‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 524 sur 1006 · Thucydide, VI · texte numérisé non relu

Thucydide, VI

LA RÉFORME d'iIIPPIAS

meurtre de son frère par Harmodios et Aristogiton, Hippias craignant pour son pouvoir et sa sécurité personnelle rechercha un appui dans l'amitié de princes étrangers : « Après avoir fait périr un grand nombre de citoyens, dit Thucydide, il jeta les yeux au dehors pour voir s'il pourrait, en cas de révolution, se mettre quelque part en sûreté. Il donna, en conséquence, lui Athénien, sa fille Archedicé, à Aiantidès, fils d'Hippoclès, tyran de Lampsaque, parce qu'il savait que cette famille avait un grand crédit auprès du roi Darius. Le tombeau d'Archedicé se voit encore actuellement à Lampsaque. » Trois ans après, en 511, Hippias, définitivement expulsé d'Athènes, dut se réfugier à Lampsaque, auprès d'Aiantidès son gendre.

Les petites monnaies ci-dessus décrites (nos 1128 à 1130) attestent l'alliance dont nous venons de parler entre Hippias et Aiantidès et elles furent frappées en quelque sorte pour la sanctionner.

A. de Longpérier 1 a proposé de reconnaître dans la tète janiforme du droit, la double Minerve qui, au témoignage d'Apollodore, se dédoublait en deux personnages, Athéna et Pallas, dont l'un tua l'autre. Il est possible qu'il y ait, dans ces deux têtes opposées, l'idée d'une déesse guerrière et d'une déesse pacifique, de Parthénos et de Polias, de Promachos et d'Ergané 2.

1. A. de Longpérier, clans la Reu. numism., 1843, p. 424; Œuvres, publiées par G. Schluiuberger, t. II, p. 61.

2. J. de Witte, Bull, de VAcad. royale de Bruxelles, t. VIII, n° 1; Ch. Lenormant et J. de Witte, Elile des monuments céramogr., t. I, p. 290; E. Gerhard, Zwei Minerven. Berlin, 1848; E. Beulé, Les monnaies d'Athènes, p. 52 ; Mylonas, 'Ava8Tr [xaxixàv àvayXucpov i| 'A0T}vtôv, dans YEphemeris ar-

Tomc II.

Quelle que soit la réalité de ce dualisme mythique, ce que nous devons surtout remarquer, c'est que ce type monétaire, inaccoutumé dans la série d'Athènes, est emprunté aux monnaies de Lampsaque contemporaines. C'est le type ordinaire des pièces d'argent de cette dernière ville 1 ; notre groupe athénien n° 1128 a 1132 présente ainsi l'association du type de Lampsaque, au droit, et delà tète d'Athéna des monnaies athéniennes, au revers. On n'en saurait donc douter, ces pièces furent frappées à l'occasion du mariage de la fille (f Hippias avec Aiantidès, et do l'alliance politique entre Athènes et Lampsaque qui en fut la conséquence. Nous avons vu, d'ailleurs, dans le monnayage de Lampsaque contemporain, l'introduction, par réciprocité, des symboles athéniens, de telle sorte que ces monnaies de Lampsaque sont la contre-partie, le pendant des monnaies d'Athènes décrites plus haut. D'un côté comme de l'autre, nous sommes, suivant l'expression de Six, en présence de monnaies « à types combinés de deux États différents »; ce sont des monnaies d'alliance, nous dirions presque des pièces de mariage 2.

Après l'expulsion d'Hippias par les Athéniens, son gendre Aiantidès, puis ses petits-fils continuèrent a exercer la tyrannie à Lampsaque. Hippias qui vivait auprès d'eux, figura à leurs cotés dans les rangs de l'armée perse, à la bataille de Marathon en 490. Or. les monnaies que ces petits-fils

chéol. d'Athènes, 1890, p. 1-10 et pl. I; J. Svoronos, Das Athener Nalionalmuseum, 3* fasc., p 101 et pl. XXVI, n° 82.

1. Brit. Mus. Catal. Mysia, pl. XVIII, fig. 9 à 12 ; voyez ci-dessus, p. 382à 386 et notre pl. XVI, fig. 18 à 21 .

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