Garrucci, op. cit., p. 177 et pl. CXX, 8. Les lettres
POSEIDONIA
Groupe B. — Monnaies aux noms de Poseidonia et Fiis..^)
Les pièces qui suivent, aux mêmes Lypes que les précédentes et de même aspect, s'en distinguent pourtant par leur légende qui contient deux noms : celui des Poseidoniates et les quatre lettres FIIZ dont l'interprétation n'est pas encore bien fixée. On serait porté à adopter l'opinion de Millingen 1 qui considère les lettres Fua. comme les initiales du nom de Phistelia; cette ville se serait associée avec Poseidonia pour la frappe de ces monnaies. Des cas analogues se présentent dans le monnayage incus de la Grande Grèce 2. Seulement, Phistelia se trouvait bien loin de Poseidonia, en Campanie, dans le voisinage de Cumes; les monnaies qu'on lui attribue avec certitude ne sont pas antérieures au dernier tiers du vc siècle ; leurs types ne rappellent en rien celui de Poséidon que nous voyons ici, et de plus, elles ont des légendes osques qui orthographient le nom de la ville, Fistluis ou Fistlus !. Il faut donc résolument abandonner l'hypothèse de Millingen.
Fr. Lenormant a proposé de voir dans les lettres Fiis... le commencement du nom indigène de Poseidonia : « Des mon-
naies, dit-il, frappées à la lin du VIe siècle avant notre ère, portent, d'un côté, la. légende Pos..., abréviation du nom grec de la ville, de l'autre Viis.., ou Fiis..., inscription énigmatique qui pourrait bien être l'abrégé d'une seconde désignation de La ville, de sa vieille appellation indigène, quelque nom tel que Viisios ou Fiî'slos, dont les Lucanicns auraient fait très facilement Paistom ou Paistum '*. »
On admettra difficilement la conjecture de Lenormant; parce que ces monnaies seraient les seules pièces bilingues que nous offrirait la Grande Grèce : il n'y avait pas lieu, pour les Grecs de Poseidonia plutôt que pour les autres colons, de faire cette avance flatteuse à la population indigène. L'opinion qui me semble préférable consiste a considérer FIIZ comme étant le nom de la petite rivière Is, aujourd'hui la Juncarella qui, précisément, arrosait la plaine voisine de Paestum et que mentionne Lycophron '. Il a pu exister sur -es bords une localité portant le même nom, d'abord associée à Poseidonia, puis absorbée par elle dans la suite des temps.
2133. — POM. Poséidon debout à droite, brandissant le trident, comme ci-dessus ; il est imberbe et a les cheveux coulis. Grènetis entre deux cercles. 1^. M^^l (=m<r.., rétrogr.). Même type do Poséidon on creux,
à gauche.
1. Millingen, Considérations sur la numism. de l'ancienne Italie, p. 45.
2. Voyez ri-dessus, les monnaies de Siris et Pyxus (p. 1401) et ci-après, à Crotonc.
3. Duc de Luynes, Nouvelles annales, t. 1, 1836, p. 432; 13. Head, llist. numor., p. 35.
4. Fr. Lenormant, A travers VApulie et la Lucanie, t. Il, p. 181.
5. B. Head, Hist. numor., p. 07; Garrucci, op. cit., p. 115. Le nom de 1s parait avoir été aussi le nom du fondateur de Sybaris, originaire d Hélice en Achaïe. Strabon, VI, 1, 13.
1435 poseidoma 1436
M. 30; statère, 7 gr. 35 {Luynes) Pl. LXVIII, ûg. 18; — autre ex., 7 gr. 19 \ 2133 bis . — Même description. —M. 19 ; drachme, 3 gr. 50 \
ISTo 1423.
2134. — AAhS^— h^MOq (noT£L-Fua\, rétrogr.). Poséidon, comme ci-dessus, ï^. MSS^— ^M^T. Même type de Poséidon, en creux, à gauche.
^L30; statère 3.
2135. — ^MOH | fiSS/\A (noTs-.. -F u<r.) Poséidon imberbe brandissant le trident, comme ci-dessus. Grènetis au pourtour.
Rt. rOAA^S - £SSAA. Même type de Poséidon en creux, à gauche. ^ 22 ; drachme, 3 gr. 78 {Luynes) Pl. LXVIII, fig. 19
2136. — AA^^ (Fut.) Poséidon, comme ci-dessus. Grènetis au pourtour. fy. (Fut.) Le même type de Poséidon en creux, à gauche.
2R. 21 ; drachme, 3 gr. 50 {Luynes) Pl. LXVIII, fig. 20.
Vers 480, un changement essentiel se produisit dans le monnayage de Poseidonia. L'étalon lesbiaque céda la place à l'étalon des villes achéennes et le poids du statère fut porté à 8 gr. 16 4.
La fabrique de ces nouvelles pièces est toute différente de celle des précédentes; le flan est épais; les types, en relief sur les
deux faces, sont au droit, Poséidon debout brandissant le trident et, au revers, le taureau. La légende, est : nOMESÀANSA- TAM (nocjô'.oaviaxaç), plus ou moins abrégée; parfois, on y lit aussi le nom du fleuve Silaros, M EIUA (SsiXa.), dont le taureau est la personnification 5.