‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 583 sur 1006 · V. Bérard, Les origines des cultes arcadiens, p · texte numérisé non relu

V. Bérard, Les origines des cultes arcadiens, p

2. Puillon-Boblaye, Recherches géograph. sur les ruines de la Morée, p. L63.

3. Pausanias, Vlll, 36 et 37. On a retrouvé des débris de ces statues; cf. M. Collignon, llisl. de la sculpt. grecque, t. Il, p. 627.

trouvons aussi, sur les monnaies, comme celles dcHérœa décrites plus haut, Déméter Pélasgis, sous des formes diverses : Déméter Melaina (la noire) à Phi gai ie ; Déméter chevaline à Thelpusa, Déméter Erinnys à Phénée. Au mont Lycée, la prépondérance du culte de Despoina sur celui de Déméter est nettement affirmée par toutes les sources littéraires et le sanctuaire où les deux déesses étaient adorées s'appelait exclusivement le « sanctuaire de Despoina, » lepov -7; Aeffwoîvïjç, sans qu'il soit fait mention de Déméter *.

Ainsi, bien que dans certaines villes, Démêler fut restée comme la déesse-mère, avec ses vieux rites pélasgiques, peut être apportés d'Egypte par les filles de Danaos 2, il en était tout autrement au sanctuaire national du Lycée où Despoina dominait à côté de Zeus Lycaios. Mais, si Démêler était encore adorée dans différentes localités sous des noms et des aspects variés, Despoina recevait aussi, dans certaines villes, des épithètes diverses et des attributs qui la rapprochèrent de divinités féminines du panthéon purement hellénique et finirent même par l'identifier

1. a Lycosura, remarque M. Victor Bérard, « Despoina n'est pas, comme Curé en Atlique, une divinité secondaire, adorée auprès de sa mère, avec sa mère et en quelque sorte, au dessous de sa mère : « C'est elle que, de toutes les déesses, les Arcadiens révèrent le plus », dit Pausanias, quand il parle du sanctuaire de Lycosura (Pausanias, VIII, 37, 14). Ce sanctuaire où sont adorées les Grandes Déesses, s'appelle Lcpov xffi Aztttolvt,; ; l'enceinte, t.zqKjoIqi t?,; Izzr.oirr,; ; les portiques, tto* ^icapàT^

Et dans ce temple de Asszo'va (vaô; vffi A^tto'vt,?), c'est à Despoina que l'on adresse les prières et les sacrifices, OJo-JS'.vTf, Aît-oîvt, (Pausan., Vlll, 31, etc.). Despoina est bien, ici, la déesse prineipale, la poliade de Lycosura ». Victor Bérard, Les origines des cultes arcadiens, p. 128; cf. p. i.

2. Hérodote, II, ni: cf. V. Bérard, Les origines des cultes arcadiens, p. 120.

HÉRjEA

avec ces dernières. C'est ainsi qu'après 370, à Mégalopolis, Despoina reçoit l'épithète de ^ Ztà-ceipa ; ailleurs, on l'appelle f) KaXX(axr), la très belle, qualificatif qui finit par amener l'assimilation entre Despoina et la nymphe Callisto, mère d'Arcas. Dans cette dernière phase des légendes arcadiennes, Despoina-Callisto devient, par Arcas, la mère de la race arcadienne i.

Dans d'autres légendes tardives, Despoina s'identifie avec la Coré des mystères éleusiniens ; elle se rapproche aussi d'Artémis et se confond même avec elle; elle a en commun avec Artémis, l'arc et la biche comme animal sacré. Ainsi, au fur et à mesure que pénètrent en Arcadie les autres cultes de la Grèce, Despoina s'assimile aux divinités qui ont avec elle quelque ressemblance; elle devient une variété d'Artémis, une variété d'Aphrodite. Il en fut ainsi des divinités indigènes dans tous les pays.

Ces quelques détails mythologiques étaient nécessaires pour expliquer les transformations graduelles du type de Despoina sur les monnaies à la légende APKAÀIKON, au fur et à mesure qu'on avance dans le ve siècle. On la voit prendre, tour à tour, l'aspect et les attributs d'Artémis, d'où le nom d'Artémis Hymnia qu'on lui a donné; l'aspect et les attributs d'Aphrodite ou de la nymphe Callisto. Sous ces transformations, c'est toujours, originairement, la même déesse, Despoina, la parèdre de Zeus Lycaios, dans le culte du mont Lycée.

1. V. Bérard, op. cit., p. 130. M. Bérard s'efforce, pour Despoina, comme pour Zeus Lycaios, de démontrer que cette déesse est l'Aphrodite-Astarté des religions orientales et que son culte a été importé au cœur de l'Arcadie par les invasions phéniciennes.

Les jeux nationaux arcadiens du mont Lycée, en l'honneur desquels furent frappées les monnaies à la légende APKA- ÀIKON, étaient les plus anciens de la Grèce; suivant Aristote, leur origine était antérieure même à celle des jeux Olympiques et l'on disait que Cronos et Zeus y vinrent combattre et s'y disputèrent le prix de la lutte avant même la création de l'homme l. Comme la frappe des monnaies à la légende APKAÀIKON se prolonge jusque vers l'an 417, il est à croire que la célébration de ces jeux dura au moins jusqu'à cette époque. Ils durent être désertés devant la popularité toujours croissante des jeux d'Olympie et aussi à cause des difficultés matérielles qu'on éprouvait pour se rendre au mont Lycée, tant la route est ardue et hérissée de rochers abrupts.

Les Hérœens, — les monnaies nous l'attestent, — devenus présidents des jeux Arcadiques, firent frapper des monnaies dont la légende APKAAIKON appelle le complément suivant : 'ApxaStxwv aytoviov <r?j[xa (ou xoja[i.a, OU yapaxxiQp), OU 'Apxaotxwv aY^viov el^l ar^a, «je suis la monnaie des jeux arcadiques », formule analogue à celle du statère éphésien de Phanès 2. De la même manière doivent être interprétées les monnaies à la légende OAVNPIKON, frappées par les archontes d'Ëlis qui avaient la présidence des jeux d'Olympie. La légende APKAÀIKON ne doit pas s'expliquer autrement; il serait contraire à l'histoire de supposer, par exemple, l'existence d'une ligue politique arcadienne qui eut fait frapper ces monnaies auxquelles on reconnaîtrait ainsi un caractère fédéral. Une pa-

1. Beulé, Le Péloponnèse, p. 129; V. Bérard, Les Origines, p. 55.

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