ARGOS
comprenant les villes doriennes deCléones, Phlionte, Sicyone, Épidaure, Trézène, Hermione, Corinthe et Égine. Cette confédération politico-religieuse était sous la protection d'Apollon Pythien, dont le sanctuaire fédéral se trouvait à Larissa, l'acropole d'Argos l. Phidon, roi d'Argos, le créateur de la monnaie d'Égine, domina sur la plus grande partie du Péloponnèse ; on place généralement son règne au viie siècle 2.
Nous expliquons ailleurs pour quelles raisons commerciales Phidon choisit pour atelier monétaire l'île d'Égine, grand port de commerce, plutôt qu'Argos, centre de l'amphictyonie dorienne, mais éloignée de la mer, sur l'Inachos torrentueux et souvent à sec. Après l'époque de Phidon, Argos et Sparte furent longtemps en lutte pour la possession du district de la Thyréatide qui séparait l'Argolide de la Laconie. Les Argiens furent vaincus, d'abord à Hysise vers 669 3, et près d'un siècle plus tard, vers 547, dans un combat mémorable de 300 hoplites choisis de part et d'autre. Le Spartiate Othryadès conquit, par son héroïsme
dans cette circonstance, une gloire immortelle célébrée par les historiens et les monuments figurés 4.
Ces défaites réitérées et l'état de faiblesse auquel elles réduisirent Argos expliquent comment il se fait que cette vieille cité n'ait pas ouvert un atelier monétaire dans le même temps qu'Athènes, Égine, Mégare ou Corinthe s.
Cependant, Argos était redevenue assez forte et puissante à la fin du vie siècle, pour imposer en 514 un tribut de mille talents à Sicyone et à Égine 6. A cette époque, elle avait des artistes comme Eutélidas etChrysothémis qui exécutèrent, pour Olympie, la statue de l'Arcadien Démarète, vainqueur à la course armée 7. C'est dans cette période de relèvement que furent frappées les premières monnaies d'Argos. Ce sont de très rares drachmes éginétiques, au type du loup, du poids normal de 6 gr. 28 à 6 grammes; des hémi-drachmes communes, des oboles et des hémi-oboles. Les plus anciennes peuvent remonter aux premières années du ve siècle 8.
1194. — Loup à gauche, en arrêt, les pattes de devant avancées. 1^. Carré creux dans lequel est un grand A (initiale du nom d'Argos); de chaque côté de la pointe de cette lettre un petit carré creux très profond.
1. Pausanias, II, 24 ; IV, 5 ; cf. E. Curtius, HisK grecque, t. J, p. 193.
2. Les dates assignées à Phidon par les chronographes varient du commencement du ixe siècle à Tan 580. Voyez à ce sujet au tome II de notre Première Partie (sous presse) ; cf. F. Lenormant, La monn. dans l'antiquité, t. I, p. 128 ; Th. Reinach, L'histoire -par les monnaies, p. 35; G. Busolt, Griech. Geschichte (2e éd.), t. I, p. 611.