Hérodote. IV
2. Hérodote, II, 181 et 182; E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p. 513-574; t. II, p. 161 ; G. Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient classique, t. III, p. 554; B. Head, Num. Chron., 1886, p. 1.
:i. Hérodote, IV, 160.
i. Hérodote, IV, 100,
LA CYRÉNAÏQUE
était pied-bot, d'où son surnom de yiolôç *. Sur l'avis de l'oracle de Delphes, le sage Démonax, de Mantinée se rendit à Cyrène et lit une réforme complète de l'organisation sociale de la colonie 2. Mais Arcésilas III, fils de Battos III, monté sur le trône vers 530, ne voulut point se contenter du rôle restreint assigné par Démonax aux fonctions royales. Son ambition provoqua une insurrection ; vers 528, Arcésilas, forcé de fuir, se réfugia à Samos, tandis que sa mère, Phérétime, trouvait un asile à Salamine en Chypre auprès du roi Ëvelthon.
Aidé par Polycrate, Arcésilas réussit à rassembler une armée imposante avec laquelle il fit voile pour l'Afrique, s'empara de Cyrène et reprit le pouvoir. Mais bientôt survint Cambyse qui, après avoir conquis l'Egypte, imposa à Arcésilas un tribut annuel. Cyrène et Barcé envoyèrent au roi de Perse le moins qu'elles purent : cinq cents mines d'argent. En recevant ce présent, Cambyse furieux affecta de le considérer comme une offense; il prit par poignées les pièces de monnaie des Cyrénéens et les jeta, dit-on, avec colère et dédain à la tête de ses soldats 3.
Cambyse, absorbé par d'autres soucis, n'envoya pourtant pas une armée en Cyrénaïque pour y prélever un impôt plus digne de lui. Arcésilas III ne réussit en tout cela qu'à s'aliéner ses sujets : il dut s'exiler de nouveau. Il s'était retiré chez son beau-père Alazir, roi de Barcé : c'est là qu'il finit par être assassiné.