-il préférable d'expliquer le type monétaire ténédien par la légende que rapporte Pausanias et que nous allons résumer *.

Cycnos, fils de Poséidon et roi de Colonae, épousa Procléia et en eut deux enfants, une fille Hémithéa et un fils Ténès (ou Tennès). Sa femme étant morte, il épousa en secondes noces, Philonomé, laquelle conçut de l'amour pour Ténès, son beau-fîls. Cycnos fit enfermer les deux coupables, Ténès et Philonomé, dans un coffre qu'il jeta dans la mer. Le coffre fut sauvé par miracle et jeté sur la côte de l'île qui, depuis, s'appela Ténédos. D'après ce récit, inspiré de tant d'autres fables analogues, Eckhel 2 a proposé, sans doute avec raison, de reconnaître au droit des monnaies ténédiennes, les têtes accolées de Ténès et de Philonomé qui vinrent fonder Ténédos, comme nous l'avons raconté, et y régner.

Cycnos, dans l'intention de se réconcilier avec les deux fugitifs, s'embarqua à son tour pour aller les retrouver à Ténédos. « Mais, dit Pausanias, au moment où il touche le rivage de l'île et où il attache le cable de son vaisseau à quelque arbre ou à quelque rocher, Ténès prend sa bipenne, coupe le câble etle vaisseau s'éloigne chassé par les vents. La bipenne de Ténès a, depuis, donné lieu à un proverbe que l'on applique à ceux qui sont inflexibles dans leur colère, en disant : il Va coupé avec la hache ténédienne (TeveSîy rceXéxEc). » Pausanias explique encore que l'on voyait dans le temple de Delphes des wsXéxet<; qui y avaient été consacrées par le roi ténédien, Péricly-

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