Hérodote, VII
4. B. Head, Catal. Macedonia, p. 144, n° 2; Hist. numor., p. 179 (trouvée dans le Tigre en 1818).
5. B. Head, Catal. Macedonia, p. 144, n° 1 ; Hist. numor., p. 79 (trouvée dans le Tigre en 1818).
6. D'après une empreinte communiquée par un marchand syrien; trouvée dans le voisinage de TEuphrate.
LES ÉDONIENS
1458. — TETA BÀSIAEY HAO/VEH/V. Bouvier conduisant deux bœufs, comme ci-dessus. Grènetis.
fy>. Carré creux plat partagé en quatre petits carrés par un croisillon. iR. 31 ; octodrachme, 28 gr. 30 [Paris) Pl. XLV, ûg. 7.
1459. — Sans légende. Héros conduisant deux bœufs à droite, comme cidessus; le bouvier, placé entre les animaux est nu, barbu, coiffé de la causia\ le cou orné d'un collier; une longue tresse de cheveux nattés descend sur son dos; il pose la main droite sur la croupe de l'un des taureaux ; du bras gauche avancé, le poing fermé, il maîtrise, en le retenant par sa longe, l'autre animal qui dresse la tôle. Grènetis.
1^. Roue à quatre rais, dans un carré creux plat.
JR. 31 ; octodrachme, 28 gr. 90 (Paris) Pl. XLV, fig. 8.
Comparez ci-après la monnaie d'Ichna», cédonienncs archaïques, faite dans la monn° 1561. Les deux pièces précédentes tagne entre Antioche sur l'Oronte et Lalta- (nos 1458 et 1459) faisaient partie d'une quié. Parmi lesautres piècesde la trouvaille, petite trouvaille de monnaies thraco-ma- il s'en trouvait d'Acanthe et de Mendé
1460. — Môme droit. — I^- Môme type, mais autour de la roue, traces de la légende [rETA B]ASIA [ECli HAOj/VAyV.
JR. 32 ; octodrachme, 29 gr. 01 (coll. de Hirsch, cab. de Bruxelles) 2.
Les plus lourdes des monnaies des Édoniens que nous connaissions sont les pièces de 29 gr. 01 et de 28 gr. 90. Nous les considérons comme des octodrachmes du poids normal de 29 gr. 08, correspondant à un tétradrachme de Vv gr. 54 ; à un didrachme ou statère de 7 gr. 27 et à une drachme de 3 gr. 635. 11 n'est pas possible de faire concorder les pièces de 29 gr. 01 (ou normalement, de 29 gr. 08) avec le système des Derroniens; en revanche, les monnaies des Orrcskiens sont taillées suivant le même
système que celles des Édoniens. Les poids théoriques que nous venons d'indiquer paraissent se rattacher à l'étalon milésiaque.
Comme pour les grandes pièces des Derroniens, il est probable que les divisions des magnifiques octodrachmes des Édoniens doivent être cherchées parmi les petites pièces anépigraphes et incertaines qui ont pour type untaureauouune têtede taureau3.
La légende si curieusement explicite des octodrachmes se présente sous quatre formes variées :
1. E. Babelon, Mélanges numismatiques, 3e série, p. 212 (et lettre de M. le dr Rouvicr, de Beyrouth).
2. B. Ilead, Hist. numor., p. 180; L. de Hirsch, Annuaire de la Soc. franç. de numism., t. VIIÏ,
1884, p. 34, n° 4 et pl. 1, 4; reproduit dans Babelon, Mélanges numism., 3e série, p. 210, n° 5 et pl. V, 2. 3. Voyez ci-après, notre pl. LIV.
LES ÉDONJENS
TETAS BÀSIAEV HAONEHN TETA BASIAEV HAONEflN TETA BASIAEHS HAflNAN TETAS HAONEON BASIAEVS
Ainsi, au nominatif, nous avons à la fois TETAS et TETA, BASIAEYS et BASIAEY.
Les formes TETA et BASIAEY sont des abréviations hypoeoristiques comme les grammairiens en citent des exemples1.
Au génitif pluriel, nos légendes monétaires nous donnent trois formes pour le même mot : HAONEON, HAONAN, HAONEnN. La forme ionienne HAOMEON n'est qu'un archaïsme pour HAONEflN.
Quant à la forme HAONAN, elle nous révèle Temploi du dialecte éolo-asiatique ou dorien ; c'est une contraction de la forme pleine qui serait Etôwvàwv 2.
Le type du bouvier conduisant deux bœufs se retrouve avec des variantes sur des pièces des Orreskiens, des Derroniens et d'Ichnœ. Quel est donc ce bouvier si popu-
1. On a dans les plus anciennes inscriptions de la Béotie : KaXkict pour KaXXtaç, TuSeû pour TuSsùç, MupfXTv* pour MuptXXïiç, Tjâpayôpa pour Tjâpaydpaç, Le $ final ne se faisait pas entendre dans la prononciation et récriture se dispensait parfois de le reproduire. Voyez Richard Meister, Die griechischen Dialekte auf Grundlage von Ahrens' Werk, t. I, p. 160; Friedrich Blass, Miscellanea epigraphica, p. 126, et dans le Rheinisches Muséum, n. s. t. XXXVI, 1881, p. 604 et suiv. ; P. Cauer, Delectus inscript, graec, p. 165; G. N. Chatzidakis, dans le Journal international d'archéologie numismatique (Athènes), t. I, 1898, p. 231.
2. Comme xauxav pour tocutwv, iroV.Tav pour iroXitwv, vaaiwxav pour vactwxwv, tàv 6sav pour xtov 6su>v, etc. Raphaël Kùhner, Aiisfùhrliche Grammatik der griechische Sprache, 3e éd. par Fr. Blass, pp. 368 et 371 ; Richard Meister, Die griechischen Dialekte, t. T, p. 163 ; Chatzidakis, loc. cit. La forme 'Hùwvou paraît, d'après les légendes monétaires, avoir été celle qu'employaient les Edoniens eux-mêmes, de préférence à "HSoivoi ou "HSwvsç. K. F. Kinch, dans le Journ. int. d'arch. num., t. 1, 1898, p. 380.
laire dans la numismatique thraco-macédonienne?
Remarquez que le personnage est nu :
c'est donc un héros ou un dieu. Ses deux javelots (Pl. XLV, fig. 9 et 10) indiquent qu'il s'agit d'un chasseur et, conséquemment, les bœufs sont des taureaux sauvages que le héros vient de dompter et de soumettre au joug pour la première fois. Il ne saurait donc être question d'une scène pacifique de labourage ou de pâturage qui serait comme l'emblème de la fertilité des vallées du Strymon et de l'Angitès. Nous proposerons de reconnaître ici Hermès emmenant les bœufs d'Apollon qu'il vient de dérober, et la justification de cette appellation sera le revers des monnaies des Derroniens qui représentent le bouvier tenant le caducée à la main (Pl. XLIV, fîg. 1) *.
D'après l'hymne homérique [in Mercurium) qui se complaît au développement de ce mythe, Hermès (vers 17 et 18) naît le matin ; il joue de la cithare à midi, et le soir il vole les troupeaux d'Apollon qui s'est éloigné derrière l'horizon. Le théâtre de cette scène pastorale est au pied du mont Olympe, en Piérie : c'est là que paissaient les cinquante taureaux blancs, aux cornes d'or, lorsqu'Hermès vint les surprendre à la tombée de la nuit 2.
Mais la Piérie, patrie d'Apollon et des Muses, était sur le golfe Thermaïque, entre la Macédoine et la Thessalie, c'est-à-dire loin du pays des Ëdoniens et des Orreskiens. Comment ces peuples ont-ils été amenés à traduire ce mythe sur leurs mon-
1. F. Bompois, dans la Revue archéologique, n. s. t. XIV, 1866, pl. XXIII, 6; H. Gaebler, dans l&Zeit. fûrNumism., t. XX, 1897, p. 289, n. 2.