L'ÉPOQUE DE CLISTHÈNE
Aleuades, dont la capitale était Larisse. Or, si Ton compare la tête de femme de nos monnaies athéniennes avec la tête de la nymphe Larissa sur les monnaies de Larisse qu'on peut croire antérieures à Fan 500, on constatera que c'est la même figure : même profil, mêmes cheveux ramassés sur la nuque, même style *.
Nous serions ainsi portés à admettre que c'est la tête de la nymphe Larissa qui figure au revers des pièces athéniennes, en té-
moignage de l'alliance d'Hippias avec les Aleuades. Hérodote, qui donne le titre de rois de Thessalie aux Aleuades, rapporte qu'étroitement liés avec les Pisistratides, ils se retrouvèrent avec eux à la cour du roi de Perse quand, à leur tour, ils furent chassés de la Thessalie. Le même historien nous présente les Aleuades comme ayant été, avec les tyrans de Lampsaque, les principaux instigateurs de l'invasion de Xerxès en 480 2.
§ IV. — L'époque de Clisthène.
De même qu'il est impossible, dans la série des monnaies athéniennes, de fixer avec rigueur une démarcation entre les dernières pièces de Pisistrate et les premières d'Hipparque et Hippias, de même il serait vain de chercher à distinguer avec précision, les dernières monnaies d'Hippias de celles qui furent frappées à Athènes après son expulsion en 511. Sous l'archontat de Clisthène l'Alcméonide, Athènes eut à triompher de la coalition extérieure comprenantles Béotiens, Ghalcis et les Péloponnésiens, quiavaitosé entreprendre de rétablir Hippias; en même temps, par l'un de ses citoyens les plus entreprenants, Miltiade l'ancien, sa flotte alla faire la conquête de la Ghersonèse de Thracc et de Lemnos. C'est l'époque où fut exécuté, par Anténor, le premier groupe sculptural des Tyranoclones, érigé entre 505 et 500 3 ; dans le même temps on commença la construction d'un
1. Ces pièces sont fort rares. Voyez-en un échantillon dans le Catal. du Brit. Mus. Thessaly, etc., pl. IV, fig. 6 et ci-après notre pl. XLIII, flg. 6.
2. Pour les développements, voyez E. Babelon dans le Journal internat, darchéol. numismatique,
nouveau temple à Athéna sur l'Acropole ;. A cette occasion, M. H. Lechatfait La remarque suivante que nous pouvons appliquer aussi bien à fart monétaire qu'à la sculpture : « Il va de soi, dit-il, que la chute d'Hippias et l'exil des derniers Pisistratides n'ont pas entraîné un changement ipso facto dans l'art attique. :' » Parmi les statues de corés trouvées sur l'Acropole, il est fort délicat de démêler en toute sûreté celles fini peuvent dater de 505 <>u 500. L'art cependant faisait des progrès constants à Athènes, tandis que les villes grecques de Tlonie, arrêtées dans leur développement, songeaient à s'insurger contre le grand Roi. Après leur révolte en 498 et leur châtiment si terrible en 194, les artistes ioniens trouvèrent refuge et protection dans Alhènes, et ainsi on doit expliquer l'influence prépondérante de l'école de Chios sur L'art attique de la période qui