‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 578 sur 1006 · Percy Gardner, Peloponnesus, p · texte numérisé non relu

Percy Gardner, Peloponnesus, p

HÉR^A

hiatus de deux tiers de siècle dans la série des monnaies émises au nom de la ville de Hérsea. Or, cet intervalle prolongé convient à merveille au groupe monétaire qui porte la légende 'ApxaSixov. Non seulement les premières pièces de ce groupe se rattachent étroitement, comme nous venons de le constater, à celles qui ont la légende archaïque £|*A, mais les trioboles les plus récents à la légende 'ApxaStxov, que leur style classe vers 417 ou peu auparavant, se relient aux nouvelles monnaies frappées à partir de 417 avec la légende EPA ('Hpoïwv). M. Imhoof-Blumer s'exprime comme il suit à ce sujet : « Tandis que les pièces les plus anciennes (à la légende 'ApxaSixov) se rattachent par le style aux dernières monnaies du groupe archaïque (à la légende £f*A), les plus récentes des pièces à la légende 'ApxaSixov se rattachent à une obole qui a pour type une tête de déesse, entre les lettres HR, et dans laquelle il est impossible de ne pas voir une monnaie de Hérsea ; il y a identité incontestable de type et de style ». Cette juxtaposition, en haut et en bas de la série chronologique, ne saurait manquer de frapper; elle autorise à conclure que les Hérseens ont des monnaies à la légende jusque vers

Tan 490; qu'à cette date, ils ont commencé à émettre les monnaies à la légende APKAAIKON ; puis, que vers 417, ils sont revenus à la légende EPA, puis HPASON- Pour quels motifs les Hérseens ont-ils frappé pendant la plus grande partie du ve siècle, des monnaies à la légende 'ApxaSixov? Que signifie ce mot 'ApxaStxov? L'examen des types de nos monnaies va nous conduire à démontrer que ces monnaies ont été frappées par les Hérœens comme présidents des jeux Arcadiques

qui se célébraient sur le mont Lycée.

Au droit des monnaies décrites sous les nos 1224 à 1235 (Pl. XXXVIII, fig. 8 à 18), nous avons les variétés d'un type de Zeus, barbu, le buste nu, les jambes drapées, presque toujours assis ; une fois, par exception, il est debout (n° 1235). D'une main, il s'appuie sur son sceptre et de l'autre il donne l'essor à un aigle qui vole dans le champ, ou qui, posé sur le poignet du dieu, s'apprête à s'envoler. Il y a des variétés d'attitude dans la pose du dieu, suivant qu'il est assis de profil, de trois quarts, de face; suivant qu'il s'accoude en arrière sur le dossier de son trône. L'une des variantes les plus notables est sur un triobole du Cabinet de Berlin, du milieu du ve siècle, où Zeus a un trône dont le dossier se termine en bec de cygne ; de la main droite le dieu tient le foudre posé sur ses genoux, et de la main gauche il s'appuie sur son sceptre ; l'aigle vole à la hauteur de son épaule, non plus en s'échappant des mains du dieu, mais au contraire, en se dirigeant vers lui *. Ce Zeus d'Arcadie est étroitement apparenté, d'une part, au Zeus du mont Ithome, tel que nous le montreront plus tard les monnaies de Messénie, d'autre part au Zeus d'Olympie tel que nous le verrons sur les monnaies de l'Élide et tel que l'immortalisera le ciseau de Phidias. Et par là, on soupçonne que le traité d'alliance signalé plus haut, et conclu pour 100 ans entre les Ëléens et les Héraeens au début de leur histoire, de même que l'alliance séculaire des Arcadiens avec les Messéniens, ne furent peut être pas étrangers à cette parenté des types monétaires.

1. Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 186, n° 163; cf. pour Taigle volant du côté du dieu, Brit. Mus. Peloponnesas, pl. XXXI, fig. 23.

HÉRjEA

Quel nom donner au Zeus arcadien? On l'appelle tantôt Zeus Lycaios, c'est-à-dire le Zeus du mont Lycée, dieu de la lumière, comme l'Apollon de Lycie; Zeus Akraios, le Zeus des sommets, où l'aigle plane et d'où il domine les vallées ; Zeus Aphesios, le Zeus libérateur, et c'est pourquoi, symboliquement, il donne l'essor à l'aigle qui est sur son poignet. Tous ces noms conviennent à la fois à cette divinité.

Zeus Lycaios dont le nom était rapproché de la racine Xux, lumière, et Xox, loup, se rattachant par là au loup d'Argos, origine probable du culte de la lycanthropie et des Lupercales, n'était autre que le personnage mythique Lycaon, représentant d'une race d'étrangers envahisseurs, qui vinrent se substituer en Arcadie à la race autochtone des Pélasges ; voilà pourquoi Lycaon fut dit fils de Pélasgos et divinisé. « Lycaon, dit M. Fougères \ est le nom primitif du dieu du Lycée, dieu de la lumière; il fut plus tard identifié au Zeus hellénique ; le nom primitif, converti en épithète, devint le qualificatif de Zeus Lycaios... La légende fit ensuite de Lycaon le grand prêtre et le fondateur du culte de Zeus Lycaios, suivant une habitude courante dans la mythologie grecque : en Attique, Ërechteus, dieu marin local, dépossédé par Poséidon, devient le grand prêtre et le fondateur du culte de Poséidon dit Ërechteus... »

Le culte de Lycaon ou de Zeus Lycaios en Arcadie, supplanta le culte pélasgique du dieu Pan, au moins dans un grand nombre de sanctuaires. Importé par des étrangers, dieu d'une race de conquérants, Zeus Lycaios fit reléguer au second plan le culte du Pan arcadien qui, du premier

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