‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 369 sur 1006 · E. Curtius, Hist. grecq., t. II, p. 372 et · texte numérisé non relu

E. Curtius, Hist. grecq., t. II, p. 372 et

ASPENDOS ET SELGÉ

§111. — Aspendos et Selgé.

Les Pamphyliens entourés des Lyciens, à l'ouest, des Pisidiens au nord, des Gili— ciens à Test, formaient un peuple composé d'éléments indigènes apparentés aux Cariens, aux Lyciens, aux Ciliciens, et mélangés d'éléments grecs et sémitiques.

D'après la légende grecque, la Pamphylie reçut, à la suite de la guerre de Troie, une importante colonie de Doriens conduits par les devins Calchas et Amphilochos.

Sous Cyrus, ce pays passa sous la domination perse; les Pamphyliens fournirent h à Xerxès 30 vaisseaux pour son expédition contre la Grèce. Néanmoins, durant la domination des Achéménides, les Pamphyliens surent, comme les Lyciens, garder intacts leurs mœurs, leur langue, leurs traditions nationales. Sur leurs monnaies, les légendes sont, les unes pamphyliennes, les autres grecques.

Pour la période primitive qui nous occupe, trois villes de Pamphylie seulement eurent un atelier monétaire. Ce sont Aspendos, Selgé et Sidé.

Selgé et Aspendos n'étaient pas sur la mer, mais sur le même petit fleuve, l'Eurymédon, et à une petite distance l'une de l'autre. Aspendos (la moderne Balkyzi), fondée par une colonie d'Argiens, se trouvait à 60 stades de l'embouchure du fleuve. Selgé était un peu plus loin, en remontant vers la source de l'Eurymédon l.

A l'époque romaine, Selgé faisait partie de la province romaine de Pisidie, et c'est

1. Hirschfeld, dans les Monatsber. der Berliner Akademie, 1875, p. 121 ; Lanckoronski, Les villes de Pamphylie, t. ï, p. 3; Hill, CataL Lycia, etc.

p. LXXII.

en effet à la Pisidie qu'elle se trouve classée dans tous les médailliers. Mais au temps où nous reportent nos monnaies, et tant que dura la domination perse, Selgé était étroitement liée avec Aspendos. Ces deux villes étaient habitées par une population de même race et parlant la même langue, et elles s'étaient associées par des traités commerciaux en vertu desquels elles frappaient monnaie en commun.

Ces monnaies débutent vers l'an 500, avec des statères étalonnés suivant le système persique du poids normal de 11 gr. 202. Les types essentiels sont, au droit, un héros combattant et au revers, la triskèle à jambes humaines. Ce guerrier rappelle les fameux hoplites recrutés à Aspendos dans l'antiquité 3 : il est nu, imberbe, casqué, son bouclier rond passé au bras gauche, la main droite armée, tantôt d'un glaive court, tantôt d'un long javelot. 11 s'avance au combat d'un pas délibéré ; son attitude générale est analogue à celle des Héraclès combattant du vie siècle, et, en particulier, à celle des guerriers des frontons du temple d'Aphaia, à Ëgine, qui sont contemporains et combattent de même, armés de la javeline et du bouclier rond 4.

La triskèle formée de jambes humaines se distingue par là des différentes variétés de la triskèle lycienne. En son centre il y a, parfois, une petite roue à quatre rais (Pl. XXIII, fig. 12 et 16). A côté de la tris-

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