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et commerciale de Corinthe prit un nouvel essor ; on vit notamment l'industrie de la céramique fabriqueren quantités immenses ces vases d'un aspect sui generis, que les navires corinthiens exportèrent sur toutes les côtes du bassin méditerranéen, faisant concurrence aux poteries rhodiennes. C'est aussi vers l'époque de l'apparition de la monnaie à Corinthe, que se développe l'industrie du bronze qui a fait la réputation universelle du fameux airain de Corinthe l. Cypsélos, à l'exemple des plus puissants princes de son temps, met son orgueil à faire de riches présents aux sanctuaires les plus en renom. Il consacre dans le temple de Zeus, à Olympie, une statue colossale de Zeus en or repoussé et le fameux coffret de Cypsélos, en bois de cèdre, avec placages en ivoire et incrustations en or, merveille de sculpture et de ciselure qui fut le modèle dont s'inspirèrent longtemps les peintres de vases, les ciseleurs sur bronze et autres décorateurs d'objets artistiques 2.
L'apparition de la monnaie à Corinthe, sous Cypsélos, est la conséquence de cette grande prospérité commerciale et de cette activité artistique. Sans doute, cette date assignée aux premiers statères corinthiens n'est que probable, mais elle se trouve en
1. Cf. le présent Traité. Première partie, t. I, p. 366-367. Sur la prospérité commerciale de Corinthe aux viue-vie siècles, voyez Edmond Pottier, Calai, des vases antiques du Musée du Louvre, t. I, p. 154; t. 11, p. 416; G. Perrot et Ch. Chipiez, Hist. de Vart dans V Antiquité, t. VIII, p. 516.
2. Sur le coffret de Cypsélos, voir : M. Collignon, Hist. de la sculpt. grecque, t. I, p. 94 ; Furtwaengler, Meislerwerke der griech. Maslik (1893), p. 723; Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, t. VIII, p. 475 ; Henri Stuart Jones, dans le Journal of hellenic Studies, 1894, p. 30 à 80; E. Pottier, Catal. des vases antiques du inusée du Louvre, t. II, p. 418.
CORINTHË
corrélation avec l'apparition de la monnaie à Ëgine, en Eubée, à Athènes; elle nous fait remonter à trente ou quarante ans avant la réforme de Solon. Comme nous l'avons dit plus haut, il est évident, par l'examen des monuments eux-mêmes, que l'apparition de la monnaie dut être à peu près simultanée dans ces villes voisines, également commerçantes et puissantes.
Les plus anciennes monnaies de Corinthe nous révèlent, au surplus, par leur fabrique et leur poids, les relations commerciales qui existaient entre Corinthe, Athènes, l'Eubée et Égine i. Ce sont des statères de poids euboïque, au type du Pégase accompagné du <? (qoppa) initiale du nom de Corinthe, et le carré creux du revers n'est que la copie de celui des statères d'Egine au type de la tortue. Il suffît, pour s'en rendre compte, de comparer, par exemple, le revers du statère corinthien de notre pl. XXXVI, fig. 1, avec le revers du statère éginéen de notre pl. XXIX, fig. 20. Dans les deux cas, c'est le même carré creux partagé par des diagonales en huit triangles, les uns en creux, les autres en relief. La contemporanéité de la frappe de ces
Statère
Drachme ou trité
Triobole ou hémi-drach. (l/6e de statère).
Obole (l/6e de la drachme)
Hémi-obole (l/12e de la drachme)