Dôrpfeld, Athenische Mittheil., 1902, p
MARATHON
La comparaison du style des premières monnaies à la couronne d'olivier avec les sculptures que les archéologues placent à la même époque, c'est-à-dire entre 500 et 480, montre qu'alors encore, un rapport étroit unissait ces deux branches de l'art. Que la stèle découverte en 1901 auprès du Théséion représente, ce qui est peu probable, un simple hoplitodrome l, ou qu'on y reconnaisse avec M. Svoronos, le coureur Phidippidès envoyé à Sparte par les stratègesathénienspourannoncer que les Perses venaient de descendre à Marathon, sa place chronologique au début du ve siècle est assurée 2 ; or, la tête du personnage est d'un style dont la parenté avec celui de nos monnaies frappe au premier coup d'oeil. Plusieurs des plus belles statues de corés, de cette période, ont aussi, comparées à notre type monétaire, le même œil allongé entre de lourdes paupières, le même sourire à la commixure des lèvres relevées, le même menton encore un peu lourd, les mêmes bandeaux de cheveux sur les tempes.
En présence de ces constatations on peut presque dire qu'il serait singulier que la bataille de Marathon n'eut pas laissé de traces dans les types monétaires athéniens. La couronne d'olivier, symbole d'une victoire nationale, placée autour du casque d'Athéna, devait persister sans changement jusqu'à la fin de l'ancien style, c'est-à-dire jusqu'au temps d'Alexandre le Grand.
Pour inaugurer le nouveau type, les Athé-
cf. A. de Ridder, Revue des études grecques, 1904, p. 77-78.
1. H. Lechat, La sculpture attique avant Phidias, p. 296 ; cf. Pcrrot, Hist. de l'art dans l'antiquité, t. VIII, p. 648 651 (fig. 333).
2. Svoronos, Das Athener Nationalmuseum(l<dQo), p. 89 et suiv., et pl. XXVI (n° 1959 du catal.).