‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 337 sur 1006 · Pour les développements, voyez le présent · texte numérisé non relu

Pour les développements, voyez le présent

Cependant, si la Lycie échappa à la domination politique des puissants rois lydiens, elle subit toutefois l'influence économique de Sardes. Les Lyciens adoptèrent, avec une faible altération, les poids lydiens pour l'étalonnement de leurs lingots monétaires, puis de leurs monnaies autonomes. Sauf quelques villes maritimes qui prirent l'étalon éginétique si répandu en Carie, à Rhodes et sur toutes les côtes méridionales de l'Asie-mineure jusqu'à Chypre, les ateliers des dynastes lyciens taillèrent leurs espèces suivant un étalon qui n'est que l'étalon lydien ou créséen affaibli. Nous savons en effet que le statère créséen est de 10 gr. 89 ; le statère lycien atteint rarement 9 gr. 84 et il descend souvent au-dessous de 9 gr. 2. Voici le tableau théorique de ses principales divisions :

9er- 84

La répartition entre les différentes villes de la Lycie et leurs dynastes respectifs, des monnaies qui figurent sur nos planches XXI et XXII, sera toujours en grande partie incertaine, puisque la plupart d'entre elles sont anépigraphes. Il est vraisemblable, toutefois, que les dynastes de Xanthos, la

Traité, Première partie, t. II (sous presse).

DYNASTES DE LYCIE

ville la plus considérable, doivent en revendiquer la plus grande partie. Phellos, Antiphellos, Aperlse, Telmessos, Limyra, Patara, Pinara, Myra, Tlos et quelques autres, doivent aussi avoir leur lot qui, d'ailleurs, est difficile à déterminer, même après que les légendes monétaires commencent à faire leur apparition. Ces légendes, o^ui ne se présentent que postérieurement à la limite chronologique du présent volume, sont en écriture et en langue lyciennes. Les linguistes sont d'accord aujourd'hui pour affirmer que le lycien est une langue aryenne détachée, de bonne heure, de la souche commune d'où sont aussi sortis le grec, le phrygien et le carien. L'alphabet est, en partie, un rameau dérivé de l'alphabet phénicien ; il se rattache à l'alphabet grec primitif de Rhodes et des îles et en partie aussi à L'alphabet chypriote.

En 545, la Lycie qui avait échappé à La domination de Crésus, fut conquise par les Perses. Hérodote raconte en détail l'invasion de la Lycie par Harpage, le lieutenant de Cyrus, la résistance héroïque et la destruction de Xanthos *. Vers 515, quand Darius partagea son empire en satrapies, les Lyciens et les Myliens, avec les Pamphyliens, les Cariens, les Ioniens, les Magnètes et les iEoliens, formèrent la première

satrapie qui payait un tribut annuel de 400 talents d'argent. Mais les Lyciens comme les Cariens, les Pamphyliens et aussi les Ciliciens conservèrent, malgré tout, une certaine autonomie politique, à charge de payer un tribut annuel et de fournir un contingent à l'armée perse quand le grand Roi avait une expédition à entreprendre. Cette autonomie a son reflet direct dans les types monétaires qui n'accusent en rien la suzeraineté du monarque achéménide. Hérodote raconte que les Lyciens prirent part à l'expédition deXerxès en 480 conlre La Grèce. Ils fournirent à la flotte perse 50 vaisseaux.

Après les désastres des Perses, les Lyciens adhérèrent, durant un certain laps de temps, de 466 a 140 environ, à la symmachie athénienne, tout en conservant leur autonomie. Les plus anciennes monnaies lyciennes remontent vraisemblablement jusqu'à l'époque contemporaine de Crésus dont elles suivent le système monétaire. Les dernières de celles qui figurent sur notre pl. XXII sont à peu près du moment où les Lyciens entrèrent dans La ligue atticodélienne. A partir de cette époque et jusqu'à Alexandre, il y a, sur les monnaies lyciennes, de nombreux noms de dynastes qu'on retrouve parfois mentionnés dans les textes épigraphiques et chez les auteurs.

Page 1