‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 406 sur 1006 · CHAPITRE XIV CHYPRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV CHYPRE

§ I. — L'île de Chypre.

Il n'est pas nécessaire d'insister ici sur l'importance, au point de vue de l'histoire du commerce de l'antiquité et de l'histoire de l'art, de l'île de Chypre qui fut, plus encore que la Cilicie, le trait d'union de la race sémitique et de la race hellénique, le point où elles se donnaient rendez-vous, le marché où elles se rencontraient, à l'abri des coups de main et des invasions qui, trop souvent, bouleversèrent les villes du continent.

Aussi, les établissements phéniciens et grecs furent-ils nombreux et florissants à Chypre ; de cette vie côte à côte, de cette pénétration réciproque naquit, de bonne heure, une civilisation particulière, une industrie et un art originaux et féconds où les archéologues se sont, à i'envi, évertués à démêler les éléments grecs et les éléments orientaux.

Les Phéniciens y précédèrent les Grecs et Homère célèbre l'habileté industrielle des forgerons et des ciseleurs de Chypre

dont les mines de cuivre firent donner à l'île le nom qu'elle porte encore. Mais ce qui prouve toutefois, ainsi que l'a fait ressortir M. Georges Perrot f, que la race hellénique s'installa, elle aussi, dès une époque très reculée, à Chypre, à côté des Phéniciens, c'est qu'on a trouvé dans l'île, ces nombreuses inscriptions grecques écrites dans un alphabet spécial, syllabique, qui nous révèle que la population grecque de l'île parlait un dialecte grec d'une forme antique et rude qui s'était détaché, de très bonne heure, de l'idiome commun à la race, avant le développement de l'alphabet cadméen, et se conserva ainsi grâce à son isolement. D'après la tradition, les premiers colons grecs se seraient établis à Chypre après la guerre de Troie, c'est-à-dire vers le xe siècle 2. Teucer, fils de Télamon, le meilleur ar-

1. G. Perrot et Ch. Chipiez, Hist. de Vart dans l'antiquité, t. III, p. 494.

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