‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 61 sur 1006 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

une lettre qui existait déjà dans l'alphabet cadméen, dont la figure est très voisine de celle de 0, et dont la prononciation était considérée comme très rapprochée de celle de cette dernière lettre, puisque toutes deux s'échangeaient souvent, c'est le thêta. La permutation du thêta et du phi est un fait bien connu des grammairiens et qui se produit dans presque tous les dialectes helléniques. On la remarque surtout en éolien et en dorien. Homère emploie le mot cfXfyexat pour eXt-^-cat (il accablera) ; Pindare, cpXàv pour 8X5v (briser) ; Théocrite, ouepap pour ouOap (mamelle). Mais ce ne sont pas seulement les écrivains classiques qui nous fournissent des exemples de cet échange entre deux articulations voisines. Nous en rencontrons aussi quelques-unes dans les monuments épigraphiques. Tel est l'emploi de la forme «pïjpa pour Ô-rjpa dans une inscription de Sparte. . . N'est-il pas permis de croire après cela, que 0 dérive de O ou ©... » ».

Nos statères d'électrum de Phocée et d'argent de Phasélis sont un argument de haute valeur en faveur de la thèse de Fr. Lenormant, puisque le phi, initiale du nom de ces deux villes, y a encore la forme du thêta ; ou plutôt que le thêta y remplace le phi. En outre, sur l'hecté décrite ci-dessous, sous le n° 125, on a les initiales O 0> qui confirment encore cette théorie. Il faut donc admettre que le nom de Phocée, xxia, se prononçait par une articulation voisine de Çôkaiâ, Çôkea, et <ï>àcnr)Ài<; se prononçait Çasêlis, assimilation du phi et du thêta courante en grec moderne, mais que notre prononciation érasmienne du grec

i. Fr. Lenormant, art. Alphabetwn'Mws le Dict. des antiq. gr. et rom. de Daremberg et Saglio, p. 203.

PHOCÉE

nous empêche de saisir tout d'abord. Les grammairiens remarquent que cette assimilation avait lieu surtout dans les dialectes éolien et dorien. Or, Phasélis était une colonie dorienne et quant à Phocée, elle était en plein pays éolien ; ce sont les Éoliens

qui permirent aux Phocéens immigrants de s'installer sur le rocher où ils bâtirent leur ville; Lesbos et Cymé, proches voisines de l'ionienne Phocée, demeurèrent toujours les centres de la nationalité éolienne *.

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