‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 773 sur 1006 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

titc pièce qui donne le nom d^I-Tr-a;, avec l'esprit rude II \ bien qu'étant de style et de poids attique, n'a probablement pas été frappée à Athènes, dont elle ne porte, d'ailleurs, pas le nom. Ilippias a dû la faire frapper durant son exil, au moment de ses entreprises à main armée contre Athènes, par exemple à Érétrie où son père Pisis-

:j. Comparez l'initiale du nom de la ville d'IIaliarte ('AXixpxQc) en Béotie, sur les monnaies décrites ci-dessus, p. 954.

INCERTAINES DE THRACE, DE MACÉDOINE ET DES ILES ÉGÉENNES

trate avait toujours trouvé des alliés, ou à Sigeion, en Troade, possession athénienne où il se retira finalement et où il vécut longtemps *. L'épi de blé qui figure en symbole dans le champ du revers, est évidemment la marque de Fatelier; mais Érétrie n'a jamais l'épi de blé sur ses monnaies. Quant à Sigeion, elle ne commence à battre monnaie qu'au ive siècle et si elle prend les types athéniens d'Athéna et de la chouette, on ne voit jamais, non plus, un épi sur ses pièces. L'épi de blé est, au contraire, un type ou un symbole fréquent dans la numismatique de la Chersonèse de Thrace et de plusieurs villes de Thrace : on le trouve aux ve et ive siècles à Cardia, à Madytos, à Sestos, à Crithoté, à Éléonte, à Selymbria. A Cardia même, nous avons signalé plus haut et justifié l'imitation du type d'Athéna; il serait donc possible que quelque ville de la Chersonèse de Thrace fut Fatelier d'où est sortie notre curieuse obole qui rappelle les rares monnaies à noms de rois ou de tyrans comme Gétas,

roi des Édoniens, Tymnès, dynaste de Terméra, que Ton possède pour la période antérieure à la bataille de Marathon. Elle est le précurseur des monnaies que frapperont, dans le cours du ve siècle, d'illustres exilés que le roi de Perse avait dotés de petites principautés en Asie-mineure, comme Thémistocle à Magnésie, les descendants de l'Érétrien Gongylos et ceux du roi de Sparte Démarate dans d'autres villes de la même contrée. Notre obole avait pour but évident d'affirmer les revendications d'Hippias an trône d'Athènes ; quelque soit le lieu de son émission elle se rattache aux incursions militaires réitérées, que fit Hippias, à l'aide des Perses et d'autres alliés, pour reconquérir la ville qui l'avait chassé 2. Par son style et les particularités de son type, elle justifie le classement proposé plus haut pour les monnaies d'Athènes; elle atteste, en particulier, qu'au temps d'Hippias le casque d'Athéna n'était pas encore ceint de la couronne d'olivier 3.

IX. — Incertaines de Thrace, de Macédoine et des îles Égéennes.

Nous nous bornerons à la description, suivie parfois d'un commentaire très bref, d'un certain nombre de monnaies archaïques groupées dans ce paragraphe, bien qu'elles appartiennent à des contrées diverses. Mais leur patrie n'a pu encore être précisée avec certitude : la plupart, sans

1. Hérodote, V, 65 ; Thucydide, VI, 59. (Test peut-être dans le môme atelier et dans les mêmes circonstances politiques que fut frappée l'hecté d'électrum au type de la chouette, que nous avons décrite ci-dessus, nos 208 à 210 et pl. V, fig. 23.

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