Cela résulte du passage d'Hérodote, V
4. Le rapprochement entre le nom des Salves et celui des Satyres prouve que sur les monnaies il
fertile en numéraire soit si peu connue des historiens. Or, il faut remarquer que les types ordinaires des monnaies de Lété sont un Satyre obscène courtisant une Ménade. On sait que dans la donnée mythologique, les Salyres et les Ménades qui forment le Ihiase de Dionysos, étaient originaires du pays des Satres. Le nom des Satres, Saxpai, a été rapproché de celui des Satyres, S*xt5poi; les monnaies qui ont pour type un Satyre font sans doute allusion à ce rapprochement factice, si conforme à l'esprit des anciens '". C'est un type parlant, analogue à ceux dont nous pourrions citer un si grand nombre d'exemples. Dès lors, je suis porté à conjecturer qu'un certain nombre des monnaies an type du Satyre ithyphallique et de la Ménade, ont pu être frappées chez les Satres, peuplade qu'Hérodote place dans les monlagnes voisines du pays des Edoniens, des DerroniensetdesOdomantes, c'est-à-dire vers les sources de l'Angitès et sur la rive gauche du Strymon. « Les Satres, dit-il, ont, sur la plus élevée de leurs monlagnes, un oracle de Dionysos; les Besses sont ceux des Satres qui desservent le
faut bien donner le nom de Satyre et non, comme le propose M. Imhoof-Blumer, celui de Pan ou de Silène au monstrueux personnage des monnaies de Lété (cf. Imhoof-Blumer, Monn. f/recq., p. 80-82). Au surplus, les Satyres et les Silènes, les Savxoa: £au8oi, Eaxtipot, S'.Vr.voi, se confondaient et sont représentés souvent avec les mêmes attributs.
LÉTÉ
temple où une prophétesse rend des oracles comme à Delphes 1 ». Assurément, on ne saurait considérer Lété comme une ville des Satres, puisqu'elle se trouvait assez loin, de l'autre côté du Strymon. Mais étant donnés les rapprochements que nous venons de proposer, il est possible que le type du Satyre ithyphallique soit originaire du pays des Satres, et qu'un certain nombre des monnaies anépigraphes, à ce type, aient été frappées par cette tribu. Lété
a pu emprunter ce type aux Satres : la numismatique thraco-macédonienne offre maints exemples d'emprunts analogues.
Les monnaies de Lété fournissent les divisions suivantes :
Statère, pesant de 9 gr. 99 à 9 gr, 10 (poids effectifs vérifiés) ;
Drachme, de 5 gr. 29 à 4 gr. 98 ;
Triobole, de 3 gr. 53.
Obole, de 1 gr. 28 à 1 gr. 04.
1559. — Centaure barbu, nu-tète, à demi agenouillé à droite, levant les deux bras et tenant de la main gauche une pierre ronde ; il détourne la tête en arrière et ses longs cheveux flottent sur ses épaules en mèches granulées.
1^. Carré creux partagé en quatre petits carrés réguliers.
JR. 18 ; statère, 9 gr. 45 [Hanter) Pl. L, fig. 1 \
No 1560.
1560. — Centaure barbu à dr., un genou à terre, détournant la tête ; il a de longs cheveux nattés sur les épaules; de la main droite, il tient un canthare ; au dessus, la lettre \ et deux globules. — 1^. Carré creux quadripartit.
M 10; obole, 1 gr. 07; variété, 0 gr. 89 3.
L'attribution à Lété des deux pièces précédentes, au type du Centaure, n'est rien moins que certaine. Rappelons seulement que les Centaures faisaient, comme les Satyres, partie du cortège de Dionysos, et
que nous verrons tout à l'heure (nos 1583 à 1585) sur des monnaies de Lété un Centaure emportant une Ménade, comme sur les monnaies des Orreskiens et celles de Thasos.
1561. — Satyre ithyphallique se précipitant sur une Ménade; il est nu, barbu, avec de longs cheveux flottant sur ses épaules; il a une longue queue
1. Hérodote, VII, 110-111. 3. Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 82, n° 81 et
2. Macdonald, Hunterian collection, t. I, p. 266. Choix de méd. grecq. , pl. I, nc 18. n° 1 et pl. XIX, 15 (attribution douteuse à Lété).
LÉTÉ
et des pieds de cheval; il marche à grandes enjambées, la main droite rejelée en arrière et levant la main gauche à la hauteur du visage de la Ménade qui s'enfuit en détournant la tête du côté de son agresseur.
fy. Carré creux partagé en quatre triangles par deux diagonales.
JR 20; statère, 9 gr. 36 (Paris) Pl. L, fig. 2.
1562. — Satyre ithyphallique conversant avec une Ménade; le Satyre est nu, barbu, debout à droite, avec de longs cheveux flottant sur ses épaules; de la main droite ramenée en arrière, il tient sa queue de cheval ; il dirige la main gauche du côté de la Ménade qui est debout devant lui, face à face; de la main droite levée, la Ménade tient une fleur lotiforme et de la main gauche baissée elle lient une couronne. Entre les deux personnages, un globule.
1^. Carré creux partagé en quatre triangles par deux diagonales. yK 20; statère, 9 gr. 27 (Luynes) Pl. L, fig. 3; — autres ex. variés, 9 gr. 55; 9 gr. 63; 9 gr. 70 (trouée) l.
1563. — Satyre ithyphallique conversant avec une Ménade; le Satyre est nu, barbu, debout adroite, avec de longs cheveux flottant sur ses épaules; de la main droite ramenée en arrière il tien! sa queue de cheval; sinistra manu veretrum tenet; la Ménade esl deboul devant lui, face à face, levant la main droite. Dans le champ, trois globules.
R^. Carré creux partagé en quatre triangles par deux diagonales. M 20 ; statère, 9 gr. 37 (Paris) Pl. L, fig. 4.
1561. — Satyre ithyphallique debout face à face avec une Ménade qu'il saisit par le poignet; le Satyre lève la main droite, et la Ménade retient les plis de son chiton de la main gauche baissée; dans le champ, deux globules.
1^. Même carré creux, partagé en triangles.
M 20; statère, 9 gr. 93 (Berlin) \
1565. — Satyre ithyphallique deboul à droite, saisissanl par le poignet une Ménade qui s'enfuit en détournant la tête; de la main gauche, la Ménade retient les plis de son chiton ; dans le champ, trois globules.
1^-. Môme carré creux.
1. Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 79-80, nos 75 à 78. Il y a dans le champ, un, deux ou trois globules, suivant les exemplaires; la Ménade a des
attitudes variées et parfois obscènes.