APERÇU GÉNÉRAI
tions à l'invention de la monnaie. Cette prospérité commerciale et «artistique explique que plusieurs de ces îles égéennes aient frappé monnaie dès l'origine, en même temps que Milet, Samos, Égine et l'Eubée.
Les îles dont nous avons des monnaies, pour la période antérieure aux guerres Médiques, sont : Andros, Céos, Ténos, Délos, Mélos, Paras, Naxos, Siphnos, Sériphos et Théra. Partout, dans ces îles, le monnayage cessa à l'occasion des invasions perses : quelques-unes d'entre elles furent détruites par les Perses parce qu'elles faisaient cause commune avec Athènes; d'autres furent détruites par les Athéniens qui les punirent d'avoir embrassé le parti des Perses. D'une manière générale, l'établissement de l'hégémonie athénienne après les désastres de la flotte de Xerxès en 179, ruina, dans les îles, le monnayage autonome en même temps que la liberté politique. Aussi, l'extension de La suprématie maritime d'Athènes et la formation de la confédération délienne sont les grands événements de l'histoire des îles Égéennes après 479. Elles passent toutes sous la domination d'Athènes et s'engagent à lui payer un tribut annuel. Mais Athènes, en les prenant sous sa protection, sous prétexte de prémunir La Grèce contre un retour possible des Perses, leur impose sa propre monnaie et fait fermer leurs ateliers : de là, l'expansion extraordinaire de la monnaie d'Athènes à partir de cette époque.
Le monnayage des Cyclades, dans cette période primitive, se compose de pièces globuleuses, d'un aspect massif, avec un carré creux au revers, qui tantôl est partage en huit petits triangles séparés les uns
des autres par de minces cloisons, tantôt en quatre petits carrés ou en quatre triangles séparés par de larges bandes plates. Il est remarquable que toutes ces îles commencent à frapper monnaie avant la Crète : celle-ci n'a pas de monnaie avant 490 ou 180. C'est d'Égine et de la côte d'Asie-mineure que les Cyclades reçoivent l'usage de la monnaie; aussi, leurs espèces sont-elles taillées suivant les systèmes éginélique et milésiaque, exceptionnellement d'après Le système euboïque. Bien des attributions sont encore conjecturales; nous avons décrit plus haut, au chapitre IX des Incertaines, un certain nombre de pièces qui, sûrement, appartiennent aux Cyclades. D'autre part, on verra plus loin que M.Svoronos veut donner à Myconos les monnaies que M. Imhoof-Hlumer classe à Ténos. M. Svoronos a, de même, proposé de classer à Syros (Syra), l'une des plus florissantes Cyclades, entre Cythnos et Rhénée, les pièces au type d'Éros chevauchant un dauphin, que nous avons décrites à Iasos de Carie l.
D'après certains caractères communs que présentent les monnaies archaïques que nous allons décrire, on pourrait croire que dès avant les invasions perses, il exista une confédération des Cyclades analogue à celle dont l'existence est démontrée pour la période ultérieure 2.
Nos monnaies, en effet, ont non seulement un aspect commun, mais on y trouve souvent, comme symbole accessoire, à côté
1. Voyez ci-dessus, p. 411 et pl. XVIII, fig . 1 et 2: Svoronos, Joum. int. d'archéol. numism., t. 1, 1898, p. 405; t. II, 1899, p. L47, et surtout t. III. 1900, p. 59.