‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 596 sur 1006 · PSOPHIS · texte numérisé non relu

PSOPHIS

bourgade, n'a dû frapper que de petites divisions monétaires, l'obole ; — 2° le type ordinaire de Phénée est Hermès portant le caducée ; on n'a pas de monnaies de celle ville antérieures aux guerres Modiques, ce qui paraît surprenant. En lui attribuant la tri té anépigraphe, Phénée aurait ainsi des monnaies dès le début du ve siècle, sinon même dès la fin du vie. — Mais je ne vois point, pour ma part, la nécessité de recourir à cette hypothèse de Six. La légende OAAI indique la pairie de Pobole ; les types, le style, l'aspect général, le poids rapprochent les deux pièces n09 1243 et 1244 et autorisent à penser ({d'elles sortent du même atelier, Thaliadae. Si ce dème rural

n'a plus de monnaie après le premier quart du ve siècle ; si, d'autre part, Phénée ne commence à battre monnaie au même type d'Hermès, qu'à partir des gùerresMédiques, une conclusion paraît s'imposer : c'est que Phénée aura remplacé Thaliadae comme importance et comme centre commercial .

Thaliadae aura été absorbée par Phénée.

Qui sait même si, comme cela s'est passe souvent, les habitants de Thaliadae; pour une cause inconnue, de gré ou de force, n'auront pas été transportés à Phénée pour renforcer celle dernière \illc. La formation de villes comme Héraea, Mantinée, Mégalopolis, Argos, et tant d'autres du Péloponnèse, rend cette conjecture très acceptable.

g 1\. — Psophis.

Psophis (Wcocpfç, gén. VaxpïSoç), dans la région nord-ouest de l'Arcadie, aujour d'hui Tripolamo, au sud de Palras, était la capitale du petit canton appelé VaxptSîa. Elle se trouvait à. proximité du confluent de l'Aroanios et de l'Erymanthe et c'est dans son voisinage que la légende plaçait le combat d Héraclès avec le sanglier de l'Érymanthe. Certaines traditions affirmaient que la ville avait été fondée par Psophis, arrière-petit-fils d'Àrcas; d'autres

prétendaient que Psophis était une nymphe fille d'Eryx, roi de Sicile. Elle fut aimée d'Héraclès qui l'enleva et la cacha à Phêgia, ville qui prit, depuis lors, le nom de Psophis. Voilà pourquoi il y avait à Psophis un temple d'Aphrodite Erycine comme à Ervx, en Sicile '.

Les plus anciennes monnaies de Psophis ne sont guère antérieures à La défaite des Perses en 480. Nous donnons par conséquent, ici, seulement la tèle de la série.

1245. — Cerf bondissant à droite.

fy. Poisson placé on diagonale dans un carré creux limité par un grènetis. M 12; tétrobole éginét., :\ gr. 98 Londres) Pl. XXXVIII, fig. 29 -'.

1246. — Cerf bondissant à droite.

1^. Poisson en diagonale dans un carié creux limité par un grènetis. ift. 10; Irihémi-obole éginét., 1 gr. 40 (Berlin) Pl. XXXVIII, fig. 28 \

1. Rausanias, VIII, 24. 3. Irahoof-Blumer, Zçit. purNum.,ï.l\ p. 117,

2. P. Gardner, Peloponnesus, p. 108, n° 1 et n° I et pl. IV. 1. pl. XXXVI, 18.

875 psophis 876

1247. — Protomé de cerf bondissant à gauche.

fy. Poisson en diagonale dans un carré creux; dans le champ, un autre poisson très petit.

JR. 10: obole éginét., 0 gr. 88 {Londres) Pl. XXXVIII, fig. 26 l.

1248. — Protomé de cerf bondissant à droite.

XO. Poisson à droite; dessous un gland. Le tout dans un carré creux bordé de denticules.

JR. 11 ; obole éginét., 0 gr. 80 (Paris) Pl. XXXVIII, fig. 23.

1249. — Protomé de cerf bondissant à droite.

1^. XO. Poisson en diagonale dans un carré limité par des denticules. Carré creux au pourtour.

fit 10 ; obole égin., 0 gr. 98 (Berlin) Pl. XXXVIII, fig. 25 \

1250. — Protomé de cerf bondissant à droite.

1^. XO (rétrograde). Poisson à gauche; dessous, un gland. Le tout dans un carré creux à bords dentelés.

JR, 11 ; obole éginét., 1 gr. 01 (Berlin) Pl. XXXVIII, fig. 24 3.

1251. — Variétés : 0 gr. 90 (Berlin) 3 ; 0 gr. 88 (Londres) \

1252. — Protomé de cerf bondissant à droite.

1^. XO. Poisson à droite ; dessous, un foudre. Aire creuse circulaire.

JK 11 ; tritémorion éginét., 0 gr. 75 (Paris) Pl. XXXVIII, fig. 27; —

autres, 0 gr. 74 (Luynes) ; 0 gr. 80 (Berlin) 6.

Les premières monnaies sont anépigra- de chaque côté du poisson (noS 1248 à

phes (nos 1245 à 1247); leur flan est épais, 1252). Elles sont suivies, après le milieu du

le carré creux très accentué; ces petites ve siècle, de pièces aux mêmes types qui

pièces sont vraisemblablement un peu anté- portent la légende plus complète yOOl 7;

rieures à 480. Viennent ensuite celles qui plus tard, on a YOOIAION 8. ont les deux lettres initiales ¥-0, placées Sur les nos 1248 à 1252, la forme de la

1. Percy Gardner, Peloponnesus, p. 198, n° 2 et 5. Percy Gardner, Peloponnesus, p. 198 et pl. XXXVI, 19. pl. XXXVI, 20 (au lieu du gland, on a cru recon-

2. Imhoof-Blumer, Zeit. filr Numism., t. I, p. 118, naître un cuisseau de cerf.)

n° 7 et pl. IV, 2. 6. Imhoof-Blumer, Zeit. fur Num., t. I, p. 119,

3. Imhoof-Blumer, Zeit. fur Num., t. I, p. 119, n» 11 et pl. IV, 4.

n° 9 et pl. IV, 3. 7. Imhoof-Blumer, Zeit. fur Num., t. I, p. 119,

4. Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 206, n° 260 n° 12 et pl. IV, 6 b.

et pl. E, 14. 8. B. Head, Hisl. ni ■ nor., p. 379.

CLEÏTÔR

lettre y est particulièrement remarquable; on a X et quelquefois X- Cette dernière forme se rencontre en Locride, à Corinthe, dans plusieurs îles de la mer Egée et dans l'alphabet, ionien àTépoque archaïque *.

Quant au type du cerf ou de la biche cornue, c'est dans la légende d'Héraclès qu'il convient d'en chercher l'interprétation : le nord de l'Arcadie fut le théâtre d'un grand nombre des exploits d'Héraclès. C'est en particulier dans celle région que la légende place la poursuite par Héraclès de la biche Cérynite, aux cornes d'or et aux pieds d'airain, symbole de l'Àrtémis lunaire; la biche se réfugia dans un temple d'Artémis, puis sur les bords du Ladon où le dieu finit par la saisir -. C'est la biche cornue Cérynite fuyant Héraclès que nous reconnaîtrons sur les monnaies de Psophis.

Le poisson qui, d'une manière constante, figure au revers de ces monnaies, trouve aussi son explication dans les légendes

locales. Nous avons dit tout à l'heure que Psophis était voisine du confluent de l'Érymanthe avec l'Aroanios. Or, Pausanias donne sur les poissons de l'Aroanios des renseignements singuliers qui nous avertissent de la place de ces poissons dans la mythologie locale. « L'Aroanios, dit-il, nourrit différentes espèces de poissons, et entre autres, ceux qu'on nomme les Pœcihœ (irorxtXtai, poissons de diverses couleurs, mouchetés). Ils ont, à ce qu'on dil, un chant semblable à celui de la grive. J'en ai vu hors de l'eau, mais je ne les ai jamais entendus chanler, quoique je sois resté pour cela sur les bords du ûeuve jusqu'au coucher du soleil. C'est à ce qu'on prétend, l'heure à laquelle ils chantent le plus ordinairement 3. » Ce que nous devons retenir de cette fable, c'est que les poissons de l'Aroanios jouaient un rôle dans les légendes locales; de là, leur présence au revers des monnaies 4.

§ X. — Cleitor.

Pausanias place Cleitor (KXeîxwp) à 00 stades des sources du Ladon, entre les deux autres villes arcadiennes de Phénée et de Psophis G. Elle prétendait avoir été fondée par Cleitor, petit-fils d'Arcas.

Cleitor eut un atelier monétaire dès le premier tiers du v" siècle; c'est, en effet, à celle ville qu'on doit attribuer la petite pièce suivante connue en un certain nombre d'exemplaires.

1. Fr. Lenormant, art. Alphabet um, dans le Diclionn. des Anliq. gr. et rom. de Daremberg et Saglio, p. 201.

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