B Head, Catal. Corinth., Introd., p. xvm
2. On a trouvé récemment en Attique, un poids très archaïque de Corinthe, en bronze, qui atteste par son type et son poids la dérivation euboïque du système corinthien : Au droit, tête de bœuf de face et la légende n^NPTAION Au revers, ?ORIN<DION> et au centre, j; poids 82 gr. 52.
monnaies dans les deux villes ressort de cette comparaison qui prouve, en même temps, que la monnaie débute à Egine un certain temps avant Corinthe. Nous retrouverons cette même forme de carré creux sur des statères de poids euboïque, au type de la triskèle, qui sont attribués à Phlionte (pl. XXXIII, fig. 12).
Nous expliquons au tome II de la Première partie de cet ouvrage, comment l'étalon corinthien dérive de l'étalon euboïque, tout aussi bien que l'étalon attique. Dans les deux systèmes, la pièce étalon est le statère de 8 gr. 72 2 . Seulement, les divisions de ce statère ne sont plus les mêmes à Athènes et à Corinthe. Tandis que, dans l'étalon attique, la drachme est la moitié du statère (4 gr. 36), l'hémi-drachme, la moitié de la drachme (2 gr. 18) et l'obole le 1/6 de la drachme (0 gr. 72), Corinthe emprunte au contraire le mode des divisions de son statère aux systèmes asiatiques, et donne le nom de drachme au tiers du statère ou trité. En conséquence, les divisions du système corinthien sont les suivantes, pour la période primitive qui s'arrête vers 500 ou 490 :
8er-72 (didrachme attique).
2 90 (correspond au tétrobole attique).
1 45 (correspond au diobole attique).
0 48 (correspond àl'hémi-obole éginétique)
0 24 (correspond au tartémorion éginétique) .
Le mot Ttevittaiov indique que ce poids était considéré comme étant cinq fois l'unité ; et cette unité est de 16 gr. 50, poids effectif, pour 17 gr. 46, si Ton tient compte de l'usure. Ce poids de 17 gr. 46 est celui du tétradrachme euboïco-attique. Hultsch, dans le Journal intern. cTarchéol. numismatique, 1905, p. 5.
CORINTHE
Ce mode de divisions par tiers ou sixièmes d'unité donne au système corinthien son originalité propre. Nous avons dit ailleurs que les Corinthiens imaginèrent ces divisions pour faciliter les échanges entre la monnaie attique et la monnaie éginétique ; le tableau qui précède montre quelles étaient les divisions interchangeables des deux systèmes Cette sorte de compromis fit la commodité et le succès de la monnaie corinthienne sur le marché international, et ce succès engendra, comme à Athènes et à Égine, l'immobilité des types. Les monnaies de Corinthe étaient partout populaires, sous le nom de nwXot, poulains, comme les monnaies d'Athènes sous le nom de chouettes et les monnaies d'Egine sous le nom de tortues 2.
Périandre, fils de Cypsélos, succéda à son père et régna 44 ans, de 629 à 585. Sous son règne, Corinthe continua à jouir de sa prospérité commerciale et de l'éclat extérieur dont elle brillait déjà au temps de Cypsélos. On attribue à Périandre la fondation de la plupart des colonies corinthiennes, comme Leucade, Anactorion,
Ambracie, Apollonie, Epidamne 3. Il entretint des rapports avec Milet et avec le roi de Lydie Alyatte \
A l'intérieur, le gouvernement de Périandre avait été particulièrement dur pour les Corinthiens. Son petit-fils Psammétichos, qui lui succéda en 585, ne régna que trois ans. Après lui, en 582, la royauté fut abolie et remplacée par un gouvernement oligarchique.
Les monnaies ne semblent pas avoir subi dans leur frappe le contre-coup de ces changements politiques. Si l'on range dans un ordre normal comme nous le faisons ici, les plus anciens produits du monnayage corinthien, on n'y rencontre qu'une modification importante qui se produit vers l'an 520 : elle est caractérisée par l'apparition, au revers des pièces, de la tète d'Athéna. Nous devons donc prévenir que les divisions chronologiques indiquées ci-dessous sont approximatives et ne reposent que sur l'impression que donne l'aspect des pièces au point de vue de l'art et de la fabrication.