B. Head, Corinth, p. 9, n° 95 et pl
CORINTHE
convenu archaïque. La déesse a, au cou, un collier de perles; généralement elle n'a pas de pendants aux oreilles, mais il y a des exceptions, en particulier sur la pl. XXXVI, fig. 21. Ses cheveux sont alignés en mèches striées, tout autour du front et sur les tempes ; ils descendent sur la nuque en petites nattes ramassées en une seule masse retroussée du bout et nouée sur le cou. Le casque à nasal est rejeté sur le sommet de la tête, en arrière ; il est de la forme appelée corinthienne. Dans le combat, les guerriers qui portaient ce casque le rabattaient sur leur visage.
La tête d'Athéna qui figure au revers de nos statères a reçu différents noms et il reste quelque incertitude sur ce point. On a proposé de l'appeler Aphrodite parce que Pausanias parle d'une Aphrodite armée qui avait son temple à l'Acrocorinthe 2.
Mais l'expression Aphrodite armée ('Acppo- St-cr, àirXiffjJiévY)) ne signifie pas Aphrodite casquée, et aucun monument de l'antiquité ne représente une Aphrodite coiffée du casque guerrier 3. M. Imhoof-BIumer a démontré que Pausanias a bien désigné la statue d'Aphrodite qui était sur l'Acrocorinthe et qu'on voyait encore de son temps : elle forme le revers de monnaies de bronze de l'époque des Antonins. Aphrodite est représentée à demi nue, dans l'attitude de la Vénus de Milo, et tenant des deux mains, un bouclier, la partie bombée tournée de son côté et dans laquelle elle se regarde comme
1. Fr. Lenormant, dans la Revue nicmism., t. XI, 1866, p. 73.