‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 499 sur 1006 · SEL · texte numérisé non relu

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LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES

Beulé rappelant des trouvailles importantes de ces monnaies, faites à Athènes même, conclut : « La fabrique, le style, la qualité du métal, l'aspect général, le travail des détails, la finesse d'un archaïsme déjà avancé, tout concourt à réunir ces pièces dans une même famille. Elles sont toutes d'Athènes ou aucune n'en est1. »

Quant à l'opinion plus récente et généralement admise, que toutes ces monnaies doivent être classées à l'Eubée, elle s'appuie uniquement sur les arguments suivants: certaines des pièces de ce groupe se rencontrent aussi bien en Eubée qu'en Attique et dans les régions circonvoisines; en second lieu, leur poids est euboïque, et Ton n'admet à Athènes, avant Solon, que le poids éginélique. Telle est la thèse soutenue, entre autres savants, par Ernest Curtius 2, Imhoof-Blumer \ Ulrich Kohler \ H. de FriUe 5, Barclay Head 6.

Toutes ces pièces sont taillées suivant le système euboïque; elles ont le même aspect extérieur, la même épaisseur, la même technique, le même style. Elles se caractérisent enfin par le même carré creux, au revers, formé de quatre triangles coupés par deux diagonales qui se croisent au centre du carré. Il est manifeste que nous

sommes en présence d'un groupe homogène et de la même famille, sorti, sinon du même atelier, comme le voudrait Beulé, du moins d'ateliers associés, de villes commerçant ensemble et frappant dans des conditions analogues des monnaies interchangeables.

Elles sont d'ailleurs toujours trouvées dans la même région: l'Altique surtout, la Mégaride, l'Eubée et les cantons environnants.

Nous admettrons volontiers que quelques-uns de ces groupes monétaires ont une autre patrie qu'Athènes, à cause de la multiplicité des types. Il est peut-être peu vraisemblable, a priori^ ainsi que l'a remarqué M. linhoof-Blumer, qu'un seul etmême atelier, à cette primitive époque, ait frappé des monnaies ayant une si grande variété de types. Avant tout examen on doit présumer qu'il s'agit de pièces frappées dans des villes diverses, en vertu d'une entente monétaire et commerciale analogue à celle qui présidait à la frappe des monnaies d'électrum dans les villes de la côte d'Asiemineure ou des monnaies incuses de la Grande Grèce. C'est d'après ces principes de critique que nous décrivons sous le titre de « monnaies pré-soloniennes et soloniennes » les monnaies qui suivent.

1091. — Chouette à gauche, la tète de face. Cercle au pourtour. 1^. Carré creux rude, partagé eu quatre triangles par des diagonales épaisses. JR 19; didrachme euboïque, 8 gr. 47 (Lut/nes) Pl. XXXIII, fig. 1 ; — autres ex., 8 gr. 42 [Lit y nés) ; 8 gr. 04 [Londres]

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