SMYRNE
Nous verrons plus loin un certain nombre qui se rattachent étroitement au groupe en de monnaies d'argent au type du griffon, électrum que nous venons de décrire *.
§ V. — Smyrne.
Les monnaies d'électrum, de poids phocaïque, reproduites sur notre planche V, fig. 5 à 13, sont probablement de Smyrne plutôt que de Lesbos. L'ancienne Smyrne était bâtie au fond du golfe Hermios, à l'embouchure du Mélès, entre Phocée au nord et Clazomène au sud. A une courte distance, au nord de Smyrne, était l'estuaire de l'Hermos, lequel passait sous les murs de Sardes. Smyrne se trouvait ainsi le port le plus rapproché de la capitale du royaume des Mermnades et le plus facilement accessible aux marchands lydiens. De là, les conflits sanglants qui surgirent entre cette ville et les rois de Lydie, et la persistante opiniâtreté de ces derniers à vouloir s'emparer de cette
ville grecque. Le poète Mimnerme de Colophon, contemporain de Tyrtée, a célébré la résistance héroïque des Smyrniotes aux efforts des soldats de Gygès. La guerre durait encore quand Gygès mourut vers 652 2 ; elle se prolongea sous ses successeurs, avec des alternatives diverses. Mais sous Alyatte (610-561 ), Smyrne succomba définitivemen t ; vers l'an 585 elle fut prise et détruite. A dater de ce moment, elle resta plus de trois siècles à l'état de bourgade sans importance et ne se releva que sous Alexandre 3.
De ce qui précède il résulte que les monnaies de Smyrne ne sauraient être postérieures à 585. Ce sont probablement les suivantes :
177. — Tête de lion à droite, rugissant et tirant la langue. 1^. Carré creux orné d'aspérités irrégulières.
El. 20; statère phocaïque, 16 gr. 05 (Paris) Pl. V, fig. 5.
178. — Tête de lion à gauche, rugissant et tirant la langue. 1^. Carré creux orné d'aspérités irrégulières.
El. 23; stat. phoc, 16 gr. 06 (Lmjnes) Pl. V, fig. 7.