‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 928 sur 1006 · Diod. Sic., XI · texte numérisé non relu

Diod. Sic., XI

4 Traité, Première partie, t. I, p. 472.

démontré que les pièces frappées avec la couronne ou avec les bijoux d'or de la reine Démarète n'ont pu l'être qu'en argent : elles représentaient, dans ce métal, l'équivalent en valeur des cent talents d'or offerts à la reine l. Si l'on en juge par le petit nombre des médaillons décadrachmes qui nous sont parvenus, il n'a pas dû en être frappé une quantité bien considérable : il en fut de même pour le décadrachme d'Athènes.

Les difficultés matérielles inhérentes à la fabrication au marteau d'aussi grandes pièces permettent a priori d'affirmer qu'on ne les a pas frappées par milliers. Et puis, à tout prendre, il est possible, malgré le texte de Diodore, que le terme de Dêmarétion ait été appliqué à toute l'émission des pièces, grandes et petites, faite avec le métal fourni par Démarète : l'ensemble de toutes ces pièces se distinguant par leur faire et des particularités spéciales, telles que l'addition de la couronne de laurier sur la tête d'Aréthuse. Cette couronne rappelle peut-être celle qui fut offerte à la reine par les prisonniers Carthaginois, mais elle dut être en même temps le symbole de la victoire remportée à Himère en 480,

1. On peut admettre que le rapport de valeur de l'or à l'argent était alors, en Sicile, à peu près comme 1 à 15 (voyez sur cette question, surtout Th. Reinach, L'histoire par les monnaies, p. 75 et suiv.). Mais nous manquons de base pour évaluer de quel talent d'or se sert Diodore, et l'on s'est livré, sur ce point, à toutes sortes de conjectures au bout desquelles les uns ont cru pouvoir conclure que le nombre des demareteia qui furent frappés s'éleva à 3,600 ; d'autres, seulement à 900 ou 800 ; d'autres, à 3,120 ou même à 20,010. Aux sources que nous avons citées [Première Partie, t. I, p. 472 à 474), ajoutez : B. Head, Coinage of Syracuse, p. 8; Hultsch, Griech. und rÔm. Métrologie, p. 433; surtout, Arthur Evans, Syracusan Medallions, p. 121 et suiv.; le même, Contributions to Sicilian Numismatics, dans le Num. Chron., 1894, p. 195 et suiv.

SYKACUSE

comme la couronne d'olivier sur le décadrachme d'Athènes fut le témoignage de la victoire nationale de Marathon en 490

Le petit cercle très ténu qui forme comme un nimbe autour de la tête d'Aréthuse se retrouve sur un certain nombre de tétra-

drachmes du même temps; cet emblème est demeuré inexpliqué. Evans a pourtant proposé d'y reconnaître une sorte de réminiscence du creux qui entoure la petite tête d'Aréthuse au revers des létradrachmes primitifs (n°s 2248 à 2250) 2.

2258. — Même description (avec le lion à l'exergue du revers). JR, 26 ; tétradr. ait., 17 gr. 19 (Paris) Pl. LXXIV, fig. 12 3.

2259. — Variété, sans le lion; 17 gr. 40 (Luynes) Pl. LXXIV, fig. 13 \

2260. — Tète d'Aréthuse, avec une couronne de laurier, à droite, les cheveux en bourse sur la nuque; collier et pendants d'oreille. Grènetis.

I^. SVRA entre les quatre rais d'une roue. Champ concave.

M. i 1 ; obole attique, 0 gr. 71 (Luynes) Pl. LXXIV, fig. 14 ».

2261. — SVfrAKOSlOyV. Tète diadémée d'Aréthuse à droite, l'œil de face, les cheveux relevés en bourse sur la nuque, l'extrémité passée dans le diadème; au cou, un collier; au pourtour, quatre dauphins. Champ concave.

fy. Personnage barbu dans un quadrige au pas, à gauche ; Niké vole audessus des chevaux à gauche, tenant une guirlande. Grènetis. M. 27 ; tétradr. ait., 17 gr. 05 (Paris) PL LXXV, fig. 1.

2262. — Variété, avec les cheveux granulés, le coin des yeux très relevé. fy. Même quadrige, mais à droite.

,4126; tétradr. ait., 17 gr. 27 (Luynes) PL LXXV, fig. 2.

2263. — Variété avec *VfrAKO*IOkl et les cheveux striés. JR. 24; tédradr. ait., 17 gr. 23 (Luynes) Pl. LXXV,fig. 3.

1. Voyez ci-dessus, p. 764 ; cf. Lcrmann, Athenatypen, p. 3G. Nous ne reviendrons pas ici sur la comparaison que nous avons faite plus haut (p. 173), au point de vue du style, entre le décadrachme d'Athènes de 490 et le décadrachme de Syracuse de

2. Arthur Evans, Nam. Chron., 1894, p. 195 et suiv.; E. J. Seltman, Rivisfa ilal. di numism., t. XI, 1898, p. 340. On voit aussi cette sorte de nimbe, un peu plus tard, autour de la tête de lion de certains tétradrachmes de Leontini (E. J. Seltman, Rev.

numism., 1901, p. 421). Sur les monnaies de Syracuse, M. Seltman voudrait proposer de reconnaître, dans le cercle qui entoure la tête d'Aréthuse, une image de la Lune, d'où la tète que nous appelons Aréthuse devrait être dénommée Artémis lunaire.

3. Autre ex. Friedlœnder et A. de Sallet, Das Koniql. Mtinzkabinet, pl. VI, n° 548; Zeit. filr Num., t. Xi II, p. GG.

4. Le type du droit porte les traces d'une fêlure dans le coin qui a servi à la frappe.

Page 1