‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 490 sur 1006 · Num. Chron., 1895, p · texte numérisé non relu

Num. Chron., 1895, p

ÉRÉTRIE

Polycrale à se rendre maître de Samos en 532 *. Il est bien tentant d'accepter une aussi ingénieuse théorie où tout concorde : la chronologie, le poids, le style, l'alliance des types athéniens et samiens confirmant l'alliance politique de Pisistrate et de Polycrate, enfin la présence des deux globules inspirés par l'idée de mettre la taille de ces pièces en harmonie avec la réforme de Solon. Cependant, le classement à Athènes proposé par Six ne saurait être accepté ; en effet, à l'époque où se placent les pièces aux types de la Gorgone et du mufle de lion, c'est-à-dire assez loin après le milieu du vie siècle, il y avait déjà un certain temps que la série athénienne aux types de la tête casquée d'Athéna et de la chouette était commencée; or, cette série ne comporte, dans la suite des temps archaïques, ni interruption ni lacune. Il n'est pas possible de faire remonter jusqu'avant l'inauguration des chouettes les monnaies aux types de la Gorgone et du mufle de lion; il n'est pas possible non plus d'interrompre la suite des chouettes et d'y constituer un hiatus pour y intercaler les Gorgones.

D'un autre côté, on peut fournir des arguments historiques pour justifier le classement de ces pièces à Érétrie.

D'abord, il n'est guère admissible qu'Érétrie, riche et puissante cité, n'eut pas de monnaies à l'époque archaïque, toutcomme sa voisine et rivale Ghalcis. Or, sans nos pièces à la Gorgone, Érétrie serait dépourvue de monnaies avant l'arrivée des Perses. Les deux globules qui, au revers d'un certain nombre de ces pièces, correspondent à la réforme de Solon, peuvent avoir été marqués sur des monnaies d'Érétrie

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