B. Head, Catal. Central Greece, p. 137, nos 1 à
5. Voyez ci-après à Andros. Cf. J. Svoronos, dans le Joum. int. d'archéol. numism., t. 1 (1898), p. 305- 307 et 326-327.
6. Beulé, Monn. d'Athènes, p. 17 et 19 ; Iinhoof- Blumer, Annuaire cité, de 1882, p. 103; B. Head, Catal. Central Greece, lntrod.,p. uv; Hist. numor., p. 309 ; Six, Nwn. Chron., 1895, p. 184 (attribue ces pièces à Athènes, au temps de l'exil de Pisistrate, de 543 à 534); Wroth, Num. Chron., 1904, p. 322, n° 7.
711 LES MONNAIES PRÉ-SOLOMENNES ET SOLONIENNES 712
L'osselet (àaxpayaXo^) est un type tout à fait s'est efforcé de démontrer que l'osselet, à
athénien. Il existe des séries de poids et de Athènes, avait un sens religieux ; il était
tessères athéniens qui ont, sur leur face en particulier, un attribut d'Athéna Sciras,
principale, un osselet figuré en relief ou qui à Phalère 2. Les didrachmes à l'osselet sont
ont la forme même de l'osselet *. Beulé probablement antérieurs à Solon.
1102. — Roue dont le moyeu est percé dans une traverse soutenue perpendiculairement par deux autres traverses parallèles entre elles.
fy. Carré creux rude, partagé en quatre triangles par des diagonales. JR, 19; didr. eub., 8 gr. 50 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 14; — autres ex., 8 gr. 10; 8gr. 47 3.
1103. — Roue à quatre rais rayonnant autour d'un moyeu central. 1^. Carré creux rude, partagé en quatre triangles par des diagonales. ^119; diob. eub., 8 gr. 46 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 16.
1104. — Même description.
^ 15 ; drachme eub., 4 gr. 36 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 15.
1105. — Roue à quatre rais rayonnant autour d'un moyeu central et soutenus, chacun, par deux contrefiches.
1^. Carré creux rude, partagé en quatre triangles par des diagonales. 20 — didr. eub. 8 gr. 35 (Luynes) Pl. XXXIII, fig. 17 ; — autres ex.,
8 gr. 51; 8 gr. 29; 8 gr. 17 (Londres) 4.
1106. — Même description.
15; drachme eub., 4 gr. 08 (Luynes) Pl. XXXIII, fig. 18.
1 1 07. — Même description, avec les contrefiches plus grandes et plus écartées. ^116; drachme eub., 4 gr. 25 (Paris) Pl. XXXIII, fig. 20;— autres ex.,
4 gr. 36; 4 gr. 22 ; 4 gr. 21 (Londres) \
1. Pernice, Griech. Gewichte, p. 83; Postolacca, 5. B. Head, Catal. Central Greece,j>. 107, nos 10 Kspfxaxia au|jiêo}uy.3, pl. O, n°* 25, 41, 67, 117, 121, à 16 et pl. XX, 5. Une variété pesant 3 gr. 80, 186, 205; Arthur Engel, Bull. corr. hell, t. VIII, avec le même type de roue à contrefiches, a un repl. VI. vers tout différent qui se rapproche du carré
2. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 21. creux d'Egine primitif. Coll. Rhousopoulos, Auc-
3. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 17 et 23; B.Head, tions Catalog (Hirsch, à Munich, 1905), n° 1866 et Central Greece, Introd., p. un ; Imhoof-Blumer, pl. XXIII. Dans le même catalogue, le n° 1868, au Annuaire cité de 1882, p. 102; anc. coll. Rhouso- même type, et pesant seulement 3 gr. 02, est donné poulos, Auctions-Catalog (Ilirsch, à Munieh, 1905), comme étant un pentobole. M. Earle Fox ra'inn° 1863 et pl. XXIII. ' forme qu'il a acquis à Athènes deux exemplaires
4. B. Head, Catal. Central Greece, p. 107, nos 6 à du trihémi-obole (1 gr. 09).
9 et pl. XX, 4.
LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES
1108. — Même description.
M. 9; obole eub., 0 gr. 64 [Paris) Pl. XXXIII, fig. 19; — autres ex., 0 gr. 71 ; 0 gr. 60 (Londres) \
Le groupe des pièces à la roue (nos 1102 à 1108) présente des particularilés qui semblent autoriser des subdivisions et peut-être même des attributions variées.
Le n° 1102 a pour type une roue qui, à la place de rais rayonnant autour du moyeu central, a des traverses qui se coupent à angles droits. Il faudrait se garder de considérer cette forme spéciale comme attestant une antiquité plus reculée pour les pièces qui ont ce type. Il est manifeste, en effet, que l'ensemble des monnaies que nous décrivons ici sont à peu près contemporaines les unes des autres. De plus, il ne serait pas difïieile de citer, en archéologie, Temploi de roues avec des rais rayonnant autour du moyeu à une époque antérieure à nos monnaies ou contemporaine 2. D'où il suit que si, sur des monnaies frappées à la fin du viie siècle ou au commencement du vie, on a pour type une roue à traverses perpendiculaires, au lieu d'une roue à rayons, c'est qu'un sens particulier et symbolique était attaché à cette forme rudimentaire et archaïsante. Cette roue à traverses paraît être un souvenir des temps primitifs, un rappel de la roue telle qu'elle existait avant que la roue à rais fut inventée : cela est d'autant plus frappant qu'à la même époque on a d'au-
1. Cette obole est commune à Athènes. Beulé, Monn. d'Athènes, p. 23; Imhoof-Blumer, Annuaire cité, p. 102; B. Head, Central Greece, p. 107 et pl. XX, 6.
2. Par exemple : Schliemann, My cènes, éd. franc, p. 100, 140, 156; Helbig, Das homerische Epos, p. 53 et 98; G. Perrot, Hist. de l'art dans l'antiquité, t. VIII, p. 421 et 533.
très pièces qui ont pour type une roue à rais rayonnant autour du moyeu 3. Les deux formes de roues sont des types monétaires contemporains. Or, la roue à traverses ne peut avoir qu'un caractère symbolique et hiératique; c'est un emblème héraldique qui rappelle une légende primitive fort ancienne déjà à l'époque où les monnaies furent frappées '\
A quoi donc peut faire allusion cette
3. Nous trouvons, sur un vase peint, un exemple analogue de l'emploi simultané des deux formes de roues. C'est une amphore bachique à figures noires qui de la coll. Beugnot a passé au Musée de Compiùgne (publiée dans Gerhard, Auserles. Vasenbil. der, pl. XLI, et dans Ch. Lenormant et J. de Witte, Elite des monuments céramoyraphiques, t. III, pl. 48 et 49). Sur Tune des faces, on voit Triptolème assis sur un char dont les roues ont quatre rais, suivant la forme ordinaire. Sur l'autre face est représenté Dionysos tenant le canthare et assis sur un char ailé dont les roues sont à traverses perpendiculaires. Comme au point de vue mécanique, la roue à traverses est l'indice d'une primitive ignorance dans la construction des chars, et que la roue à rayons est nécessairement un perfectionnement sur la roue à traverses, on doit en inférer que les peintures du vase donnent au char de Dionysos une vieille forme traditionnelle, mythique, reproduisent peut être une image des temps primitifs, ou s'inspirent d'une lointaine tradition qui donnait cette forme de roue aux chars des dieux.
4. On trouve encore la roue à traverses perpendiculaires sur des monnaies étrusques, où elle est parfois même très élégamment ornée. Sur ces monnaies également, cette roue ne peut être qu'un symbole mythologique, et non l'image des roues existant chez les Etrusques à l'époque où les monnaies ont été frappées. B. Head, Hist. numor., p. 12, fig. 7; Garrucci, Monete delV Italia antica, 2e part., pl. "73, fig. 29 à 31. Sur des monnaies thraco. macédoniennes duvi°-ve siècle, nous verrons aussi plus loin les deux espèces de roues au revers de monnaies contemporaines. Cf. Zeit. fQt Num., t. III, pl. II, fig. 1, 2 et 3.
LES MONNAIES PRÉ-SOLONIENNES ET SOLONIENNES
roue de forme primitive? Une roue est assez naturellement l'emblème abrégé d'un char *. Or, nous avons fait, plus haut, allusion à la tradition populaire suivant laquelle le roi mythique d'Athènes, Erichthonios, monta le premier dans un char. Ce premier char de TAttique fut donné à Erichthonios par Athéna elle-même et le culte d'Erichthonios a toujours été associé à celui de la déesse Poliade. Ainsi, la roue de forme primitive rappelle très probablement sur nos monnaies l'invention attribuée par la tradition athénienne à Erichthonios, et cette interprétation est de nature à fortifier encore l'attribution à Athènes des pièces au type de la roue. Beulé se fondait, pour classer ces pièces à Athènes, sur ce fait positif qu'on en a trouvé plusieurs dans les champs de l'Attique à l'état isolé, de sorte qu'il paraît, par là, certain qu'elles ont circulé en Attique. En les attribuant aussi à Athènes, Six a cherché à préciser l'époque de leur émission, et sa conjecture, cette fois, n'est pas pour nous déplaire, car elle confirmerait même ce que nous venons de dire du symbolisme de la roue de forme primitive. Les pièces à la roue auraient, suivant M. Six, été frappées en 592, pour célébrer la victoire à la course en chars remportée pour la première fois par un Athénien à Olympie : cet Athénien n'était autre qu'Alcméon, le chef de la puissante famille des Alcméonides 2.
Rien ne s'oppose à ce qu'à l'occasion de cette victoire qui dut avoir un immense
1. Sur les monnaies primitives de Syracuse, à types agonistiques, le type de l'obole est une roue qui symbolise sûrement le char du vainqueur dont l'attelage au complet est représenté sur les pièces de plus grand module. (Voyez plus loin, à Syracuse).