CU M ES
§ XI. — Cumes.
D'après certaines traditions, Cumes ou Cymé (KtSfivj, ethnique KujjLaïoç), sur la côte de Campanie, paraît avoir été le siège d'une factorerie grecque dès le xe siècle. Mais elle fut colonisée de nouveau par des Eubéens au vme siècle, et c'est de celle époque que date sa grande prospérité !. Dominant l'incomparable plaine des champs Phlégréens, elle rivalisa par son commerce avec Crotone et Sybaris, bien que ces dernières fussent pourvues d'un atelier monétaire longtemps avant elle.
Le gouvernement de Cumes fut d'abord aristocratique; mais vers 50î -, Aristodème, surnommé MaÀaxoç [l'efféminé . s'appuyant sur le parti populaire, s'empara du pouvoir. Aristodème développa considérablement la puissance de Cumes et ses relations extérieures ; il prêta son appui aux Romains contre les Étrusques qui voulaient rétablir les Tarquins à Rome ; néanmoins, d'après Tile-Live, c'est à sa cour que se réfugia et mourut Tarquin le Superbe, en 496 ;!. Le parti aristocratique qui finit par ressaisir le pouvoir à Cumes, se vengea cruellement d1 Aristodème et de sa famille *. On place la chute d'Aristodème Malacos vers 485. Un peu plus tard, les Cuméens aidèrent Hiéron, le tout puissant despote de Syracuse, à enlever aux Étrusques la domination sur la mer Tyrrhénienne. La
i. Sur les controverses auxquelles la date de la fondation de Cumes a donné lieu, voyez. : E. Curtius, lïist. grecque, t. I, p. 139 et 544; G. Busolt, Griech. Geschichte, t. I, p. 391 et suiv. ; Beloch, Companien im Alterthumy p. 55 (2e édît.) ; W. llelbig, L'épopée homérique, p. 4G0 ; E. Potlier, Catal. des vases peints du Louvre, p. 3G0; Arthur Sambon, Les monnaies de l' Italie antique, t.~l, p. 1 3*J .
victoire de Hiéron, en 474, délivra les Cuméens de tout danger du côté des Étrusques; mais, ils ne devaient pas tarder à trouver dans les Samnites, puis dans les Romains, des ennemis bien autrement redoutables.
Les premières monnaies de Cumes datent seulement des dernières années de la tyrannie d'Arislodème Malacos. Leur style ne permet pas, en effet, de les faire remonter avant 490. 11 y a une petite pièce d'or, de poids euboïque (n° -L>7), et des statères d'argent, du poids normal de 7 gr. G8 : c'est l'étalon lesbiaque apporté par les Phocéens, et dont nous avons déjà constaté l'usage à Vélia et à Poseidonia, à l'époque contemporaine.
Le type du droit est toujours, avec des variétés de coiffures intéressantes, la tèle de la nymphe éponyme, Cymé, désignée parfois par son nom, KYME (pour qui fut assimilée à la fameuse sibylle de Cumes ou Déiphobe, dont l'antre est décrit par Virgile '. Au revers, c'est le coquillage de la moule vulgaire appelée mytilus galloprovincialis par les naturalistes G ; ce type est accompagné d'un symbole variable.
L'élève des moules devait être très développée à Cumes, dans les lacs salés du Fusaro et de Licola, comme elle l'était à Tarenle, dans le piccolo mare