‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 500 sur 1006 · E. Curtius, dans Y Hermès, t. X, p · texte numérisé non relu

E. Curtius, dans Y Hermès, t. X, p

3. Iinhoof-Blumcr, dans les Monatsberichte de TAcad. de Berlin, 1881, p. 656 et Annuaire de la soc. franc, de numism., 1882, p. 89.

4. U. Kohler, dans les Mittheilungen d'Athènes, 1884, p. 356.

5. II. von Fritze, dans la Zeit. fûr Numism., t. XX, 18'.»7, p. 11:2.

6. B. Head, Eut. numor., p. 301 et 310 et Altica, lntrod., p. xiu et xv; Central Greece, Inlrod.,

p. XLIV.

7. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 17 et 19;B. Ilead. Catal. Central Greece, p. 136, 1 et pl. XXIV, 18;

LES MONNAIES PRÈ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES

1092. — Même description.

^9; obole eub., 0 gr. 72 ; 0 gr. 67; 0 gr. 60 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 2;

— autres ex., 0 gr. 65 ; 0 gr. 60 (Athènes) \

La première idée qui vient à l'esprit est que ces monnaies primitives, au type de la chouette, trouvées sur le sol de l'Attique, sont d'Athènes. Pour cette double raison, les anciens numismates et Beulé les ont classées à cette ville. Mais plus récemment, sous l'empire de ce préjugé fatal qu'avant Solon, Athènes se servait pour la taille de ses monnaies comme dans son commerce, de l'étalon éginétique, on a reporté à l'Eubée ces pièces à la chouette. Les uns ont voulu les attribuer, à cause de leur type, à Athenœ-Diades, vieux comptoir athénien à l'extrémité nord-ouest de l'Eubée, non loin de Dion 2 : on admettait ainsi que cette petite colonie frappait des monnaies au type de la chouette, tandis que sa métropole se fut contentée de recevoir les tortues d'Egine! D'autres ont proposé de classer ces pièces à la chouette à Chalcis, parce qu'on donnait le nom de ^aXxi'ç à une espèce de chouette au plumage couleur de cuivre ; cet oiseau eut été en quelque sorte le type parlant de la ville 3. Cette attribution semblait même confirmée par certaines tradi-

Imhoof-Blumer, dans X Annuaire de la Soc. franc, de num., 1882, p. 103 ; Six, Num. Chron., 1895, p. 180. Ces pièces à la chouette ont été attribuées à Athenee-Diades (Eubée).

1. Beulé, loc. cit. ; B. Head, loc. cit., pl. XXIV, 19 ; Six, loc. cil. Deux exemplaires récemment entrés au Musée d'Athènes ont été trouvés en Attique. On ne saurait rattacher à ce groupe un diobole euboïque (1 gr. 36) d'époque plus tardive, conservé au Musée de Carlsruhe, qui a aussi le type de la chouette. Imhoof-Blumer, Zeit. fur Num., t. VII, p. 30, et pl. I, 1.

2. Imhoof-Blumer, dans X Annuaire de la soc. franc, de num., 1882, p. 103; B. Head, Calai. Atlica, Introd., p. xii ; Hist. numor., p. 302.

tions relatives à l'origine de Chalcis qui aurait été fondée avant la guerre de Troie par une colonie venue d'Athènes, sous la conduite de Pandore, fils d'Erechthée.

Cependant, jamais plus tard, Chalcis n'adopta la chouette pour type monétaire ; ses types héraldiques furent, au contraire, l'aigle et la roue ; d'autre part, on observe que tous les exemplaires des monnaies à la chouette jusqu'ici connus ont été trouvés à Athènes ou dans les champs de l'Attique 4. Bref, depuis que nous savons qu'Athènes a dû avoir, avant Solon comme après lui, des monnaies de poids euboïque, il n'y a plus aucune raison pour se raidir contre l'évidence : les monnaies à la chouette sont d'Athènes 5.

Que l'on ait frappé à Athènes des monnaies au type de la chouette seule, avant d'en frapper aux types combinés de la tête d'Athéna et de la chouette, cela n'a rien que de tout naturel. Les types héraldiques des monnaies primitives, généralement des animaux, sont les attributs des divinités protectrices des villes où ces monnaies

3. E. Babelon, Rev. des études grecq., 1889, p. 130; cf. Iliade, XIV, 290 ; Suidas, v. Xa>oi(ç; Scol. sur Aristoph. Aves, vers 261.

4. U. Kôhler, dans les Mittheilungen d'Athènes, t. IX, 1884, p. 354-362.

5. Six, dans le Num. Chron., 1895, p. 181 ; mais dans ce passage, Six propose en même temps, à tort, d'attribuer à Délos sous l'hégémonie athénienne les hectés d'électrum au type de la chouette qui doivent, au contraire, demeurer classées à la côte d'Asie-mineure, sans doute à Lampsaque dont nous avons signalé les rapports avec Athènes, sous Hippias et ses descendants, tyrans de Lampsaque (ci-dessus, p. 138, n°* 208 à 210).

LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES

furent frappées. Ces symboles ou attributs forment seuls les types des monnaies, tant que le revers n'est qu'un carré creux informe. Mais à partir du jour où les monnaies ont, à la fois, un type au droit et un type au revers, on place, au droit, la tête de la divinité, et le revers est réservé au vieux symbole qui figurait seul auparavant sur les pièces. En un mot, si en présence des longues séries athéniennes aux types de la tête d'Athéna et de la chouette, on demandait à un numismate expérimenté quel devait être le type monétaire d'Athènes avant l'apparition delà tète d'Athéna, il ne pourrait répondre que ceci : c'était la chouette. Ainsi en est-il également, par exemple, à Corinthe, où le Pégase forme le seul type monétaire tant que les pièces ont un carré creux; plus tard, on voit, sur une

face, la tête d'Athéna Chalinitis, et sur l'autre face, le même Pégase. Dans l'île de Naxos, on a le canthare dionysiaque et, au revers, un carré creux sans type sur les pièces les plus anciennes; puis, viennent les séries qui ont, au droit, la tête de Dionysos, et, au revers, le canthare, attribut de ce dieu.

De nombreux auteurs ont expliqué, à la suite de Beulé, le symbolisme de la chouette et ses rapports avec Athéna y) ajvao7:t^ laprotectrice d'Athènes. Il n'est pas besoin d'insister sur ce point; nous sommes bien, par ces pièces à la chouette, en présence des monnaies primitives d'Athènes. Tout le prouve : le lieu constant des trouvailles, le type qui est l'emblème national des Athéniens, le poids qui est celui du didrachme-étalon signale par Aristote l.

1094. — Cheval au repos, à gauche (non bridé). Cercle au pourtour. 1^. Carré creux rude, partagé en quatre triangles par des diagonales. .5120; didrachme euboïque, de8gr. 44 à8 gr. 1 7 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 3 \

1095. — Protomé de cheval bride, bondissant à droite. 1^. Même carré creux.

MIS; didr.eub.,8 gr. 43 (La Haye);% gr. 54 (Paris)Pl. XXXIII, fig. 4 \

1. Transportées de bonne heure par le commerce jusque dans la vallée du Nil, les monnaies athéniennes que nous-venons de décrire y ont été imitées, particulièrement à Naucratis. Mais il ne faut pas confondre ces imitations barbares avec les falsifications modernes. La pièccci-conliv, par exemple, dont plusieurs exemplaires ont été récemment pu-

bliés, comme provenant de trouvailles faites en Tome 11.

Egypte, est une pièce fausse, de fabrication toute récente, comme M. II. Drcssel l'a démontré. H. Dressel, Zeit. fUr Num., t. XXII, p. 253-254 ; IIcrin.\Veber,.Vwm. Chron., 1899, p. 281 et pl. XVI, 10.

2. Cousinéry, Voyage dans la Macédoine, t. II, pl. IV, 7; beulé, Monnaies d'Athènes, p. 19 ; B. Head, Hist num., p. 305; Calai. Central Greece, Introd., p. lui; II. Dressel, Zeit. fi/r Num., t. XXII, p. 247, n° 58 et pl. VIII, 15 (de la trouvaille d'Egypte, 1897).

3. Beulé, op. cit., p. 19; Imhoof-Blumer, Annuaire cité de 1882, p. 104; Zeit. fûr Num., t. III, p. 275 et pl. VI, 5 (La Haye ; B. Head, Hist. numor., p. 305; Central Greece, Introd., p. uv ; II. Dressel, Zeit. fur Num., t. XXII, p. 247 et pl. VIII. 10 (de la trouvaille d'Egypte, 1897).

LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES

1096. — Protomé de cheval bridé, bondissant à gauche. Cercle au pourtour; style très primitif.

Çt. Carré creux partagé en quatre triangles par des diagonales très épaisses. JR. 19; didr. eub., 8 gr. 48 (Luynes) Pl. XXXIII, fig. 6; — autres ex., 8 gr. 80 et 8 gr. 30 [Athènes , trouvés en Àttique) f.

1097. — Partie postérieure d'un cheval marchant à droite.

1^. Carré creux rude, partagé en quatre triangles par des diagonales très épaisses.

JR. 19; didr. eub., 8 gr. 61; 8 gr. 60; 8 gr. 39 (Berlin, Athènes) Pl. XXXIII, fig. 7 \

JR, 15; drach.eub., 4 gr. 38; 4 gr. 20; 3 gr. 72 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 5 ; — autre ex., 3 gr. 85 (Londres) 3.

Surles monnaies quicomposent le groupe précédent, le cheval est tantôt non bridé, tantôt bridé; ce détail nous remet en mémoire la légende d'après laquelle le roi mythique d'Athènes, Erechthée ou Erichthonios, fils d'Athéna, fut l'inventeur des chars et eut, le premier, l'idée de soumettre le cheval au joug de l'attelage. C'est ainsi que s'expliquerait, d'une part, sur nos pièces, le type du cheval bridé, et d'autre part, sur des monnaies que nous décrirons plus loin, le type de la roue. Il est possible, au surplus que les deux légendes se soient confondues et qu'Erichthonios ait dompté et attelé le cheval créé par Poséidon. Enfin, ce sont vraisemblablement ces monnaies primitives que vise la légende qui attri-

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