‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 491 sur 1006 · Busolt, Griech. Geschichte, t. II, p · texte numérisé non relu

Busolt, Griech. Geschichte, t. II, p

si cette ville, après la réforme solonienne, s'est trouvée dans la dépendance ou l'alliance d'Athènes. Or, c'est précisément ce qui arriva. Sous Pisistrate et ses fils, Erétrie fut l'alliée constante d'Athènes, le principal point d'appui des tyrans athéniens à l'extérieur. C'est avec l'aide des Érétriens et de Lygdamis, tyran de Naxos, que Pisistrate parvint à se rendre, pour la troisième fois, maître d'Athènes en 533 4, Plus tard, ce fut à Érétrie qu'Hippias se retira lorsqu'en 511 il fut chassé d'Athènes.

Ainsi, le peu que nous savons de l'histoire d'Érétrie à cette époque, nous montre cette ville comme ayant lié partie avec les tyrans d'Athènes, Pisistrate et ses fils, ou étant sous leur dépendance. Rien d'étonnant, par conséquent, à ce que la réforme de la monnaie euboïque par Solon ait été appliquée à la taille de la monnaie d'Érétrie2. Et c'est pourquoi nous avons proposé plus haut de reconnaître dans la pièce (n° 1063) qui a pour types la tête de bœuf d'Athènes et la tête de Gorgone d'Érétrie, un gage de l'alliance politique de ces deux villes.

Quant aux pièces qui ont au revers le mufle de lion samien, ce type peut s'expliquer aussi à Érétrie. On connaît les relations étroites qui unirent Samos à l'Eubée dès le temps des guerres lélantiennes, et nous savons que le système euboïque fort était appliqué à la taille de la monnaie d'électrum à Samos 3. Ainsi, l'ensemble de ces monnaies érétriennes nous atteste, par les types et la taille, l'alliance politique

1. Busolt, Griech. Geschichte, t. II, p. 324; E. Curtius, Hist. grecq., t. I, p. 443.

2. M. Head a déjà proposé de classer ces monnaies à Érétrie. Hist. numor., p. 305-306.

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