XIII
Caulonia (KowXiAv ou KaoWna, ethn. Kau- Xcov.à-r^), sur la côte orientale du Bruttium, entre Locres au sud, et le golfe Scyllacion au nord (aujourd'hui Castel-Vetere, sur FAlaro, l'ancien Helorus), était un établissement achéen, fondé par Typhon d'^Egion ; elle reçut, un peu plus tard, une colonie de Crotoniates. Son nom primitif aurait été, dit- on, AuXwvta, à cause du ravin près duquel elle fut bâtie l.
Caulonia est au nombre des villes de la Grande Grèce qui commencèrent, dès le milieu du vie siècle, leur monnayage par de larges pièces incuses. « Il est curieux, dit le duc de Luynes, de constater l'absence complète des types incus à Locres, tandis que Caulonia, si voisine, en avait adopté l'usage comme toutes les villes italiotes où la doctrine pythagoricienne prévalut et influa sur le système politique. Nous savons, en effet, qu'après la révolte des Cyloniens à Crotone, Pythagore fut accueilli favorablement à Caulonia 2. »
Polybe nous apprend que Caulonia participa aux désordres qui furent la conséquence de l'expulsion des Pythagoriciens de Crotone et des villes voisines. Elle fut alors en proie aux discordes civiles; quand l'ordre fut rétabli, les trois villes de Cau-
1. Pausanias, VI, 3, 12; Strabon, VI, 1, 10; cf. Garrucci, Le monete delV Italia anlica, t. II, p. 155. Une tradition tardive prétendait aussi que Caulonia avait été fondée par Caulos, fils de l'Amazone Clité. Servius, ad Mneid., III, 553; cf. duc de Luynes, dans les Nouvelles annales de la section franç. de Vlnstit. avchéol. de Borne, t. I, 1836, p. 417.
2. Duc de Luynes, Nouv. annales, t. I, p. 420- 421. Les Locriens Epizéphyriens n'ont pas de
Caulonia.
lonia, Crotone et Sybaris conclurent une ligue et bâtirent à Zeus Homorios un temple qui fut leur sanctuaire commun 3. Mais cette divinité n'a aucun rapport avec le type si curieux des monnaies de Caulonia, que Raoul Rochelle s'est complu à décrire en détail comme il suit :
« Figure virile et jeune, entièrement nue, le plus souvent imberbe, la tête dépourvue de bandeau ou de couronne, les cheveux serrés sur le front par un simple lien et pendant en longues tresses le long du col ; cette figure, debout et marchant à droite, les jambes fortement écartées, tient de la main droite, pîoyée à la hauteur de l'épaule, un rameau, en étendant le bras gauche, la main ouverte, au-dessus d'un cerf debout, ordinairement placé sur une espèce de base ou de piédestal ; dans le champ, et comme portée sur le bras gauche de la figure principale, sans toutefois qu'elle s'y appuie, une autre petite figure, nue aussi, en marche, dans une attitude exagérée, tenant de chaque main un rameau pareil, quelquefois une fleur : tel est le type à peu près constant des monnaies de Caulonia, tant de la fabrique primitive, que du second âge 4. »
On a formulé bien des hypothèses au sujet de l'interprétation du type des mon-
monnaies avant le milieu du ive siècle; on attribue ce fait singulier aux lois de Zaleucus, qui, sans doute, comme celles de Lycurgue à Lacédétnone, interdisaient l'usage de la monnaie. B. Head, Hisl . numor., p. 86.